Archive pour mai, 2009

28 Mai 2008 : Le Maire de la Ville de BUJUMBURA, Maître Evrard GISWASWA, annule in extremis l’autorisation qu’il a accordée la veille pour une marche manifestation pacifique de la société civile

Histoire incroyable entre le Maire de la Ville de Bujumbura, Maître Evrard GISWASWA, et les organisations de la société civile. Elles ont en effet appris dans la soirée de jeudi 28 Mai 2009 que le Maire venait d’annuler l’autorisation d’une marche manifestation pacifique qu’il leur avait accordée la veille et quelques secondes seulement après un échange consensuel de deux heures sur les aspects pratiques de la marche.

Retour sur le film de cette histoire aux multiples retournements :

11 Mai 2009 : Le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Edouard NDUWIMANA reçoit en audience six représentants des organisations de la société civile : Pacifique NININAHAZWE (Délégué Général de FORSC), Pierre Claver MBONIMPA (Président de l’APRODH), David NAHIMANA (Président de la Ligue ITEKA), Gabriel RUFYIRI (Président de l’OLUCOME), Onesphore NDUWAYO (Président de l’OAG) et Mohamed NIBARUTA (Chargé de la Communication au sein de la COSOME). Entre autres questions, les échanges portent sur le projet de marche manifestation des organisations de la société civile dans le cadre du suivi des enquêtes sur l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA, ancien Vice-Président de l’OLUCOME ainsi que la prolifération des assassinats ciblés et des enquêtes sans résultats. Le Ministre affirme partager ces préoccupations de la société civile et marque son accord de principe de la manifestation tout en enjoignant d’adresser la demande d’autorisation de la manifestation à Monsieur le Maire de la ville.

18 Mai 2009 : huit collectifs représentant 360 organisations de la société civile adresse une correspondance au Maire de la Ville de Bujumbura pour demander l’autorisation d’une marche manifestation pacifique le 29 mai 2009, à partir de 14 heures. Ils précisent que « la manifestation se situe dans le cadre des actions de la société civile suite à l’assassinat du Vice Président de I’OLUCOME, Feu Ernest MANIRUMVA, mais aussi au constat de la recrudescence d ’une insécurité généralisée dont les victimes innocentes se comptent chaque jour ici et là. » Ils ajoutent dans la correspondance que : « La société civile, très préoccupée par cette situation de harcèlement, d’enlèvement,de tueries et d’assassinats ciblés devenus courants et. ayant soif de connaitre la vérité, souhaite une occasion de plus d’exprimer < la voix des sans voix > à travers une marche manifestation pacifique. »

Itinéraire proposé : Place de la Révolution-Boulevard Mwezi Gisabo-Chaussée Prince Louis Rwagasore-Avenue de la RDC-Boulevard de I’Uprona-Boulevard de l’indépendance – Côté du Stade Prince Louis Rwagasore. Lisez l’intégralité de la lettre en cliquant ici

25 Mai 2009 : Le Maire de la Ville de BUJUMBURA, Maître Evrard GISWASWA, accorde une audience aux signataires de la lettre de demande d’autorisation d’une marche manifestation. Le maire leur explique qu’il a trouvé des confusions dans l’objet de la marche. Il comprend que les organisations puissent marcher pour protester contre l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA mais ne comprend pas qu’on parle « d’insécurité généralisée » , de « tueries » au pluriel, « d’assassinats ciblés ». Les représentants de la société civile lui ont amplement expliqué la réalité des faits contenus dans leur lettre, mais le désaccord a persisté sur ces trois points amenant les hôtes du Maire à lui poser la question de savoir si son véritable rôle était d’approuver l’objet d’une manifestation ou simplement de constater le caractère pacifique et légal de la marche . (NDRL:Que se passerait-il si une marche était organisée pour protester contre une décision ou une politique initiée par le Maire lui-même alors qu’il s’estime juge de l’objet de la manifestation ?). Un accord est conclu tout de même à la fin de l’audience : le Maire va écrire une lettre aux signataires demandant des éclaircissements sur les points de désaccord.

26 Mai 2009 : Le Maire de la ville de BUJUMBURA répond négativement à la demande d’autorisation de manifestation estimant que l’objet de la marche envisagée prête à confusion du fait du contenu alarmiste de certains éléments de la correspondance (recrudescence d ’une insécurité généralisée, Harcèlement, tueries, assassinats….) Et le Maire d’ajouter : « Le constat aujourd’hui est que la sécurité reste dans l’ensemble très bonne en Mairie de Bujumbura ce qui permet à la population de vaquer normalement à ses occupations quotidiennes »

Cliquez ici pour Lire l’intégralité de la correspondance du Maire

26 Mai 2009 : Les organisations de la société civile répondent au Maire de la ville pour lever les équivoques soulevées dans sa correspondance : « La présente a pour objet de lever toute équivoque sur cette marche manifestation pacifique et vous rassurer qu’elle s ’inscrit dans le cadre des actions de suivi de l’assassinat de l’ancien vice-président de l’OLUCOME feu Ernest MANIRUMVA mais aussi d’autres cas similaires »

Cliquez ici pour l’intégralité de la lettre

27 Mai 2009 : Le Maire écrit aux représentants de la société civile pour marquer son accord d’autorisation de la marche manifestation.

Cliquez ici pour l’intégralité de la lettre

28 Mai 2009 : Les signataires de la lettre de demande d’autorisation sont convoqués à 16 heures au cabinet du Maire de la ville de BUJUMBURA. Trois délégués Pacifique NININAHAZWE (FORSC), Pierre Claver MBONIMPA (APRODH) et Gabriel RUFYIRI (OLUCOME) y retrouveront le Maire de la ville entouré de cinq officiers de police et de l’Administrateur de la Commune ROHERO. Ouvrant cordialement la séance, le Maire parle d’une réunion technique traitant des aspects pratiques de la marche déjà autorisée. Les représentants de la société civile sont invités à préciser l’itinéraire de la marche (cela se trouvait pourtant clairement dans la lettre de demande) et le nombre des participants, à livrer le contenu des slogans de la marche et à donner le nom du responsable de la marche manifestation. L’itinéraire a été rappelé. Le nombre des participants est inconnu (cela n’est jamais connu à l’avance). Le nom du responsable des aspects organisationnels de la marche : Pierre Claver MBONIMPA. Il était impossible de donner le contenu des slogans étant donné que les représentants de la société civile n’avaient même pas été prévenus à l’avance de l’objet de la rencontre. Etant donné que les policiers ont expliqué qu’il y avait un risque que des intrus improvisent des pancartes dans la marche, il a été convenu que le responsable de la sécurité en Mairie de BUJUMBURA passera le lendemain à 10 heures pour lire les pancartes afin de mieux distinguer celles de la société civile. Les représentants de la société civile l’ont accepté, compte tenu de cette situation particulière, en soulignant que ce n’était pas une exigence légale. Une modification a été convenue en ce qui concerne l’itinéraire, mais un désaccord a subsisté en ce qui concerne le passage devant le marché central, les policiers estimant qu’ils ne parviendraient pas à maitriser la population et les représentants de la société civile insistant qu’ils avaient besoin de cette même population et se basant sur des expériences antérieures qui n’avaient causé aucun problème au marché central. Il a été convenu que les deux parties vont continuer à mûrir cette question jusque dans la matinée et que ce sera tranchée lors de la visite de l’officier chargée de la sécurité en Mairie de BUJUMBURA.

18h15. Le Maire de la Ville de BUJUMBURA clôture cette séance dans un climat de cordialité et de parfaite entente, toutes les parties se félicitant d’avoir bâti un cadre de franche collaboration pour la sécurité de la marche.

Coup de théâtre à la sortie : Gabriel RUFYIRI reçoit des mains de la secrétaire du Maire une correspondance dans une enveloppe. Une fois dans la voiture, il ouvre l’enveloppe : l’autorisation de la marche est annulée par le Maire lui-même ! Motif invoqué : « Cette ultime décision est prise après analyse de l’environnement sécuritaire dont certains faits présagent le risque de perturbation de cette activité » . Pourtant, dans sa première lettre il avait refusé la marche en condamnant les signataires qui parlaient d’insécurité !

Cliquez ici pour l’intégralité de la lettre du Maire

Pourquoi ce subit revirement du Maire Evrard GISWASWA ? Pourquoi n’a-t-il pas osé dire les yeux dans les yeux qu’il avait annulé la manifestation ? Comment une personnalité de son rang peut tenir pendant deux heures sur un sujet qu’il a déjà tranché et qui n’a plus aucune importance, arrêtant le travail inutilement de tant de personnalités ?

La décision est-elle venue d’ailleurs ? Un fait mérite une attention tout de même : le Colonel David NIKIZA a quitté précipitamment la rencontre une heure après son ouverture et le Maire est sorti deux fois dans les dernières minutes de la réunion, comme pour répondre à un appel.

 

29 Mai 2009 : La société civile organise « un point de presse en catastrophe » à l’Hôtel NOVOTEL de BUJUMBURA pour exprimer son indignation.

Cliquez ici pour lire le mot liminaire du point de presse lu par Pacifique NININAHAZWE, Délégué Général de FORSC.

Par la suite, Maître Evrard GISWASWA a égrainé, sur différentes stations de radio, une série de raisons ayant motivé sa décision d’annulation de l’autorisation de la marche manifestation :

1. Confusion dans l’objet de la manifestation (les organisations parlent d’une insécurité généralisée et des morts au pluriel qui se comptent tous les jours,…),

2. Les leaders de la société civile ne connaissaient pas le nombre de leurs manifestants,

3. Les leaders de la société civile ont refusé de montrer leurs slogans,

4. Les représentants de la société civile ont refusé de suivre l’itinéraire tracé par la police,

5. Les représentants de la société civile n’ont pas donné le nom du patron de la marche manifestation,

6. Le Maire avait des informations sur la préparation d’une marche manifestation non autorisée des démobilisés le même jour.

Fait curieux : personne n’a vu cette marche manifestation des démobilisés !

 

Carrière politique de Radjabu : Une rétrospective

Source: Burundi Tribune, 27/5/2009radjabu.jpg

Carrière politique de Radjabu : Une rétrospective

Radjabu Hussein, ancien patron du CNDD-FDD

radjabu.jpgNé dans la province de Muyinga vers les années 1960 d’un homme d’affaires burundais et et d’une mère tanzanienne, l’enfance de cet ancien technicien agricole est peu connu. Son père a été tué en 1972 lors de la purification ethnique qui a tué de nombreux civils hutus innocents. Dans les années 1990, Radjabu Hussein a rejoint le PALIPEHUTU et a l’aida à s’organiser dans les provinces de Bubanza et de Cibitoke.

Après la naissance du multipartisme au Burundi, Radjabu se lie d’amitié avec Ndadaye et jouât un rôle dans la conversion des branches locales du PALIPEHUTU en Frodebu. Après l’assassinat de Ndadaye, il rejoignit le CNDD de Léonard Nyangoma qui le nommât commissaire chargé de la mobilisation et de propagande. C’est de cette position que plus tard il orchestrât un coup de force contre Léonard Nyangoma et le remplaçât par Jean Bosco Ndayikengurukiye tout en restant le véritable patron puisqu’il contrôlait les finances et l’arsenal de ce mouvement armé.
Le CNDD fût rebaptisé le CNDD-FDD.

Dans un deuxième coup au sein d’une même organisation, Hussein Radjabu orchestrât la chute de Jean Bosco Ndayikengurukiye au moment où ce dernier négociait avec Buyoya des accords de paix. Préférant opérer dans l’arrière plan, Radjabu n’assumât pas la direction formelle du CNDD-FDD. Il y mît Pierre Nkurunziza.

Lors des élections d’août 2005, le CNDD-FDD décidât de présenter la candidature de Nkurunziza et que Radjabu Hussein assumât la présidence du CNDD-FDD. Avec son élection à la présidence, Pierre Nkurunziza se libérât progressivement de l’emprise de Radjabu Hussein. L’opportunité de se séparer définitivement de Radjabu émergeât lorsque Radjabu fut accusé d’être à l’origine d’un montage qui résultât dans l’emprisonnement de l’ancien président Domitien Ndayizeye et de l’ancien vice président Kadege Alphonse. Leurs libérations discréditât le CNDD-FDD en en particulier son président.

La pression de l’opposition, les médias et les membres du parti au pouvoir a abouti à la signature d’une pétition pour un congrès le 7 avril 2007. C’est lors de ce congrès que Radjabu fut chassé de la présidence du CNDD-FDD, une décision qu’il conteste à ce jour. Il fût immédiatement accusé par le pouvoir Nkurunziza de comploter pour renverser de force les instituions du pays et fût emprisonné.

La peine initiale de 13 ans d’emprisonnement vient d’être réaffirmée par la cour suprême. Ce procès est largement considéré comme une affaire politique. La leçon est éternelle et simple : en politique comme ailleurs, il n’y a pas de place pour deux au sommet.

Le CNDD dénonce « le comportement anti-démocratique du gouvernement burundais

DECLARATION DU  PARTI CNDD A PROPOS DU REFUS DE L’ADMINISTRATION DE LA TENUE DES REUNIONS DU PARTI EN PROVINCES KIRUNDO ET MUYINGA.

Ce samedi et dimanche 23 et 24 mai 2009, par deux fois successives et ce dans deux provinces différentes, KIRUNDO en commune GITOBE et MUYINGA en commune GITERANYI, le CNDD s’est vu pour la nième fois, refusé de tenir ses réunions pourtant régulièrement avisées conformément à la loi.

Suite à ces pratiques qui tendent à se généraliser mais qui restent impunies et banalisées par l’administration CNDD-FDD malgré les promesses du ministre en charge de l’intérieur le parti CNDD porte encore une fois à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ce qui suit :

1.        LES FAITS :

1.1.    En province  KIRUNDO, commune GITOBE, une réunion des organes du parti CNDD devait se  tenir et le représentant provincial avait tout fait pour être en règle avec la loi. Cette réunion  avait été régulièrement avisée auprès de l’administrateur pour ce samedi  23 Mai 2009. Un peloton de police a purement et simplement interdit qu’elle se tienne sans aucune explication .

1.2.    En province MUYINGA, commune GITERANYI le même scenario  et le même mode opératoire ont été orchestrés par l’administration CNDD-FDD en utilisant la police pour interdire une réunion des organes ce dimanche le 24 mai 2009.

1.3.    Ailleurs en Province CIBITOKE  commune  RUGOMBO et en province NGOZI commune NGOZI des permanences du parti CNDD sont régulièrement et fréquemment vandalisées, les symboles du parti arrachés et les militants du parti intimidés.   

Il faut  noter que les  Représentants provinciaux et communaux de notre parti sont toujours objets de  menaces de mort par les militants du parti au pouvoir et les faits et gestes des agents de la police lorsqu’ils sont envoyés par l’administration locale montrent manifestement que ces menaces peuvent facilement être mises en exécution.

1.       POSITION DU CNDD

1.1.    Le CNDD constate toujours que l’administration CNDD-FDD ne veut pas se départir des reflexes dictatoriaux malgré les promesses plusieurs fois répétées du ministre de l’intérieur qui a la gestion des partis politiques dans ses attributions comme quoi quand on chasse le naturel il revient au galop. Nous constatons avec indignation que les menaces et intimidations sont sciemment entretenues par l’administration pour empêcher notre parti politique d’exercer librement tel que la constitution l’autorise notamment en son article 32. 

1.2.    Le CNDD voudrait insister pour dénoncer ces actes qui constituent sans nulle doute une façon fragrante de frauder les élections dans la mesure où le parti au pouvoir est devenu un obstacle majeur qui empêche d’autres partis politiques de s’organiser et de fonctionner.

1.3.    Il est à noter qu’un tel comportement de l’administration CNDD-FDD montre qu’il est entrain de perdre le terrain suite à l’ascension du CNDD et se met à concocter des plans de déstabilisation qui s’observent chaque week-end de réunion. Il semble que certains administrateurs communaux pensent qu’ils exercent l’autorité sur une propriété privée et sont souvent allergiques à l’évolution des autres partis politiques.

1.4.          Une telle intolérance brutale du pouvoir en place se manifeste dans divers domaines de la vie nationale. Le refus de la contradiction et de la seule différence conduit à embastiller les journalistes, à radier illégalement des députés, à refuser de façon injustifiée l’existence légale à des partis, à arrêter injustement et emprisonner les opposants politiques, à monopoliser et à politiser l’administration publique, à évincer indûment des administrateurs communaux, à bafouer le droit des partis de se réunir, de manifester et de mener librement et pacifiquement leurs activités. Le sommet du paroxysme de cette intolérance a été atteint ce vendredi  22 mai 2009 en province de Makamba quand la police sur instruction de Monsieur Nestor administrateur de la commune Kayogoro a tiré des balles réelles sur des jeunes élèves militants des mouvements catholiques en activités de routine bien connues  des autorités. Un élève a trouvé la mort et deux autres blessées grièvement. Dès lors le défi et de chercher comment éviter que le pire ne devienne notre horizon permanent surtout en cette période préélectorale.

1.5.    Le CNDD voudrait attirer l’attention des acteurs politiques, de la CENI, de la société civile, des médias, de la communauté internationale sur le comportement anti-démocratique du gouvernement burundais et de se méfier  des discours de bonnes intentions émanant du ministre de l’intérieur comme pour envoûter les partenaires politiques et futurs compétiteurs.

1.6.    Le CNDD demande au corps de police de ne pas accepter de continuer à être instrumentalisé par l’administration CNDD-FDD au risque de se transformer en une milice du parti au pouvoir dont la mission est de traquer les opposants politiques. Il est grand temps que la  police comprenne sa mission première qui est celle de faire appliquer la loi en veillant à la sécurité de tous les Burundais.

FAIT A BUJUMBURA, LE 25 mai 2009

Pour le Parti CNDD,

Sénateur MUNYEMBABAZI William,

Secrétaire Général.-

UNE BAVURE DE PLUS DE LA POLICE A KAYOGORO

Par Gratien Rukindikiza

Burundi news, le 23/05/2009

Les mauvaises nouvelles deviennent de plus en plus nombreuses. Elles sont des émanations des actes soit de la police, soit des agents de la Documentation Nationale. Ces deux corps s’illustrent dans ces jours dans actes atroces même s’ils sont très couverts par l’hiérarchie.
En commune Kayogoro, en province Makamba, des jeunes élèves scout faisaient leurs rites d’initiation comme d’habitude chez les scouts du mouvement catholique le 21 mai 2009 à 7 heures du matin. Les autorités étaient averties et les évènements devaient se dérouler normalement. La commune est paisible car il n’ y a plus de mouvement de rébellion au Burundi.

Les rites se déroulaient tout près du bataillon militaire de Kayogoro. Averti, ce bataillon militaire n’a rien fait. Les militaires savent distinguer des élèves en activité parascolaire des assaillants.
L’administrateur communal, plus zélé, a pris des policiers dans son véhicule pour les conduire au lieu des rites de ces jeunes élèves. Sans sommation, les policiers ont reçu l’ordre de tirer et ont tiré sur des élèves sans défense, inoffensifs. Ce soir, deux blessés graves sont à l’hôpital et un a succombé à ses blessures. Au lieu de présenter des excuses, la police nationale par le biais de son porte-parole a osé affirmer que les élèves avaient un chargeur rempli de cartouches. Une véritable honte pour la police. Si réellement, il y avait un chargeur, qui a déjà vu un chargeur tirer des balles sans fusil? Est-ce que l’administrateur avait vu qu’il y avait un chargeur avant d’aller appeler la police? Est-ce que la police a la mission de protéger l’armée? Pourquoi intervenir tout près d’un camp militaire sans demander les informations à ce bataillon? En réalité, le chargeur dont il est question est un chargeur de la police qu’ils veulent faire passer pour l’armement des élèves scouts.
Si la police a eu le minimum de formation, elle devait savoir qu’on ne tire jamais sur une personne qui ne tire pas et qui n’a pas d’arme dans le cas de légitime défense. La règle est l’usage des sommations et après, des tirs en l’air. Un policier sans formation à qui on donne une arme est un criminel en devenir. La responsabilité incombe à la direction de la police. Trop c’est trop.

(…) Lire la suite sur burundi.news.free.fr

UPRONA : Le changement est-il possible ?

Source: Iwacu-burundi.org, 06/5/2009
Le Congrès extraordinaire du parti  prévu ce 29 mars  n’a pas eu lieu. En cause des enjeux  électoraux de 2010.

Le report du congrès  national extraordinaire  du parti Uprona à une date inconnue suscite  la polémique : « Les statuts du parti doivent être respectés avec rigueur: Ceux qui en ont peur n’ont pas confiance en eux-mêmes. En plus, tout Mudasigana a le droit d’élire et de se faire élire », explique  Bonaventure Gasutwa, président de l’aile dite «  Mukasi. » Ce congrès national extraordinaire viserait la réunification de l’UPRONA au niveau national ainsi que la mise sur pied de nouvelles instances.  .

La Mairie brouille les cartes…

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Kumugumya, le siège de l’UPRONA

18 janvier courant se tiennent des élections des secrétaires du parti en Mairie. Les candidatures sont multiples et le vote est secret conformément aux statuts. A l’issue du scrutin, une surprise générale: Poppon Mudugu gagne les élections. Ce « Mutingingwa »(membre de l’aile Mukasi) l’emporte sur l’ancien maire, Pontien Niyongabo, de l’UPRONA institutionnel dit « Kumugumya. » Même le deuxième secrétaire,  Abel Gashatsi, n’est pas très connu dans les structures du parti. Ce vote-test n’a pas rassuré les dinosaures du parti du héros de l’Indépendance. De nouveaux visages ont surgi. Le comité exécutif de l’UPRONA institutionnel se réunit jeudi 9 avril à la permanence nationale du parti pour analyser le rapport de la cellule mixte d’harmonisation des textes. Les participants ont trouvé que le problème du blocage réside au niveau du leadership du parti. C’est ainsi que le comité aurait proposé de discuter la provenance du président du parti et de son adjoint. Selon une source de l’UPRONA institutionnel, le président devrait provenir de Kumugumya et son second de l’aile Mukasi. D’après un partisan du « courant de changement »(un groupe d’une nouvelle génération qui émerge des deux camps du parti pour le changement), une telle approche doit être globale:  » S’il faut des discussions sur le leadership, c’est pour tout le comité exécutif et non la provenance des seuls président et son vice. Sinon, c’est un simple collage. » Pour Bonaventure Gasutwa, président de l’aile dite de l’opposition, les candidatures doivent être multiples et le Congrès est souverain. Il s’oppose également à la théorie des  dignitaires, défendue par l’aile institutionnelle, qui doivent appartenir au comité exécutif. Selon lui, ces derniers devront représenter leurs provinces d’origine. Il ajoute que l’UPRONA est un parti politique et non un club ou une clique.  Aloys Rubuka, président de l’UPRONA institutionnel, se réserve sur ce dossier. D’après lui, il y a une commission mixte qui s’en occupe. Il faut attendre son rapport pour s’exprimer sinon, dit-il « c’est de l’escalade. C’est mettre la charrue avant les bœufs. »

Y aurait-il une main du parti au pouvoir?

 » Le Parti au pouvoir veut phagocyter l’UPRONA. Il veut composer avec une direction qui lui est docile. Mais nous nous y opposons catégoriquement »,   insiste un membre qui se réclame du courant de changement. Certes l’UPRONA est le principal parti d’obédience tutsi. Déjà, malgré les querelles internes, il a pu avoir 15 députés dans les derniers scrutins. Avec la réunification, il pourrait en avoir plus. Or, la Constitution de la République, telle qu’elle stipule, montre que ce parti reste un partenaire privilégié. L’article 124 et 129 précisent respectivement que »…Les vice-Présidents appartiennent à des groupes ethniques et des partis politiques différents » et « les membres du Gouvernement proviennent des différents partis politiques ayant réuni plus d’un vingtième des votes. »  D’après une source du courant de changement, un haut responsable du CNDD-FDD aurait affirmé que l’UPRONA serait un partenaire potentiel pour les élections de 2010. « La coalition est possible. Mais, la direction doit être rassurante », aurait-il ajouté.

Le groupe qui rassure… Equation compliquée!

Au lendemain du scrutin de 2005 qui a vu la victoire du CNDD-FDD, Aloys Rubuka, Dr.Martin Nduwimana et Térence Sinunguruza sont les hommes forts de l’UPRONA. Ils sont respectivement président du parti, premier vice-Président de la République et président du groupe parlementaire UPRONA à l’Assemblée Nationale. Le trio n’a pas gêné les « Abagumyabanga » (membres du parti au pouvoir). Plus tard, certains Upronistes les accuseront de complices du pouvoir quand l’ancien vice-Président de la République, Alphonse Marie Kadege, – l’idéologue du parti- sera emprisonné. Ils ont refusé de démissionner pour protester contre les tortures infligées à leur camarade.  Avec le Congrès national, il est difficile que ce groupe soit reconduit. Selon une source anonyme proche de Kumugumya, les dirigeants actuels auraient opté pour deux manœuvres: bloquer le processus de réunification en cours, ou instaurer le système des primaires séparés où chaque camp désignerait son candidat pour être acclamé par le Congrès comme président ou son vice de l’UPRONA réunifié. Cette source rappelle que lors des élections qui ont conduit au choix d’Aloys Rubuka comme président du parti, le suffrage n’était pas limitatif: « Cinq candidats se sont présentés. Tout le monde a élu et le vote était secret. Pourquoi faut-il changer ? » En plus, poursuit-elle, une telle démarche conduirait au bicéphalisme à l’UPRONA.  D’après Bonaventure Gasutwa, ceux qui soutiennent les primaires ne sont pas populaires au sein du parti: Un bon responsable doit être élu par tout le monde. » Il trouve que leur peur n’est pas fondée car 16 des 18 premiers secrétaires provinciaux sont tous de l’UPRONA institutionnel. La situation est tellement complexe qu’une source de l’aile institutionnelle -pro le courant de changement- précise qu’Aloys Rubuka devrait assurer les affaires courantes, car,continue-t-elle « il a terminé son mandat le 7 février de cette année. »
par Léandre Sikuyavuga

Conférence de presse du FRODEBU: Mot liminaire

Source: frodebu.be

MOT LIMINAIRE D’UNE CONFERENCE DE PRESSE ORGANISEE PAR L’HONORABLE LEONCE NGENDAKUMANA, PRESIDENT DU PARTI SAHWANYA-FRODEBU, BUJUMBURA, LE 05 MAI 2009.

Thème : Contribution du Parti Sahwanya-FRODEBU pour la préparation et l’organisation des élections apaisées, libres, transparentes et démocratiques de 2010.

De 1966 à 1993, le Burundi est gouverné par des régimes militaires dictatoriaux avec comme mode de Gouvernement l’intimidation l’exclusion et le clientélisme ethinico-régional.

En 1992, le Peuple burundais adopte courageusement, par référendum, une constitution qui consacre la démocratie multipartite au Burundi. En octobre 1993, les ennemis de la démocratie tente de remettre en cause cet idéal mais le Peuple refuse et résiste.

En Août 2000, le Peuple burundais a, par le biais de l’Assemblée Nationale, adopté l’Accord d’Arusha comme loi suprême de la République du Burundi.

Cet Accord consacre :

- l’éradication des causes réelles de la violence au Burundi que sont l’instabilité politique, l’exclusion et le génocide qui handicapent le développement socio-économique et la justice dans notre pays ;
- la démocratie et la bonne gouvernance comme fondements de tout gouvernement du Burundi ;
- la formation des corps de défense et de sécurité, républicains, loyaux et professionnels ;
- la réhabilitation dans leurs droits de toutes les victimes des différentes tragédies que le Burundi a connues.

Ces principes moteurs ont dissuadé tous les Mouvements Politiques Armés à conclure des accords de cessez-le-feu et leur intégration dans les institutions de l’Etat ainsi que leur réinsertion dans la vie socio-professionnelle. Des élections ont pu être préparées et organisées en 2005 sans grandes difficultés sur presque la totalité du territoire national.

Alors que le Peuple burundais s’attendait à la préparation et l’organisation des élections apaisées, libres, transparentes et démocratiques en 2010, la machine politico-administrative du Parti Présidentiel se perd dans :

  • Des menaces politiques ;
  • Le refus d’un dialogue franc et sincère et des compromis ;
  • L’ingérence de l’organisation et de fonctionnement des partis politiques ;
  • La manipulation du processus électoral ;
  • Des emprisonnements des leaders politiques, des journalistes et des syndicalistes ;
  • Des assassinats et des tueries sélectifs ;
  • La création et l’entretien des milices dites « IMBONERAKURE » et le réarmement des démobilisés ;
  • Le refus de procéder au désarmement de la population civile et des milices ;
  • La politisation et l’instrumentalisation de la police nationale et du Service National des Renseignements.

Face à une situation si explosive et pour éviter que le pays ne replonge dans le cycle des violences, le Parti Sahwanya-FRODEBU propose des stratégies pour la bonne organisation des élections apaisées.

A. Sur le cadre légal des élections

1. Au niveau de la Constitution

  • L’amendement de la Constitution avant les élections de 2010 n’est pas indispensable dans la mesure où toutes les questions évoquées concernent globalement les compromis d’Arusha et qu’il y a risque de nourrir un débat interminable.

2. Au niveau du Code Electoral

  • Amender le Code Electoral de manière à introduire le bulletin de vote unique à la place des bulletins multiples ;
  • Améliorer les modalités pratiques de règlement du contentieux électoral (révision de certaines dispositions relatives au régime des sanctions).

3. Au niveau de la Loi Communale

  • Réduire le nombre de Conseillers Communaux ;
  • Aligner le nombre des Conseillers communaux en fonction des moyens dont dispose la commune et de l’importance de sa population ;
  • Déterminer le régime des incompatibilités des fonctions des personnels communaux avec celles des organes délibérants, de gestion et consultatifs ;

Notons que le système électoral utilisé pour les élections au Burundi assure la représentation de tous les groupes ethniques et de genre, garanti un vote libre et universel et un Gouvernement de coalition. Le système prévoit également la possibilité de corriger les déséquilibres ethniques et de genres au niveau des institutions représentatives. C’est un système qui exclut la dictature d’un Parti politique dans la prise des décisions et qui règle de jure la question d’exclusion ayant caractérisé les régimes passés, à la seule condition que les règles du jeu soient appliquées et respectées : la loi, le dialogue te la concertation.

B. Sur la sécurisation des élections.

Le Parti Sahwanya-FRODEBU propose que le processus électoral soit assuré d’une façon concertée et sans précipitation. A cet effet, il demande :

a. A la CENI de :

  • mettre en application intégralement et effectivement l’article 91 de la Constitution en promulguant les arrangements, le code de conduite et les détails techniques sur les élections (art. 91, al. d) ;
  • prendre des mesures concrètes pour rendre non violentes les campagnes électorales et faire respecter la Constitution et la loi électorale (art.91, al. f) ;
  • disponibiliser un calendrier électoral conforme à la Constitution et au code électoral ; le parti Sahwanya-FRODEBU propose qu’on commence par les élections communales suivies des élections législatives, suivies des élections présidentielles et terminées par les élections collinaires selon les termes de mandat de chaque institution ;
  • s’impliquer de manière effective dans la distribution de la carte nationale d’identité et disponibiliser le Fichier électoral à temps au moins deux mois avant le début du 1er scrutin ;
  • améliorer les modalités pratiques de règlement du contentieux électoral ;
  • mettre en place un cadre politique de concertation et de suivi du processus électoral, regroupant, la CENI, les bailleurs de fonds, les Partis politiques, la société civile, les médias et l’administration.

b. Au Gouvernement :

  • de préparer d’urgence les projets d’amendement du code électoral et de la loi communale tout en évitant une réforme générale de ces instruments juridiques encore en expérimentation;
  • de régler, de manière concertée, la question de la neutralité de l’administration territoriale et des corps de défense et de sécurité ;
  • de procéder au désarment de la population civile et des milices ;
  • de bien maîtriser la question du FNL et des démobilisés ;
  • de décourager l’impunité dans ce pays ;
  • de laisser la société civile et les médias fonctionner en toute liberté et indépendance.

c. A la Communauté Internationale :

  • de s’impliquer politiquement, financièrement et matériellement pour le succès et la réussite des élections de 2010 ;
  • d’envoyer des observateurs étrangers en nombre suffisant, à raison d’au moins un par bureau de vote ;
  • de doter la CENI des moyens suffisants afin de garantir sa neutralité.

d. A la population :

  • de chercher à temps la carte nationale d’identité ;
  • de se faire enrôler au rôle, de consulter le Fichier électoral et de dénoncer les irrégularités constatées à la CECI ;
  • de se lever très tôt le matin le jour de chaque élection pour aller voter et aider dans la surveillance des opérations de vote en vue de décourager les cas d’intimidation et de tricherie ;
  • de veiller à ce que l’avenir du Burundi et de la démocratie ne soit pas hypothéqué par des demi- mesures et des solutions virtuelles, par les actes d’intimidations et de corruption.

Le Parti Sahwanya-FRODEBU recommande une présence remarquable de la société civile, de la presse et des observateurs nationaux et étrangers dans toutes les activités d’avant, pendant et après le vote.

Mesdames, Messieurs les journalistes,
Dans un pays où la démocratie se cherche encore, où l’alternance politique n’est pas encore entrée dans les mœurs, les acteurs politiques, sociaux et moraux ont intérêt à se mettre ensembles pour la préparation et l’organisation des élections apaisées et pour la sauvegarde de l’harmonie sociale.

Telle est, mesdames, messieurs les journalistes, Distingués invités, la contribution du Parti Sahwanya-FRODEBU pour la préparation et l’organisation des élections apaisées, libres, transparentes et démocratiques au Burundi en 2010.

MEMORANDUM DU PARTI « URUNANI RW’IMVUGAKURI-ADR » SUR LA SITUATION SOCIO POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SECURITAIRE QUI PREVAUT DANS LE PAYS

MEMORANDUM DU PARTI « URUNANI RW’IMVUGAKURI-ADR » SUR LA SITUATION SOCIO POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SECURITAIRE QUI PREVAUT DANS LE PAYS

Au regard de la situation alarmante qui prévaut dans le pays, le Parti « URUNANI RW’IMVUGAKURI-ADR » a décidé de rendre publique sa position sur les questions essentielles du moment.

Quiconque observe la scène politique burundaise remarque que le parti ADR ne monte pas tous les matins sur le toit pour attaquer le Gouvernement, pour dénoncer tout ce que ce dernier entreprend, pas plus qu’il ne pousse l’opinion à la vindicte populaire des dirigeants qui se sont transformés en bourreaux du peuple dont ils ont pourtant la charge. Ce ne sont pourtant pas les griefs qui manquent à charge du pouvoir de Bujumbura. Loin de là.

L’attitude de l’ADR est dictée par le souci de ne pas mettre de l’huile sur le feu dans ce pays qui se consume, de ne pas répondre à l’irresponsabilité des dirigeants par celle de l’opposition.

Il est conscient qu’il y a une autre façon de faire l’opposition que de s’inscrire aveuglément dans le jeu de la provocation-répression. Par cette démarche, ce parti s’impose ce qu’il ne manquera pas d’imposer à l’opposition le jour où il sera le gouvernement. Le gouvernement gouverne dans l’intérêt de la nation et le respect de la loi, l’opposition fait l’opposition dans l’intérêt de la nation et le respect de la loi.

Les griefs à charge du pouvoir de Bujumbura ne manquent pas. Face à la situation qui prévaut dans le pays, le parti ADR n’a pas seulement le droit de réagir, il a le devoir de s’exprimer.

L’ADR ne pourrait pas taire quand la paix sociale et la sécurité sont gravement troublées, quant l’économie est ravagée, quand la morale publique est ruinée, bref quand l’espoir face à l’avenir est hypothéqué.

Dans le domaine social

Voici des mois que les services de la santé publique sont en arrêt. Et le gouvernement est tranquille, il trinque, il voyage et prend des vacances.

Est-il normal de refuser le minimum aux médecins dont on attend disponibilité et dévouement. Et ce au moment où le plus modeste des agents de l’Etat qui gère la caisse de celui-ci, soit parce qu’il est membre du parti CNDD-FDD au pouvoir ou soit parce qu’il a acheté le poste qu’il occupe, peut faire autant de prélèvements qu’il veut sans être inquiété.

Et dire que le même gouvernement, qui traite avec mépris et condescendance le corps des médecins et le personnel soignant, ne rate aucune occasion de déclarer qu’il « ne ménagera aucun effort pour assurer des soins de santé à toute la population ».

Qui aurait imaginé qu’il allait y avoir déstructuration des services de santé et pénurie généralisée des médicaments et insuffisance de personnel soignant sitôt après les déclarations pompeuses de gratuité des soins de santé.

Au moment où le pays attendait des gestes d’apaisement et des solutions à la crise des médecins de la part du Gouvernement, survient le discours belliqueux du Président de la République de ce 27 avril 2009. Il a martelé que les burundais ne sont ni des français, ni des américains et que les médecins ne sont pas les seuls dans le besoin. L’ADR dénonce une telle attitude de la part de la plus haute autorité de l’Etat. Il ne peut pas mettre en garde des fonctionnaires qui revendiquent l’égalité de conditions dans le travail, il ne peut pas proférer des menaces à l’endroit d’un corps parmi les moins bien rémunérés pendant que de vrais parasites gravitent au tour du pouvoir dans des conditions de confort choquantes. Il ne faut pas se le cacher : les médecins et le corps soignant sont indispensables et ont droit à des conditions de travail dignes. Ce n’est certainement pas l’intimidation qui va résoudre le problème.

Les naïfs pourraient croire que le bras de fer entre le Gouvernement et les enseignants a trouvé solution. Il n’en est rien, le conflit est tout simplement éclipsé par la paralysie du secteur de la santé. Le volcan n’est pas éteint, il n’est qu’endormi.

Comme si les improvisations et les initiatives malheureuses du Gouvernement CNDD-FDD n’avaient pas suffisamment traumatisé ce pays, l’idée de la gratuité de l’enseignement secondaire est annoncée.

L’ADR se demande quelle mouche a piqué le pouvoir CNDD-FDD pour l’inciter à paralyser davantage le monde scolaire ? Lui faut-il encore plus d’échecs ?

Les rapatriés et les déplacés, figurent sur la longue liste des laissés-pour-compte du système CNDD-FDD, et seul Dieu sait combien ils sont nombreux. Rien n’est fait en leur faveur, tandis que les terres, qui constituent l’enjeu permanent du burundais, sont prises d’assaut par les administratifs et les nantis des villes. Les promesses d’hier sont tombées dans l’oubli.

Et pour cause, ceux qui les faisaient hier sont servis. L’heure est à la désillusion des électeurs. Les populations alibis n’ont plus d’autre choix que de se débrouiller.

Il est malsain, sinon contre le bon sens, de forcer le rapatriement des réfugiés aux besoins desquels on ne pourra pas répondre.

Pour l’ADR, la raison commande de chercher la solution à ces masses de populations dans l’intégration sous régionale.

Dans ce pays qui vit au rythme des catastrophes naturelles, le Gouvernement brille par l’absence.

Dans le domaine politique et sécuritaire.

Le traitement fait aux partis politiques, aux acteurs de la société civile et des syndicats ne peut pas ne pas inquiéter.

L’emprisonnement sans jugement des opposants politiques, l’incarcération à durée indéterminée et sans jugement du Vice Président du Syndicat des Magistrats, Monsieur Juvénal RUDUDURA, et tout récemment l’ignoble assassinat dont l’impunité est garantie du Vice Président de l’OLUCOME, Monsieur Ernest MANIRUMVA en disent long à eux seuls sur l’idée que le parti CNDD FDD et ses alliés du gouvernement ont de la démocratie.

Le traitement inégal des partis politiques par l’administration fait scandale. Pendant que le CNDD-FDD est en campagne électorale, les autres parties politiques se voient interdits de tout jusqu’aux petites réunions. Ne parlons pas des manifestations publiques. L’accident d’un camion qui transportait les militants de ce parti de retour d’un meeting politique à Muyinga, ce samedi 25 avril, est un démenti cinglant aux mensonges du CNDD-FDD qui nie qu’il est parti en campagne électorale avant l’heure.

Les échéances électorales sont là, et le Gouvernement ne bouge pas, notamment pour la mise en place des textes légaux. Chose paradoxale et inacceptable, il se comporte comme si les élections étaient une affaire privée du CNDD-FDD dans laquelle il est prudent de ne pas mettre le nez.

Sur le plan de la justice, il est dorénavant plus facile d’obtenir un logement dans les prisons et les cachots que dans les quartiers. Et pour cause, la délation et la répression bénéficient de plus d’attention des pouvoirs publics que la construction de logements, l’extension du réseau de la REGIDESO et l’emploi.

Sur le plan de la sécurité, plus rien ne va malgré les discours d’autosatisfaction des dirigeants. Dans les médias, les annonces de meurtres et les arrestations arbitraires alternent avec les bilans administratifs positifs sur la paix et la sécurité dans les communes.

Le décalage n’est pas difficile à expliquer pour qui connaît le fonctionnement du pouvoir CNDD-FDD : ce pouvoir n’a de besoins que les bilans positifs ; les meurtres et les violations des droits de l’homme sont affaires des intéressés. Comme quoi, la vie des citoyens n’est pas une affaire de l’Etat sous le mandat CNDD-FDD.

Plus récente et beaucoup plus dangereuse sur le plan de la sécurité, la démobilisation ratée des FNL. Quel autre mobile, sinon le maintien du désordre dans le pays, pourrait être derrière le renvoi dans la nature de plus de dix mille combattants, rompus à l’art de tuer, sans leur assurer le moindre encadrement ni leur réserver la moindre assistance matérielle. C’est un crime pour un pouvoir de créer ou d’entretenir le désordre.

L’argument de l’absence de fonds ne tient pas. Il suffirait de voler moins, de s’amuser moins et de faire moins de tours du monde pour faire des économies. La paix en vaut le prix. La démobilisation du parti CNDD-FDD a été bien menée, il n’y a pas de raison que celle des FNL ne le soit pas.

Dans le domaine économique.

Le pays est en ruine. La famine fait des dégâts, pendant que le Président de la République bât campagne pour planter l’avocatier dans un pays où l’alimentation repose sur le haricot, le manioc, la patate douce, le maïs, l’huile de palme et le riz pour ne citer que ceux-ci.

Point de financement du café et du thé, dont les instruments de production sont obsolètes quand l’on sait leur place dans l’économie nationale. Les deux secteurs sont tout simplement plantés entre le délaissement de l’Etat et la privatisation qui n’aboutit pas.

Vivre d’un seul fruit, investir exclusivement dans le dessert, voilà le génie d’un gouvernement fier de sa trouvaille. Ce qui n’est pas dit dans ce pays où l’opacité dans la gestion des affaires publiques est la règle d’or, c’est l’origine et la gestion des fonds derrière cette plante miracle, l’avocatier. Mais une chose est certaine, la campagne avocatier est certainement rentable parce que les hommes qui nous gouvernement n’ont pas l’habitude de s’égarer dans des projets non rentables à eux.

Le drame de l’économie du Burundi d’aujourd’hui n’est pas seulement que son appareil productif est en arrêt. Il y a aussi, et surtout, ces dépenses inutiles.

Le charroi de l’Etat du Burundi serait gênant si les mots pudeur et mesure avaient encore de la place dans nos mœurs politiques, si le politicien burundais n’avait pas tué la culture de modération qui a porté et consolidé sa patrie. Les déplacements du Président de la République, de son Gouvernement, de l’Assemblée Nationale, du Sénat et des privilégiés de l’administration publique, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, coûtent trop cher à l’Etat, de par leur rythme et la générosité du trésor lorsqu’il est question de débloquer des frais de mission, de signer les bons carburants et autres avantages connexes.

Et ce pour rien, sinon pour les voyageurs, quant l’on sait qu’il n’y a pas de programmes économiques, qu’il n’y a pas d’investissements, qu’il n’y a pas de coopération digne de ce nom. Les promenades oiseuses des gens qui nous gouvernent nous coûtent trop cher.

Un mot particulier doit être dit sur les routes en réfection, réalisations entourées de flou.

Le Gouvernement n’a pas le toupet, jusqu’à présent, de dire haut que les routes que nous voyons ci et là dans le pays sont son œuvre.

La réalité est que le gouvernement est soigneusement tenu à l’écart de ces chantiers, parce que nos partenaires étrangers n’ignorent pas que les fonds qui seraient confiés à ce Gouvernement subiraient le sort du Fonds Carburant Nigérian et du Falcon 50, lequel était affecté aux déplacements du Président de la République mais s’est évaporé entre les mains qui en étaient gardiennes.

L’heureuse mise à l’abri de la réfection des routes n’empêche pas aux propagandistes du CNDD-FDD de murmurer dans les oreilles non averties, échéances électorales obligent, que le Gouvernement se tue à la tâche. Preuves supplémentaires que les politiciens qui nous gouvernent continuent à mettre le mensonge et la manipulation au service de la politique, convaincus qu’ils sont que politique rime avec mensonge.

Le mal CNDD-FDD a une origine, la confusion entre le parti CNDD-FDD et l’Etat, entre les rôles de l’un et de l’autre, entre les caisses de l’Etat et les poches des politiciens en charge de l’Etat.

Le peuple burundais aura compris que le CNDD-FDD et ses partenaires du gouvernement sont restés attachés avec détermination aux méthodes de gestion qu’ils dénonçaient hier avec acharnement.

Qui peut croire que l’Etat du Burundi est pauvre quand il voit les constructions pharaoniques de nos dirigeants qui, lorsqu’ils ont pris fonction, il n’y a pas quatre ans, n’avaient pas un franc dans la poche ?

L’enrichissement accéléré de nos dirigeants a pour origines les détournements et malversations de fonds publics, la fraude douanière et fiscale.

Le peuple burundais aura compris pourquoi l’obligation constitutionnelle de déclarer les biens avant d’entrer en fonction est tombée en désuétude. Comment voulez-vous que le Burundi ne sombre pas dans misère quand ses dirigeants ont le privilège de l’impunité, quand leur gestion échappe à tout contrôle et quand ils peuvent s’adonner corps et âme à la corruption.

Le comble dans cette histoire de corruption généralisée, c’est que les générations futures vont hériter de dettes qui n’auront servi à rien et dont l’ampleur reste un secret d’Etat.

Le peuple burundais aura compris que l’avenir de notre pays est hypothéqué par tant d’absence d’amour pour la patrie qui n’a d’égale que la soif des richesses de nos dirigeants.

Lorsque l’on s’interroge sur les raisons de la mauvaise gouvernance imposée à notre pays, l’on pourrait croire, de prime abord, que le Gouvernement actuel se comporte ainsi par incompétence et par inconscience. Ce serait une erreur. Ce serait une excuse facile.

Il y a pire que l’inconscience, il y a plus mal que l’incompétence. C’est le manque de patriotisme des hommes qui nous gouvernent, accompagné de cynisme, de cupidité et autres formes d’égoïsme. Le pourrissement observé dans notre pays est voulu, entretenu par le parti CNDD-FDD pour se maintenir au pouvoir.

Pourquoi, sinon, rien n’est fait pour chercher les solutions appropriées aux maux qui rongent notre pays. Le CNDD-FDD ne voit-il pas cela ?

Pourquoi rien n’est fait pour remettre la justice en marche, pour faire face au tribalisme qui couve sous la cendre et sera exploité au premier tournant.

Pourquoi le gouvernement ne réagit pas aux tracts tribalisant qui circulent en Belgique sur le remplacement du Gouverneur de Ruyigi. Ne les voit-il pas ?

Il voit tout cela mais pratique son art de se murer dans le silence lorsque cela l’arrange.

Pourrait-on trouver une explication au refus du Gouvernement de mettre en place la Commission « Vérité – Réconciliation », autre que la prévision de brandir les arguments ethnique et régionaliste lorsqu’il lui faudra s’expliquer sur ses échecs devant une opinion désabusée ?

Faut-il renoncer ? Jamais.

Le peuple burundais a droit à une place au soleil. Il a le droit d’être bien dirigé. Il a le droit d’être informé de la situation du pays au lieu d’être tenu dans l’ignorance.

Seulement, qu’il sache qu’il n’y arrivera qu’à force de se battre.

Et qu’il se rassure, aucun gouvernement n’a jamais gagné la guerre contre son peuple.

Pour sa part, le parti ADR- URUNANI RWIMVUGAKURI est engagé dans ce combat pour la dignité et la reconstruction nationales. Ensemble avec le peuple, il y arrivera.

Face à cette situation riche de tous les dangers,

Le Parti « URUNANI RW’IMVUGAKURI-ADR » exige du Président de la République et de son Gouvernement de :

1° Prendre au sérieux les problèmes des médecins et du personnel soignant et d’y apporter les solutions appropriées sans tarder.

2° Arrêter immédiatement la gestion aventureuse des affaires de l’Etat particulièrement le programme avocatier, dont il est aisé de sentir le profit personnel qui en est l’unique leitmotiv. Investir immédiatement dans la production des produits de grande consommation.

3° Assurer immédiatement la sécurité des personnes et des biens sur l’étendue de toute la République. Démissionner s’ils n’en sont pas capables.

4° Procéder à la démobilisation des FNL avec sérieux et sans arrière pensée, en y affectant les budgets nécessaires et en mettant en place les mesures d’accompagnement requises.

5° Mettre en place un programme sérieux de gestion des terres, une bombe à retardement avec laquelle le Gouvernement devrait cesser de jouer.

6° Mettre en place un programme de l’agriculture et de l’élevage au sein duquel l’alimentation de base soit une véritable préoccupation.

7° Préparer les élections sans tarder, vu le retard pris.

Fait à Bujumbura, le 27 avril 2009

La Présidente du Parti

Honorable Alice NZOMUKUNDA

LA LECTURE HONTEUSE DES EVENEMENTS DE 1972

Par Gratien RUKINDIKIZA

Source : Burundi News

La globalisation est devenue une des grandes maladies de la conscience de plusieurs Burundais. Les morts des Burundais ne comptent que quand ils sont exploitables politiquement. La souffrance des uns vaut plus que celle des autres chez certains Burundais. La souffrance est une et indivisible. Elle atteint l’humain qu’il soit noir, blanc, du Nord ou du Sud, hutu ou tutsi.

En 1972, la barbarie a ravagé le Burundi. Les filles et fils de la nation ont été tués en raison de leurs ethnies sans qu’ils sachent la réalité du drame. Des familles de tutsi ont été massacrées dans la province de Bururi par une milice de quelques milliers de hutu entraînés en Tanzanie. Des milliers voire plus, de hutu, surtout intellectuels, mais aussi des paysans en certains endroits, ont été arrêtés et tués par l’armée et des milices constituées de jeunes tutsi.

L’objet de cet article n’est pas de dire si il y a eu génocide de telle ou telle autre ethnie. Le grand perdant est le peuple. C’est le Burundi qui a perdu des centaines de milliers. Il a perdu aussi au niveau de la cohésion nationale.

Au mois d’avril de chaque année, des écrits de certains Burundais évoquent ces événements de 1972. Le plus souvent, ils sont déplorables et des fois pitoyables. On dirait qu’il s’agit d’une compétition des extrémismes hutu et tutsi.

La négation de l’autre entraîne la haine de l’humain

D’une part, quand certains hutu s’expriment sur 1972, ils donnent l’impression de ne pas connaître le peuple burundais. Les morts qui intéressent, qui suscitent la compassion, sont celles des hutu,

Ils oublient sciemment les massacres des tutsi.

D’autre part, quand certains tutsi s’expriment sur 1972, les massacres généralisés des intellectuels et petits fonctionnaires hutu sont ignorés. Ils ne parlent que des tutsi massacrés. Les morts des hutu ne suscitent pas de compassion chez eux.

Il suffit de lire sur deux sites internet que je ne citerai pas pour se rendre compte qu’il y a une sorte de compétition sur les écrits divisionnistes du peuple burundais. La négation de la souffrance de l’autre, l’absence de compassion sous le seul prétexte qu’il n’est pas de son ethnie est aussi une négation de soi en tant que humain en général et en tant que faisant partie du peuple burundais en particulier.

En 1972, ce sont d’abord les familles qui ont été endeuillées et ensuite la nation burundaise. Les massacres d’un groupe de la population incitent généralement une solidarité pour résister et se défendre. Cette solidarité devrait aboutir aussi à éviter que tels massacres ne se reproduisent. Or, au Burundi, ces solidarités sont devenues négatives car elles ont incarné la vengeance et sont devenues autodestructrices.

Aucune ethnie n’est responsable des massacres

Certains Burundais accusent d’autres concitoyens d’être des tueurs en raison de leur ethnie. Certains évoquent telle ethnie, responsable du malheur burundais. On entend souvent que c’est le pouvoir tutsi qui est responsable des assassinats. On entend aussi que le pouvoir hutu de 1993 est responsable des massacres des tutsi. Or, aucun pouvoir n’est hutu ou tutsi. Le pouvoir appartient à un individu ou un groupe d’individus. Pour consolider son pouvoir, un groupe d’individus peut se réclamer de telle ou telle ethnie, de telle ou telle autre province. Il le fait selon le principe de diviser pour mieux régner. Comment peut-on expliquer aux paysans hutu de Ngozi qui ont faim que le pouvoir est hutu et aussi de Ngozi ? Comment peut-on expliquer à un chômeur qui n’a même pas de toit que le pouvoir est de son ethnie ? Il le prendrait pour un humour mal placé.

Il serait difficile d’expliquer comment un pouvoir dirigé par un hutu commette tant de massacres de hutu dans Bujumbura rural. Les défenseurs de la théorie ethnique ne disent rien car le schéma perd son sens. Si les tueries de Bujumbura rural s’étaient déroulées dans une zone où il y avait beaucoup de tutsi, on aurait entendu parler de pouvoir hutu qui massacre les tutsi. Si c’était un pouvoir dirigé par un tutsi, on aurait entendu des protestations. Cependant, les hutu de Bujumbura rural n’ont pas eu de défenseurs.

Cela pour démontrer que les uns et les autres exploitent les morts quand ils peuvent générer des dividendes en termes de postes ou autres. Ils ont oublié les Burundais. Ceux qui sont massacrés, qu’ils soient hutu ou tutsi ou twa, ils sont avant tout Burundais. Il y a un seul peuple, une seule nation, un seul salut et un seul assassin. L’assassin est le dirigeant cupide, qui pense à son ventre, qui n’hésite pas à sacrifier des milliers pour se maintenir ou accéder au pouvoir. Le hutu et le tutsi sont des pions manipulés pour assouvir les appétits de quelques individus. Ces individus ont une même ethnie, la cupidité, l’insouciance du malheur du peuple.

Des larmes de crocodiles versées pour accéder aux postes

Comme je l’ai déjà signalé, dans tous les massacres, les premiers perdants sont les familles endeuillées. Ces familles sont burundaises et non hutu ou tutsi. Que dire d’un massacre d’une famille mixte ? Les perdants sont des familles des deux ethnies. En quelle qualité un hutu ou un tutsi non membre de la famille peut-il fustiger les tutsi ou hutu globalement comme étant responsables de ce malheur qui a endeuillé leurs familles ?

Ceux qui invoquent « leurs morts ethniques » tués par une autre ethnie ne disent rien quand il s’agit de mettre en danger leurs soi-disants co ethniques. Très peu de ces hutu ont critiqué le fait de faire des boucliers humains en 1988 à Ntega Marangara des paysans hutu, les laissant massacrés par des militaires alors que les commanditaires, extrémistes hutus, des massacres des tutsi étaient déjà au Rwanda. Ces extrémistes hutu savaient qu’ils laissaient des paysans sans défense et voulaient exploiter les conséquences de leur massacre prévisible.

Très peu de ces tutsi se sont opposés à l’assassinat du Président Ndadaye et des ses collaborateurs par l’armée le 21 octobre 1993. Pourtant, ils ont eu vent des préparatifs et savaient bien que des massacres des tutsi allaient s’ensuivre. Ces massacres ont servi de fonds de commerce pour certains afin d’entrer au gouvernement, dans le but de s’enrichir illicitement et d’autres pour récupérer le pouvoir.

Ceux qui versent les larmes de crocodiles oublient vite ce qu’ils disaient. Depuis qu’il y a des hutu ou des tutsi au pouvoir, à part Kibimba, aucun pouvoir n’a érigé un mémorial des morts de 1972, 1988, 1993, 1994 etc… Aucune journée n’est dédiée aux morts victimes des barbaries. Si les larmes étaient authentiques, pourquoi ces gens qui pleurent pour les morts de leurs ethnies ne mettent pas la main à la poche pour aider les affamés de Kirundo, de Ngozi, de Gitega, Muramvya ou ailleurs. Craignent-ils que leur aide profite aux Burundais d’une autre ethnie ?

Le Burundi a perdu, il a reculé et il piétine en raison de ces massacres répétitifs. La lecture honteuse de l’histoire est une épine dans les pieds des Burundais. Comprendre que la souffrance n’a pas d’ethnie est un progrès pour les Burundais. Au lieu de rivaliser sur la description macabre des morts de telle ou telle ethnie, les Burundais devraient savoir qu’ils ont tous perdu et qu’ils ont un ennemi commun : le pouvoir exploiteur, gaspilleur et corrompu. Le Burundi n’a pas besoin de dirigeant hutu, tutsi ou twa mais des dirigeants avant tout burundais.

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