Archive pour juillet, 2009

CONFERENCE DE PRESSE ANIMEE CONJOINTEMENT PAR LES PARTIS POLITIQUES PARLEMENTAIRES le 22 juillet 2009 SUR LE CADRE LEGAL DES ELECTIONS

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Pour la toute première fois, nous animons ensemble cette conférence de presse comme partis politiques parlementaires pour des raisons que nous voudrions mettre en exergue dès l’entrée du jeu.

Premièrement, il est une question ces derniers jours qui domine les débats aussi bien dans la rue comme dans les média de tous ordres, mais surtout qui reste préoccupante pour nous en tant qu’acteurs politiques : il s’agit du projet du cadre légal des élections en particulier le code électoral qui oppose le parti au pouvoir et les autres partis politiques.

Deuxièmement, la volonté du gouvernement de faire cavalier seul dans un processus électoral qui appelle la participation de tous les citoyens répartis dans les partis politiques agréés au Burundi ne peut manquer d’inquiéter.

Mesdames Messieurs les Journalistes,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Vous vous en souviendrez que tous les partenaires nationaux et internationaux, y compris les Nations Unies, le Gouvernement du Burundi, la Société civile burundaise ainsi que les partis politiques, avaient organisé ensemble au cours de ces derniers mois, de vastes consultations à travers notamment le Projet « Cadre de dialogue » dont les Nations Unies et le Burundi sont partenaires. C’est ainsi qu’une table ronde regroupant tous les Partis politiques, y compris le parti au pouvoir, la société civile, le clergé, les anciens Chefs d’Etat, les experts nationaux et internationaux sur le thème de la transparence et de l’intégrité du processus électoral, a été organisée récemment à Bujumbura.

A l’issue de toutes ces consultations de haut niveau, des recommandations convergentes ont été faites et ont abouti à la confection d’un document synthèse qui donne les principales orientations de ce que devrait être le contenu du code électoral burundais pour les élections prochaines. Tous ces partenaires avaient exprimé une grande satisfaction à l’endroit de ces conclusions.

A la grande surprise de tous ces partenaires nationaux et internationaux, le projet de code électoral, qui vient d’être présenté au Conseil des Ministres en date du jeudi 09 juillet 2009 par le Président de la République du Burundi s’écarte complètement de l’esprit et de la lettre du document produit au terme de la table ronde susmentionnée.

Pour ne mentionner que quelques-uns, ces écarts préjudiciables touchent notamment dans les dispositions suivantes : Articles 55, 96, 103.

1. Contrairement à ce que prévoit la Constitution de la République du Burundi dans ses articles 96 et 103 qui fixent les mandats des Institutions électives de la République et déterminant de facto les périodes électorales de ces Institutions, le Projet de code électoral présenté au Conseil des Ministres déclare dans son exposé des motifs que l’ordre des élections est inversé par rapport à ce qu’avait prévu la Constitution. Au terme de cette proposition du Président de la République du Burundi et de son parti politique le CNDD-FDD, les prochaines élections au Burundi devraient commencer par les élections présidentielles, quitte à ce que les autres scrutins suivent.

Sur cette question, nous rappelons que nous légiférons non pas sur base des élucubrations et des intérêts politiques d’un parti politique, mais sur base des intérêts de tout un peuple, et dans le strict respect de la loi fondamentale du Burundi. Autrement dit, chercher à changer l’ordre des scrutins relève d’une volonté coupable d’imposer aux Burundais un point de vue visant à chambarder et détourner le processus électoral au profit du seul Parti au pouvoir. Nous rappelons que les mandats vont se terminer dans l’ordre suivant :

Les conseillers communaux ;

Les députés ;

Le sénat ;

Le Président de la République.

Par conséquent, c’est dans cet ordre que les institutions de la République doivent être pourvues et non l’inverse.

Il n’existe donc aucune justification valable de changer cet ordre en dehors de la volonté du Parti au pouvoir d’imposer le cadre de direction du pays du sommet à la base.

2. Quant au type de bulletin, ledit projet de loi en son article 55 réintroduit l’usage des bulletins de vote multiples alors que tous les acteurs politiques, la société civile ainsi que la communauté internationale ont clairement recommandé l’usage d’un bulletin de vote unique pour mettre fin à l’usage du terrorisme et de la force sur les électeurs qui ont été constatés au cours des élections de 2005.

Nous revenons avec insistance à cette question d’autant plus que sur terrain nous constatons que les opérateurs à la solde du parti au pouvoir donnent déjà des consignes aux citoyens de rentrer des isoloirs électoraux avec les bulletins de vote des autres partis pour montrer que les électeurs ont bel et bien voté CNDD-FDD.

Si nous avons utilisé les symboles des partis en 1961 lorsque nous avions moins d’instruits il devrait être plus aisé de les utiliser en 2010. De même, si au KENYA, au CONGO, en AFRIQUE DU SUD et ailleurs, l’on utilise le bulletin unique, pour quoi ne pas utiliser au Burundi où le taux d’alphabétisation rivaliser avec les pays sus-mentionnés.

De surcroît, le bulletin unique reste économique, exige moins de manœuvres pour l’électeur et occasionne moins de fraudes. Autant l’on ne se trompe pas avec les billets de banque qui ne sont que signes autant l’on ne saurait se tromper avec des symboles de leurs partis politiques qui vont leur être enseignés.

3. Revenant sur l’arbitrage des élections, l’article 3 du même texte propose que les missions, la composition, le mandat, l’organisation et le fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante soient déterminés par un décret présidentiel alors que la table ronde et tous les autres partenaires politiques susmentionnés avaient recommandé que cette importante Commission soit gérée par une loi pour éviter que la commission soit à la merci des pressions diverses du Gouvernement au pouvoir.

4. Le même projet de code électoral introduit une majoration de 500% de la caution des candidats présidents de la République. Celle-ci passe de trois millions à quinze millions de francs burundais. Cette majoration n’a jamais été évoquée nulle part au cours de ces nombreuses consultations ; elle cache mal une démarche d’exclusion des candidats potentiels, compte tenu de l’état de délabrement de l’économie nationale et de l’amenuisement des revenus des contribuables n’ayant pas puisé impunément des caisses de l’Etat.

Aussi, ce projet de code électoral introduit-il de nouvelles règles de répartition de sièges des Députés et de cooptation qui visiblement s’écartent de l’esprit inclusif prôné par l’Accord d’Arusha.

C’est pourquoi nous dénonçons publiquement ces manœuvres frauduleuses et cette violation systématique de la constitution, en même temps qu’il choisit délibérément de passer outre la volonté du peuple et des partenaires tant nationaux qu’internationaux clairement exprimés à travers les consultations susmentionnées.

Convaincus que les prochaines échéances électorales constituent une étape décisive dans la consolidation de la démocratie, la stabilisation des institutions, de la paix et la sécurité dans le pays, nous en appelons à toutes les forces vives de ce pays à ne pas tolérer pareille escroquerie, mais à rester vigilantes, dans le calme et sérénité, et à refuser énergiquement ce diktat du parti au pouvoir.

Au gouvernement du Burundi, et au parti au pouvoir, principalement à l’endroit du Chef de l’Etat garant du respect des lois en générale et de la constitution en premier lieu, nous disons que le moment n’est pas au bricolage des lois, et qu’ils seront les seuls comptables à tout désordre pré ou post électoral qui en résulterait.

A la communauté internationale, spécialement aux pays et institutions qui ont accompagné notre cher pays dans sa difficile et longue sortie de crise, nous réitérons nos remerciements et les exhortons à donner des signes clairs au gouvernement du Burundi contre cette dérive, et à redoubler de soutien à l’endroit des forces politiques et de la société civile déterminées à refuser que le parti au pouvoir replonge le Burundi dans l’instabilité et le chaos politique.

Enfin, aux militants et sympathisants de nos partis politiques respectifs, nous adressons nos vifs remerciements pour la détermination, l’esprit de concorde national et participation citoyenne dont ils ne cessent de faire, et les exhortons à travailler de concert face aux usurpateurs des acquis démocratiques.

En conclusion, nous, partis politiques parlementaires, déclarons que nous sommes farouchement opposés à un projet de loi si biaisé, si truqué et qui, de toute évidence, va replonger le pays dans l’insécurité et l’instabilité politique, dans l’anarchie et le chaos hypothéquant ainsi ce que les burundais ont construit, avec le concours de la Communauté Internationale quinze ans durant.

Fait à Bujumbura, le 22 Juillet 2009

Les partis animateurs de la conférence

Pour le parti Sahwanya-FRODEBU :
Pour le parti UPRONA :
Pour le parti CNDD :

Pour le parti MRC RURENZANGEMERO :

Discours de l’Ambassadeur de France au Burundi à l’occasion de la réception du 14 juillet 2009

L’Ambassadeur de France au Burundi, Monsieur Joël LOUVET a prononcé un discours très remarqué lors de la réception qu’il a organisée à sa résidence à l’occasion de la célébration de la fête nationale française. Trouvez-leci dessous dans son intégralité.

Discours de l’Ambassadeur de France au Burundi à l’occasion de la réception du 14 juillet 2009

Monsieur le Premier Vice-Président de la République,
Honorables parlementaires,
Messieurs les anciens présidents de la République
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Représentant exécutif du Secrétaire général des Nations Unies,
Monsieur le Doyen du Corps Diplomatique,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et chers collègues,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales,
Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations non gouvernementales,
Mesdames et Messieurs les membres de la société civile,
Mesdames, Messieurs mes compatriotes,
Et, pour résumer et clore cette liste protocolaire, plus simplement : chers amis !
Comme vous le savez, le début du mois de juillet est toujours pour moi un moment particulier : bien que ces dates n’aient bien évidemment pas la même portée historique, j’y fête en effet successivement l’anniversaire de mon arrivée au Burundi le 12 juillet 2006, mon Saint Calendaire le 13 juillet, et la prise de la Bastille le 14… Prise de la Bastille, dont je rappelle ici qu’elle marqua, en 1789, le passage d’une révolution parlementaire à une révolution populaire : la concentration par le roi Louis XVI de régiments suisses et allemands autour de Versailles et de Paris ayant en effet été interprétée, pour reprendre les termes enflammés de Camille Desmoulins, comme le « tocsin d’une Saint Barthélémy des patriotes », la milice et la foule furent armées et la prison d’Etat de la Bastille, symbole de l’arbitraire de l’Ancien Régime, assiégée, prise, et détruite par le peuple. Le Gouverneur Jourdan de Launay, la garnison et, pour faire bonne mesure, le Prévôt des Marchands, Monsieur Flesselles, furent prestement expédiés ad patres… Ce 14 juillet, qui est la Fête Nationale de la France depuis 1880, marqua ainsi le début de l’extension de la Révolution française à toute les grandes villes du Royaume…: Bien que les hasards de la colonisation aient épargné à la plupart d’entre vous les leçons sur « Nos Ancêtres les Gaulois », je ne vous ferai pas l’injure de vous conter la suite de l’Histoire : j’ai pu, depuis trois ans, apprécier à sa juste valeur la Francophonie profonde des burundais et je sais donc que vous la connaissez !

Trois ans, disais-je, au Burundi… « Wamaz’iki ? », demandent, me dit-on, les burundais en pareille circonstance… Même si l’heure n’est pas encore tout à fait au bilan définitif, « qu’ai-je fait de bon ou de moins bon », donc ???

L’Union Européenne semblant, tel notre univers depuis le Big Bang, saisie d’un irrépressible mouvement d’expansion permanente – nous en sommes déjà à ce jour à 27 Etats Membres – , j’ai tout d’abord, au titre de la Présidence locale de l’Union au Burundi, successivement revêtu la Primorska Slovène, puis le Podstock tchèque –qui est, comme chacun sait, un chapeau haut-de-forme en poils de cochon – , avant de retrouver le 1er juillet, en transmettant pour 18 mois le flambeau de la Présidence à notre Ami son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de Belgique, les plus familières braies gauloises dont je parlais il y a quelques instants à peine… C’est sous ces différentes couleurs et costumes que j’ai donc eu l’honneur de représenter l’Union dans le cadre du processus de Paix au Burundi et, en particulier, au sein du Directoire Politique placé auprès de la Facilitation sud africaine. Au delà des propos de circonstances, j’ai pu y mesurer l’estime et la confiance dont jouit l’Europe dans cette région. Certes si, comme vous aimez à le dire Monsieur le Premier Vice-Président de la République, « la guerre est terminée au Burundi », c’est bien évidemment avant toute chose aux burundais eux-mêmes que le mérite en revient. Si j’ai plaisir ce soir à accueillir Monsieur le Directeur Général de l’INSS, Monsieur le Conseiller militaire à la Présidence de la République, mon voisin à l’Office du Thé, ou Monsieur mon collègue à l’Ambassade du Burundi à New Delhi, c’est bien parce que vous, burundais, avez conjointement souhaité qu’il en fût ainsi. Mais c’est aussi, je crois, parce que vous saviez pouvoir compter sur l’Initiative régionale, l’Afrique du Sud, l’Union africaine, le Binub et l’Union européenne. Cette dernière aura montré en la circonstance réactivité et générosité : avec la Suisse, la Commission européenne et la France furent ainsi les premiers à répondre à l’appel du Burundi pour l’approvisionnement des combattants, au travers d’un programme mis en oeuvre par la GTZ allemande. La Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, et l’Allemagne encore, ont apporté, sans jamais barguigner, leur concours, qui à la Facilitation, qui au camp de Rubira… Mes collègues européens et moi-même sommes, sachez-le, non seulement heureux mais fiers d’avoir apporté notre contribution à la réalisation d’un processus de Paix qui est à inscrire à l’actif du Burundi et qui reste un modèle et un exemple dans une région encore trop souvent en proie aux troubles et aux doutes.

Mais voilà, me dit-on, qu’à peine éteint le fracas des trompettes guerrières, résonnerait déjà le murmure inquiétant des tambours électoraux !!!

Le Burundi, il est vrai, connaîtra en 2010 des échéances politiques majeures avec la tenue, en quelques mois, de pas moins de 6 scrutins, dont celui, particulièrement emblématique, de l’élection du Président de la République au suffrage universel. Faut-il pour autant s’en inquiéter…, alors même que nous savons tous à quoi tient une bonne élection. Comme pour un bon plat, il y faut un Chef : vous en avez un, en la personne de notre ami Pierre Claver, Président de la CENI, et c’est, dans son domaine, « un cordon bleu »… Il y faut des seconds: ils sont là et leur nomination a été unanimement saluée tant par les partis politiques que par la société civile… Il y faut également quelques ustensiles et quelques marmites – quelques grosses et coûteuses marmites d’ailleurs, si j’en juge au projet de budget récemment soumis par la CENI aux partenaires internationaux et au Gouvernement – … mais je suis persuadé à cet égard que la communauté internationale, qui a toujours été aux côtés du Burundi, aura bien évidemment une fois encore à coeur d’apporter une contribution financière et logistique significatives au processus électoral à venir. Ne reste donc que la Recette !!! Or, là aussi, nous la connaissons : ne sont contestées que les élections contestables, c’est-à-dire dont le déroulement ou les résultats laissent planer un doute sur la transparence et l’équité du scrutin. Certes, la défaite peut être amère, mais cette brève amertume est aisément surmontée lorsque les règles du jeu ont été respectées et que le Peuple s’est librement exprimé. La même amertume par contre peut grandir si les perdants ont le sentiment d’avoir été injustement floués : une CENI forte et indépendante, une répartition équitable de l’accès aux médias, la possibilité pour ces derniers de se faire librement l’écho des opinions, fussent-elles iconoclastes, de tous les candidats et de tous les programmes, une organisation harmonieuse du ou des scrutins, l’absence d’intimidation des votants, l’honnêteté des scrutateurs et bien évidemment la fiabilité absolue de la comptabilisation et de la transmission des résultats sont à cet égard des éléments auxquels les Etats membre de l’Union Européenne et la Commission apporteront une attention toute particulière. Nous avons en effet la ferme conviction que les élections de 2010 doivent être pour tous la confirmation que le Burundi est définitivement sorti de l’ère des conflits pour entrer résolument – dans le cadre de règles du jeu définies conjointement par tous les participants dans un esprit permanent de dialogue et de concertation – dans l’ère d’une compétition pacifique et démocratique des hommes et des idées.

Processus de Paix, processus électoral, voilà, me direz-vous, bien des processus … mais qu’avez-vous fait d’autre ? Permettez-moi de vous rassurer : bien qu’elle soit à l’heure actuelle, une fois de plus…, en pleine mutation, la coopération française au Burundi est restée particulièrement active au cours de l’année écoulée, fidèle aux grandes lignes définies dans le Document Cadre de Partenariat (DCP en abrégés) signé à Paris en novembre 2006 à l’occasion de la visite officielle en France de Son Excellence le Président Pierre Nkurunziza. Chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur Education, la France a ainsi apporté une contribution particulièrement significative de 10 millions d’euros au Fond Commun Education qui nous unit aux autorités burundaises à la Belgique, à la Grande-Bretagne et au Luxembourg. Madame Rama Yade a pour sa part inauguré les nouveaux locaux de l’Association Nationale des Séropositifs et Sidéens, et signé une convention pour la construction d’un nouveau centre Seruka de soutien aux victimes, encore trop nombreuses, de violences sexuelles. Monsieur Bernard Laporte avait quant à lui inauguré avec le Chef de l’Etat, dans le cadre de la réunion ministérielle de la Confejes, la piscine rénovée du Campus Kiriri. J’ai enfin moi-même eu l’honneur, au cours des derniers mois, d’inaugurer avec Son Excellence le Président de la République le Jardin Public de Rohero et de poser avec lui la première pierre du futur Institut de Police de Bubanza. Sans parler des très nombreuses activités culturelles et francophones menées séparément ou conjointement par le Centre Culturel Français de Bujumbura et le projet Célec d’appui à la Francophonie.

Mais, comme j’ai eu souvent l’occasion de le dire, l’Etat, qu’il s’agisse de l’Etat burundais ou de l’Etat français, ne peut, et d’ailleurs ne doit pas, tout faire !!!

Je suis donc particulièrement heureux aussi, au-delà des programmes de coopération bilatérale que j’évoquais il y a quelques instants, d’avoir été au cours des derniers mois le témoin du développement spectaculaire, sur fonds européens ou d’autres institutions internationales, des activités de la société française Sogea-Satom, filiale du groupe Vinci. Pas seulement par fierté cocardière, mais aussi parce que c’est le signe, qui ne trompe pas, que les choses changent en profondeur au Burundi et que les grands projets d’infrastructures, absolument indispensables au développement du pays, retrouvent progressivement droit de cité. A l’heure où le Burundi avance à marche forcée dans l’East African Community, il est rassurant de voir que le secteur privé, qu’il s’agisse des routes, des télécommunications, du tourisme ou d’autres domaines encore, reconquiert peu à peu son dynamisme et ses parts de marché. L’intégration régionale, et c’est un européen qui la vit au quotidien depuis des décennies qui vous parle, est en effet à la fois une épreuve et un stimulant. A cet égard, j’ai certes noté avec plaisir que le Programme Indicatif Régional de la Commission européenne mobiliserait prochainement plusieurs millions d’euros pour aider le Burundi à compenser les pertes temporaires de recettes que provoquera la nouvelle Union Douanière et le nouveau tarif extérieur commun . Mais la compensation n’a qu’un temps et le moment viendra un jour, et probablement rapidement, où le Burundi devra affronter davantage de compétition économique. Il doit donc, sans attendre, s’y préparer. Je saisis d’ailleurs cette occasion pour souligner que la question de la coopération régionale constituera un des principaux centres d’intérêt et d’activité de Monsieur l’Ambassadeur Christian Connan, récemment nommé par Monsieur Bernard Kouchner en tant que « Représentant Spécial pour la Coopération dans la Région des Grands Lacs ». Jene doute pas, et il me l’a d’ailleurs déjà confirmé, que le Burundi sera une de ses premières étapes dans la Région dans les mois qui viennent.
Je ne saurais enfin conclure mon propos sans bien évidemment évoquer les Droits de l’Homme, quand bien même la fonction ministérielle afférente a récemment disparu de l’organigramme ministériel français… Ce n’est pas là, soyez rassurés, signe de désintérêt pour ce sujet de la part d’un pays qui s’enorgueillit d’avoir été, le 26 août 1789, soit quelques semaines à peine après la Prise de la Bastille que nous célébrons ce soir, à l’origine d’uneDéclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen directement inspirée de la philosophie des Lumières et novatrice par son exigence de rationalité et d’universalité. L’Union européenne, elle encore, s’est plusieurs fois exprimée sur cette question au cours des mois écoulés par des Déclarations que vous avez tous en mémoire. Parfois pour se féliciter des évolutions incontestablement positives enregistrées en ce domaine par le Burundi, parfois pour s’interroger sur des épisodes qui ne nous paraissaient pas totalement correspondre aux grands principes, gravés dans le marbre des Accords de Cotonou, qui régissent le partenariat confiant existant entre votre pays et les nôtres. Je me réjouis, à cet égard, d’avoir pu accueillir ce soir à la Résidence de France Messieurs Kavumbagu et Rududura, de même que je m’étais réjouis précédemment de l’enregistrement du MSD ou de l’ADER. « La liberté d’expression est en effet au carrefour de tous les Droits de l’Homme » !!! Elle est intimement liée à la liberté de conscience et de convictions, inhérente à la dignité individuelle mais également à la liberté d’opinion et d’information. L’intolérance ne peut qu’attiser les passions, souvent mauvaises conseillères… Que la société civile burundaise et les organisations non gouvernementales, durement éprouvées récemment par l’assassinat odieux du Vice-Président de l’Olucome, soient donc assurées qu’elles trouveront toujours auprès de l’Union et des ses Etats membres une oreille attentive à leurs préoccupations.
« Wamaz’iki ? » … J’ai, à l’évidence, été trop long mais, comme le disait l’essayiste et romancier français Maurice Blanchot, « la réponse est le malheur de la question » … Je ne saurais toutefois terminer mon propos sans remercier chaleureusement tous ceux qui ont bien voulu contribuer à l’organisation de cette réception et je l’espère, mais c’est à vous d’en juger, à sa réussite. Je pense notamment au Centre Culturel Français pour la lumière et le son, à l’entreprise Bruno Frigo pour les installations électriques, à Déco Verte pour la décoration florale, à l’entreprise Dream Events pour ses charmantes hôtesses d’accueil, sans oublier le Docteur Zaki, du Centre Médico-Social, pour ses soins attentifs et constants à un Ambassadeur vieillissant….Mes remerciements vont également à tous ceux qui ont bien voulu depuis hier, soucieux des vertèbres des messieurs et des talons aiguilles des dames, entreprendre quelques travaux d’urgence sur une avenue Beau Site que même les piétons et les vélocipèdes hésitaient auparavant à emprunter…
Permettez-moi enfin avant que nous levions nos verres, de demander à Madame Uwinyota Riziki, qui nous a fait l’honneur de chanter nos hymnes nationaux respectifs, d’interpréter une dernière chanson dédiée aux difficultés que vivent quotidiennement les handicapés, et qui nous rappelle, plus généralement, que les différences entre les individus, qu’elles soient politiques, ethniques, raciales, religieuses ou autres…, ne doivent pas conduire au rejet ou à l’indifférence mais au contraire à un effort supplémentaire de compréhension et de compassion.
Riziki, la conclusion vous revient en chanson…

 

LETTRE DES PARTIS POLITIQUES AU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES

République du Burundi
Partis Politiques

Bujumbura, le 14 Juillet 2009

Transmis Copie Pour Information à :

Son Excellence Pierre NKURUNZIZA, Président de la République du Burundi ;

Son Excellence Yoweli KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Initiative de la Paix sur le Burundi et Président de la République de l’Ouganda

Son Excellence Mouamar Kaddafi, le Guide de la révolution Libienne et Président en exercice de l’Union Africaine

Son Excellence Jakaya Mrisho KIKWETE, Président de la République Unie de la Tanzanie et Président en exercice de l’Union Africaine

Son Excellence Jacob ZUMA, Président de la République Sud Africaine ;

Son Excellence Paul KAGAME, Président de la République Rwandaise ;

Son Excellence Mwayi Kibaki, Président de la République du Kenya ;

Son Excellence Jean PING, Président de la Commission de l’Union Africaine ;

Son Excellence le Secrétaire Général de l’Union Interparlementaire ;

Avec les assurances de nos plus hautes considérations.

A son Excellence Ban Ki-Moon,
Secrétaire Général des Nations Unies
à
New-York.

Objet : Menaces graves
sur le Processus électoral
au Burundi.

Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Nous, Partis politiques signataires de la présente, avons l’insigne honneur de nous adresser à Votre haute autorité pour vous faire part de nos profondes préoccupations suite aux sérieux dérapages observés ces derniers jours dans le processus électoral qui est en train d’être préparé dans notre pays, et Vous demander d’agir en urgence pour éviter que le ce processus ne tombe pas dans les mêmes travers qu’ont connu le Zimbabwe et le Kenya.
Aussi ; a-t-il été constaté qu’au Burundi des élections mal organisées et non inclusives ont été toujours à l’origine de la désintégration de notre société dont les conséquences se sont entendues sur toutes la Région.

En effet, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, au moment où nous Vous adressons cette correspondance, une crise ouverte vient de se manifester au sein des Institutions de la République suite aux gaves mésententes sur le Projet de code électoral que le Président de la République et son Parti le CNDD-FDD veulent imposer par tous les moyens à tous les autres partis politiques.

Il sied, Excellence, de rappeler que tous les partenaires nationaux et internationaux, y compris les Nations Unies, le Gouvernement du Burundi, la Société civile burundaise ainsi que les partis politiques, avaient organisé ensemble au cours de ces derniers mois, de vastes consultations à travers notamment le Projet « Cadre de dialogue » dont les nations Unies et le Burundi sont partenaires. C’est ainsi qu’une table ronde regroupant tous les Partis politiques, la société civile, le clergé, les anciens Chefs d’Etat, les experts nationaux et internationaux sur le thème de la transparence et l’intégrité du processus électoral a été organisée récemment à Bujumbura.

A l’issue de toutes ces consultations de haut niveau, des recommandations convergentes ont été faites et ont abouti à la confection d’un document synthèse qui donne les principales orientations de ce que devrait être le contenu du Code électoral burundais pour les élections prochaines. Tous ces partenaires avaient exprimé une grande satisfaction à l’endroit de ces conclusions.

A la grande surprise de tous ces partenaires nationaux et internationaux, le projet de code électoral, qui vient d’être présenté au Conseil des Ministres en date du jeudi 09 juillet 2009 par le Président de la République du Burundi s’écarte complètement de l’esprit et la lettre du document produit au terme de la Table ronde susmentionnée.

Sans être exhaustif, ces écarts préjudiciables se remarquent notamment dans les dispositions suivantes :

1. Contrairement à ce que prévoit la Constitution de la République du Burundi dans ses articles 96 et 103 qui fixent les mandats des Institutions électives de la République et déterminant de facto les périodes électorales de ces Institutions, le Projet de Code électoral présenté au Conseil des Ministres déclare dans son exposé des motifs que l’ordre des élections soit inversé par rapport à ce qu’avait prévu la Constitution. Au terme de cette proposition du Président de la République du Burundi et son parti politique le CNDD-FDD, les prochaines élections au Burundi devraient commencer par les élections présidentielles, quitte à ce que les autres scrutins suivent après.

2. Le projet de loi en son article 55 réintroduit l’usage des bulletins de vote multiples alors que tous les acteurs politiques, la société civile ainsi que la communauté internationale ont clairement recommandé l’usage d’un bulletin de vote unique pour mettre fin à l’usage du terrorisme ou de la force sur les électeurs qui a été constaté au cours des élections de 2005.

3. L’article 3 du même texte propose que les missions, la composition, le mandat, l’organisation et le fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante soient déterminés par un décret présidentiel alors que la table ronde et tous les autres partenaires politiques susvisés avaient recommandé que cette importante Commission soit gérée par une loi pour éviter qu’elle soit à la merci des pressions diverses du Gouvernement , des partis politiques et divers candidats parties prenantes aux élections.

4. Le même projet de code électoral introduit une majoration de 500% de la caution des candidats présidents de la République. Celle-ci passe de trois millions à quinze millions de francs burundais. Cette majoration qui n’a jamais été évoquée nulle part au cours de ces nombreuses consultations, cache mal une démarche d’exclusion pour les candidats potentiels compte tenu de l’Etat délétère de l’économie nationale et de l’amenuisement des revenus des contribuables n’ayant pas puisé impunément des caisses de l’Etat.

Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Les Partis politiques signataires de la présente constatent qu’à travers ce comportement du Président de la République et son Parti politique le CNDD-FDD se manifeste une volonté ferme de négation d’un « Burundi dirigé par le dialogue » pourtant initié par le Chef de l’Etat lui-même et les Nations Unies à travers le projet « Cadre de dialogue », pour se maintenir dans le diktat et la force. Les membres du Gouvernement qui ont essayé d’appeler le Président de la République à consulter ses partenaires n’ont eu droit qu’à un refus humiliant. Face à cela, ils n’avaient d’autre choix que la sortie de ce Conseil des Ministres qui a consacré ce projet de Code électoral qui ne prend en compte que les seules volontés du Président de la République et son parti le CNDD-FDD.

Par ces faits Il sied de constater donc que le Président et le Parti au pouvoir fort du silence complice et de l’inaction de la Communauté internationale face aux violations de la loi et aux différents crimes de violation grave des droits de l’homme vont user des mêmes méthodes de diktat et de forcing pour le faire passer au parlement.

Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Les partis politiques ainsi que la société civile burundais ont été amenés à plusieurs reprises à vous faire part de leurs observations sur les dérives autoritaires des décideurs burundais. Ceci a été le cas notamment lors des graves violations répétitives des droits de l’homme dans notre pays, la formation du Gouvernement en violation flagrante de la Constitution, la radiation par force de 22 députés sur des bases tout à fait illégales, ainsi que bien d’autres graves faits qui ont été toujours portés à votre connaissance notamment des attaques aux grenades des parlementaires alors que vous aviez été alerté bien avant dans la lettre du 12/02/2007 dont l’objet était la demande de protection des Députés et des autres personnalités menacées d’assassinat.

Dans ce contexte, la Communauté Internationale cordonnée principalement par les Nations Unies a accompagné sans relâche la recherche des solutions durables au conflit burundais à travers le consensus, et investi des ressources énormes dans la restauration de la paix et de la démocratie dans notre pays. Dans le même ordre d’idée, elle a tenu à soutenir la consolidation de la paix, le renforcement de la démocratie chèrement acquise et le fonctionnement des Institutions qui sont l’expression de cette légitimité retrouvée.

Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Ayant investi énormément dans le processus de paix au Burundi ainsi que dans le processus de consolidation de la Paix et de la démocratie, des élections apaisées, libres, équitables et transparentes devraient être un couronnement heureux pour toute la Communauté nationale et internationale pour tous les efforts consentis.

C’est pour toutes ces nombreuses raisons que nous nous adressons une fois de plus à Votre haute autorité pour que, en collaboration avec toute la communauté nationale et internationale, vous puissiez faire intervenir en urgence vos mécanismes de prévention et d’appui auprès des autorités burundaises et ses partenaires, afin que tous acceptent le retour au respect du dialogue, du consensus, et rejettent définitivement l’usage de la force, du diktat dans la gestion de la vie politique et sociale du Burundi en général et du processus électoral en particulier.

A travers cette lettre, nous voudrions insister encore une fois auprès de Vous pour que le mandat du BINUB soit renforcé de manière qu’il puisse s’impliquer dans la préparation, l’observation et la sécurisation des prochaines élections au Burundi prévues en 2010. Sinon, le risque est grand qu’il n’y ait pas d’élections libres et apaisées au Burundi en 2010. Nous voudrions vous demander également d’alerter l’Initiative Régionale pour la Paix au Burundi et les garants de l’Accord d’Arusha d’organiser un sommet en urgence pour évaluer la situation politique et institutionnelle en l’occurrence la préparation des prochaines élections.

A travers ce message, nous voudrions aussi insister une fois de plus auprès de la Communauté Internationale représentée à travers l’Union Européenne, l’Initiative de la Sous-Région pour le Burundi, tous les pays ayant des représentations diplomatiques au Burundi, de joindre leurs efforts en vue d’encourager les Partenaires burundais dans la voie du dialogue sous l’égide des Nations Unies en vue de mettre un terme au silence et à la complaisance qui les caractérisent.

Nous invitons les bailleurs de fonds à poursuivre les contacts avec le Burundi, afin d’arriver rapidement à des compromis qui permettront de financer un processus électoral légitimé par tous les partenaires politiques.

Malgré les nombreuses dérives du pouvoir en place dont nous sommes souvent victimes, nous restons disposés et disponibles pour participer de façon constructive au dialogue que nous réclamons en vue de conjurer le retour de la dictature, sauver la démocratie dans notre pays et ramener définitivement le Burundi sur la voie de la paix et de la réconciliation, de la paix et de la sécurité, de la stabilité politique et la relance du développement économique et du bien être social.

Ne doutant point que Vous allez nous prêter une oreille attentive et que notre demande sera exaucée, nous Vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l’assurance de notre très haute considération.

Les Partis politiques signataires

Copie Pour Information à :

- Son Excellence Monsieur le Représentant
du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi
- Son Excellence Monsieur le Représentant
du Président de la Commission de l’U.A au Burundi
- Monseigneur le Nonce Apostolique au Burundi
- Madame l’Ambassadeur des USA au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de la République
Populaire de Chine au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de France au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de Belgique au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur d’Allemagne au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de la Grande
Bretagne au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de Suisse au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de la République
Unie de Tanzanie au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de la République
Sud Africaine au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur d’Egypte au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur de la République
du Rwanda au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur du Kenya au Burundi
- Monsieur l’Ambassadeur des Pays Bas au Burundi
- Monsieur le Chef de Délégation de la Commission
de l’Union Européenne au Burundi
- Haut Commissariat des Nations Unies pour
les Droits de l’Homme
- Amnistie International
- Human Right Watch
- International Crisis Group
- Initiatives et Changement International

Les Partis signataires

1. SAHWANYA-FRODEBU : Frédéric BAMVUGINYUMVIRA, vice président

2. CNDD : Léonard NYANGOMA, président

3. MSD : Odette NTAHIRAJA, secrétaire général

4. UPRONA : Aloys RUBUKA, président

5. FNL : Jean Bosco HAVYARIMANA, porte parole

6. PPDRR-ABAVANDIMWE : Aloys BARICAKO, président

7. PARENA : Claver BUTOYI, secrétaire national permanent

8. ADR : Alice NZOMUKUNDA, présidente

9. PML ABANYAMWETE

10. RADEBU : hon.Jean de Dieu MUTABAZI, président

11. FROLINA-ABANYAMURYANGO : Adrien NDAYIRAGIJE, secrétaire général

12. MRC-RURENZANGEMERO, Prof Juvénal NGORWANUBUSA, porte parole

13. ANADDE : Antoine BUTOYI, président

Point de presse du Secrétaire général du gouvernement

Nous publions cette déclaration faite le 15 juillet par le Secrétaire Général du Gouvernement, Philippe NZOBONARIBA, juste pour que nos lecteurs puissent prendre connaissance des arguments avancés par le gouvernement du Burundi en ce qui concerne l’ordre des prochaines élections. Cela ne reflète pas du tout notre position.

Point de presse du Secrétaire général du gouvernement

1. En date du 9 juillet 2009, le Conseil des Ministres a analysé le projet de loi portant révision du Code Electoral présenté par le Ministre de l’Intérieur.

2. Des protestations ont été entendues de la part de certains partis politiques notamment le Parti SAHWANYA- FRODEBU dont les Ministres se sont successivement retirés de la séance du Conseil lors de l’analyse du texte sans toutefois avertir.

3. L’orientation qui a guidé le Gouvernement pour adopter le projet de texte proposé par le Ministre de l’Intérieur a été principalement le souci de ne pas toucher les aspects ayant des implications sur les dispositions de la Constitution, car le risque serait d’ouvrir un trop long débat susceptible de paralyser le processus électoral.

4. Pour ce qui est des principaux points objet de contestations à savoir la chronologie des élections, le Gouvernement n’a fait que respecter scrupuleusement le prescrit de la Constitution en vigueur particulièrement dans ses articles :

Article 88 : Les élections sont organisées de manière impartiale aux niveaux national, des communes et des collines ainsi qu’à d’autres niveaux fixés par la loi. .

Article 91 : la Commission est chargée des missions suivantes :

alinéa a) organiser les élections au niveau national, au niveau des communes et à celui des collines… »

L’ordre proposé par le projet de code électoral n’est donc pas une nouveauté de la part du Gouvernement

Article 102 : « L’élection du Président de la République a lieu au scrutin

alinéa 1 et 2 uninominal à deux tours.

Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour, il est procédé, dans un délai de 15 jours à un second tour…. ».

Article 103 : Le mandat du Président de la République débute le jour de sa prestation de serment et prend fin à l’entrée en fonction de son successeur.

L’élection du Président de la république a lieu un mois au moins et deux mois au plus avant l’expiration du mandat du Président de la République.

Article 104 : Si le Président de la République en exercice se porte candidat, le Parlement ne peut être dissout.

Le Président de la république ne peut, en outre, à partir de l’annonce officielle de sa candidature jusqu’à l’élection, exercer son pouvoir de légiférer par décret-loi découlant de l’article 195 de la présente constitution.

En cas de nécessité, le Parlement est convoqué en session extraordinaire.

5. En ce qui concerne les institutions issues des élections de 2005, le Code électoral précise clairement leur mandat :

Article 111 pour le Conseil Communal

Article 130 pour le député

Article 162 pour le Sénateur

Le mandat des Députés et des Sénateurs commence à courir le jour de la proclamation officielle des résultats par la Cour Constitutionnelle et prend fin à l’expiration d’une période de cinq ans.

Ladite Cours a proclamé par ses Arrêts n° RCCB 136 et 148 du 9Aôut 2005 les résultats des législatives et donc leur mandat commence le 9 août 2005 et se termine en août 2010.

Le mandat des Conseils Communaux quant à lui commencé le 8 juillet 2005 doit se terminer le 8 juillet 2010 toujours de sources de la Cour Constitutionnelle..

Ainsi donc conformément à l’article 103, le Président de la République doit être élu entre le 26 juin et le 26 juillet 2010. Il s’agit donc d’une contrainte constitutionnelle et non une initiative d’un quelconque politicien.

Il est donc clair que, non seulement nous sommes contraints par la Constitution de commencer par les Présidentielles (surtout avec la possibilité d’un deuxième tour de scrutin, comme le stipule l’article 102 de la Constitution), mais également que rien n’ oblige le Gouvernement à emprunter une procédure inverse.

6 En ce qui concerne la convocation des élections, il s’agit d’une prérogative exclusive du Chef de l’Etat. Personne d’autres n’est autorisé en vertu de l’article 11 du Code électoral en vigueur.

7. S’agissant de la carte d’électeur, le Gouvernement a estimé qu’à cause du taux d’analphabétisme important dans notre pays, de l’absence de modèle de carte unique ainsi que le temps matériel que cela pourrait prendre aux électeurs et la confusion que cela pourrait semer, il est nécessaire de garder le système auquel les burundais se sont habitués.

8. Pour ce qui est enfin des consultations qui auraient eu lieu et dont les conclusions ou recommandations n’auraient pas été tenues en considération par le nouveau projet, il y a lieu de rappeler que l’article 192 de la Constitution indique que l’initiative des lois appartient concurremment au Président de la République, au Gouvernement, à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Les conclusions des partis politiques n’engagent pas le Gouvernement bien qu’il peut en tenir compte pour autant que cela ne perturbe pas l’ordre constitutionnel.

Tout ce que les partis politiques peuvent faire c’est de faire prévaloir leurs points de vue à l’Assemblée Nationale et au Sénat qui ne sont pas du tout liés par le projet présenté par le Gouvernement en vertu de l’article 194 alinéa 2 de la Constitution.

Je vous remercie .

Bujumbura le 15 juillet 2009

Le Secrétaire Général et

Porte-parole du Gouvernement

Discours Intégral de Barack OBAMA à Accra, le 11 juillet 2009

 

@rib News, 13/07/2009 – Source Maison-Blanche

DISCOURS DU PRÉSIDENT AU PARLEMENT GHANÉEN

Palais international des congrès – Accra (Ghana)

Le président : (Son d’une trompette.) Ça me plaît ! Merci, merci. Je pense que notre Congrès a besoin d’une de ces trompettes. J’aime bien le son, cela me rappelle Louis Armstrong.

Bon après-midi à tous. C’est un grand honneur pour moi d’être à Accra et de parler aux représentants du peuple ghanéen. Je suis très reconnaissant de l’accueil que j’ai reçu, tout comme le sont Michelle, Malia et Sasha Obama. L’histoire ghanéenne est riche, les liens entre nos deux pays sont forts, et je suis fier que ce soit ma première visite en Afrique subsaharienne en qualité de président des États-Unis d’Amérique.

Je voudrais remercier la présidente et tous les membres de la Chambre des représentants de nous accueillir aujourd’hui. Je voudrais remercier le président Mills pour ses qualités extraordinaires de direction. Aux anciens présidents – Jerry Rawlings, l’ancien président Kufuor – au vice-président, au président de la Cour suprême, je vous remercie tous pour votre hospitalité extraordinaire et pour les merveilleuses institutions que vous avez bâties au Ghana.

Je vous parle à la fin d’un long voyage. Je l’ai commencé en Russie par une réunion au sommet entre deux grandes puissances. Je me suis rendu en Italie pour la réunion des grandes puissances économiques du monde. Et me voici, enfin, au Ghana, pour une simple raison : le XXIe siècle sera influencé par ce qui se passera non seulement à Rome ou à Moscou ou à Washington, mais aussi à Accra.

C’est la simple vérité d’une époque où nos connexions font disparaître les frontières entre les peuples. Votre prospérité peut accroître la prospérité des États-Unis. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la santé et à la sécurité du monde. Et la force de votre démocratie peut contribuer à la progression des droits de l’homme pour tous les peuples.

Je ne considère donc pas les pays et les peuples d’Afrique comme un monde à part ; je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté, comme un partenaire des États-Unis en faveur de l’avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit se fonder sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel : c’est ce dont je tiens à vous parler aujourd’hui.

Nous devons partir du principe qu’il revient aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique.

Je dis cela en étant pleinement conscient du passé tragique qui hante parfois cette partie du monde. Après tout, j’ai du sang africain dans les veines, et l’histoire de ma famille englobe aussi bien les tragédies que les triomphes de l’histoire de l’Afrique dans son ensemble.

Certains d’entre vous savent que mon grand-père était cuisinier chez des Britanniques au Kénya, et bien qu’il fût un ancien respecté dans son village, ses employeurs l’ont appelé « boy » pendant la plus grande partie de sa vie. Il était à la périphérie des luttes en 2

faveur de la libération du Kénya, mais il a quand même été incarcéré brièvement pendant la période de répression. Durant sa vie, le colonialisme n’était pas simplement la création de frontières artificielles ou de termes de l’échange inéquitables ; c’était quelque chose que l’on éprouvait dans sa vie personnelle jour après jour, année après année.

Mon père a grandi dans un tout petit village où il gardait des chèvres, à une distance impossible des universités américaines où il irait faire des études. Il est devenu adulte à un moment de promesse extraordinaire pour l’Afrique. Les luttes de la génération de son propre père ont donné naissance à de nouveaux États, en commençant ici au Ghana. Les Africains s’éduquaient et s’affirmaient d’une nouvelle façon. L’histoire était en marche.

Toutefois, malgré les progrès obtenus – et il y a eu des progrès considérables dans certaines parties de l’Afrique – nous savons aussi que cette promesse est encore loin de se réaliser. Des pays tels que le Kénya, dont le revenu par habitant était supérieur à celui de la Corée du Sud lorsque je suis né, ont été fortement distancés. Les maladies et les conflits ont ravagé plusieurs régions du continent africain.

Dans de nombreux pays, l’espoir de la génération de mon père a cédé la place au cynisme, voire au désespoir. Certes, il est facile de pointer du doigt et de rejeter la responsabilité de ces problèmes sur d’autres. Il est vrai qu’une carte coloniale qui n’avait guère de sens a contribué à susciter des conflits, et l’Occident a souvent traité avec l’Afrique avec condescendance, à la quête de ressources plutôt qu’en partenaire. Cependant, l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie zimbabwéenne au cours des dix dernières années, ni des guerres où des enfants sont enrôlés comme soldats. Durant la vie de mon père, ce sont en partie le tribalisme et le népotisme dans un Kénya indépendant qui, pendant longtemps, ont fait dérailler sa carrière, et nous savons que cette forme de corruption est toujours un fait quotidien de la vie d’un trop grand nombre de personnes.

Or, nous savons que ce n’est pas là toute l’histoire. Ici au Ghana, vous nous montrez un aspect de l’Afrique qui est trop souvent négligé par un monde qui ne voit que les tragédies ou la nécessité d’une aide charitable. Le peuple ghanéen a travaillé dur pour consolider la démocratie, au moyen de passages pacifiques répétés du pouvoir, même à la suite d’élections très serrées. Et à cet égard, je voudrais dire que la minorité mérite tout autant de louanges que la majorité. Grâce à une meilleure gouvernance et au rôle de la société civile naissante, l’économie ghanéenne a enregistré un taux de croissance impressionnant.

Ce progrès ne possède sans doute pas l’aspect dramatique des luttes de libération du XXe siècle, mais que personne ne s’y trompe : il sera, en fin de compte, plus significatif. Car de même qu’il est important de se soustraire au contrôle d’une autre nation, il est encore plus important de se forger sa propre nation.

C’est pourquoi je suis convaincu que la période actuelle est tout aussi prometteuse pour le Ghana et pour l’Afrique que celle pendant laquelle mon père est devenu adulte et que de nouveaux États sont apparus. C’est une nouvelle période de grande promesse. Seulement cette fois-ci, nous avons appris que ce ne seront pas de grandes personnalités telles que Nkrumah et Kenyatta qui décideront du destin de l’Afrique. Ce sera vous, les hommes et les femmes du Parlement ghanéen et le peuple que vous représentez. Ce seront les jeunes, débordant de talent, d’énergie et d’espoir, qui pourront revendiquer l’avenir que tant de personnes des générations précédentes n’ont jamais réalisé.

Maintenant, pour réaliser cette promesse, nous devons tout d’abord reconnaître une vérité fondamentale à laquelle vous avez donné vie au Ghana, à savoir que le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C’est le changement qui peut 3

déverrouiller les potentialités de l’Afrique. Enfin, c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter.

Quant aux États-Unis et au reste de l’Occident, notre engagement ne doit pas se mesurer uniquement à l’aune des dollars que nous dépensons. Je me suis engagé à augmenter fortement notre aide à l’étranger, ce qui correspond à l’intérêt de l’Afrique et à celui des États-Unis. Toutefois, le véritable signe de réussite n’est pas de savoir si nous sommes une source d’aide perpétuelle qui aide les gens à survivre tant bien que mal, mais si nous sommes des partenaires dans la création des capacités nécessaires pour un changement transformateur.

Cette responsabilité mutuelle doit être le fondement de notre partenariat. Aujourd’hui, je parlerai tout particulièrement de quatre domaines qui sont essentiels pour l’avenir de l’Afrique et de tous les pays en développement : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits.

Premièrement, nous devons soutenir les démocraties puissantes et durables.

Comme je l’ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas.

Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections – il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse.

En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès – des parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu’une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens.

Les Ghanéens ont, à maintes reprises, préféré le droit constitutionnel à l’autocratie, et ont fait preuve d’un esprit démocratique qui permet à leur énergie de se manifester. Nous le voyons dans les dirigeants qui acceptent la défaite gracieusement – le fait que les concurrents du président Mills se tenaient là à ses côtés lorsque je suis descendu de l’avion en dit long sur le Ghana – et dans les vainqueurs qui résistent aux appels à l’exercice de leur pouvoir contre l’opposition de manière injuste. Nous voyons cet esprit se manifester dans les journalistes courageux comme Anas Aremeyaw Anas, qui a risqué sa vie pour relater la vérité. Nous le voyons dans des policiers comme Patience Quaye, qui a contribué à faire traduire en justice le premier trafiquant d’êtres humains au Ghana. Nous le voyons dans les jeunes qui s’élèvent contre le népotisme et qui participent à la vie politique.

Dans toute l’Afrique, nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en main et qui opèrent des changements à partir de la base. Nous l’avons vu au 4

Kénya, où la société civile et le secteur privé se sont unis pour aider à stopper la violence postélectorale. Nous l’avons vu en Afrique du Sud, où plus des trois quarts des citoyens ont voté dans la dernière élection, la quatrième depuis la fin de l’apartheid. Nous l’avons vu au Zimbabwé, où le Réseau de soutien au vote a bravé la brutale répression pour faire valoir le principe selon lequel le droit de vote d’un citoyen est sacré.

Alors ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions.

L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l’Amérique, en revanche, ce sera d’accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition peuvent s’exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l’égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l’expertise comptable, l’automatisation des services, le renforcement des lignes d’appel d’urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

Et cette aide, nous la fournissons. J’ai demandé à mon gouvernement d’accorder davantage d’attention à la corruption dans notre rapport sur les droits de l’homme. Tous les gens devraient avoir le droit de démarrer une entreprise ou d’obtenir une éducation sans avoir à verser de pots-de-vin. Nous avons le devoir de soutenir ceux qui agissent de façon responsable et d’isoler ceux qui ne le font pas, et c’est exactement ce que fera l’Amérique.

Cela nous conduit directement à notre deuxième domaine de coopération – le soutien à un développement qui offre des débouchés aux gens.

Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que l’Afrique tiendra sa promesse de créer une plus vaste base pour la prospérité. Témoin en est le succès extraordinaire d’Africains dans mon propre pays d’Amérique. Ils se portent très bien. Ils ont donc le talent et ils possèdent l’esprit d’entreprise – la question est de savoir comment s’assurer qu’ils réussissent ici dans leur pays d’origine. Ce continent est riche en ressources naturelles. Et que ce soient des chefs d’entreprises spécialisées dans la téléphonie portable ou des petits agriculteurs, les Africains ont montré leur capacité et leur volonté de créer leurs propres possibilités. Mais il faut également rompre avec de vieilles habitudes. La dépendance vis-à-vis des matières premières – ou d’un seul produit d’exportation – a tendance à concentrer la richesse au sein d’une minorité, laissant la majorité vulnérable à la récession.

Au Ghana, par exemple, le pétrole crée de magnifiques possibilités, et vous vous êtes préparés à ces nouveaux revenus de façon responsable. Mais comme le savent de nombreux Ghanéens, le pétrole ne peut pas simplement remplacer le cacao. De la Corée du Sud à Singapour, l’histoire montre que les pays réussissent lorsqu’ils investissent dans la société et dans leur infrastructure ; lorsqu’ils multiplient les industries d’exportation, se dotent d’une main-d’oeuvre qualifiée et font de la place aux petites et moyennes entreprises créatrices d’emplois.

Alors que les Africains se rapprochent de cette promesse, l’Amérique va leur tendre la main de façon plus responsable. En réduisant les sommes qui vont aux consultants occidentaux et au gouvernement, nous voulons mettre plus de ressources entre les 5

mains de ceux qui en ont besoin, tout en apprenant aux gens à faire plus pour eux-mêmes. C’est pourquoi notre initiative de 3,5 milliards de dollars en faveur de la sécurité alimentaire est axée sur de nouvelles méthodes et technologies agricoles, et non pas sur la simple expédition de biens et services américains vers l’Afrique. L’aide n’est pas une fin en soi. L’objectif de l’aide à l’étranger doit être de créer les conditions dans lesquelles elle ne sera plus nécessaire. Non seulement je veux voir les Ghanéens autosuffisants sur le plan alimentaire, je veux vous voir exporter des produits alimentaires à d’autres pays et gagner de l’argent. Cela, vous le pouvez.

Certes, l’Amérique peut faire plus pour promouvoir le commerce et les investissements. Les pays riches doivent réellement ouvrir leurs portes aux biens et services de l’Afrique d’une manière significative. Ce sera d’ailleurs un des engagements de mon gouvernement. Et là où il y a une bonne gouvernance, nous pouvons étendre la prospérité par le truchement de partenariats entre les secteurs public et privé qui investiront dans l’amélioration des routes et des réseaux électriques ; de programmes de formation qui apprendront aux gens comment développer leur entreprise ; et de services financiers non seulement pour les villes mais pour les régions pauvres et les zones rurales. Cela aussi dans notre propre intérêt – parce que si les gens se sortent de la pauvreté et que de la richesse se crée en Afrique, il s’ensuit que de nouveaux marchés s’ouvriront pour nos propres produits. Tout le monde y gagne.

Un secteur qui représente à la fois un danger indéniable et une promesse extraordinaire est celui de l’énergie. L’Afrique émet moins de gaz à effet de serre que toute autre région du monde, mais elle est la plus menacée par le changement climatique. Une planète qui se réchauffe propagera les maladies, réduira les ressources en eau, épuisera les récoltes, et créera les conditions favorables à plus de famine et plus de conflits. Nous avons tous – en particulier le monde développé – le devoir de ralentir ces tendances, en réduisant les effets du changement climatique et en changeant la façon dont nous utilisons l’énergie. Mais nous pouvons également coopérer avec les Africains pour transformer cette crise en occasion de progrès.

Ensemble, nous pouvons coopérer en faveur de notre planète et de la prospérité, et aider les pays à accroître leur accès à l’énergie tout en sautant, en contournant les phases les plus polluantes du développement. Pensez-y : dans l’ensemble de l’Afrique, il existe de l’énergie éolienne et solaire en abondance, ainsi que de l’énergie géothermique et des biocarburants. De la vallée du Rift aux déserts de l’Afrique du Nord ; de la côte de l’Afrique de l’Ouest aux récoltes de l’Afrique du Sud – les dons inépuisables que procure la nature à l’Afrique peuvent lui permettre de créer sa propre énergie et d’exporter de l’énergie propre et rentable à l’étranger.

Il ne s’agit pas seulement de chiffres de croissance sur un bilan comptable. Il s’agit de savoir si un jeune doté d’une éducation peut trouver un emploi qui lui permettra de nourrir sa famille ; si un agriculteur peut amener ses produits au marché ; ou si un homme d’affaires armé d’une bonne idée peut démarrer une entreprise. Il s’agit de la dignité du travail. Il s’agit d’une chance que doivent pouvoir saisir les Africains au XXIe siècle.

De même que la gouvernance est une condition essentielle du progrès économique, elle revêt également une importance cruciale dans le troisième domaine que je voudrais à présent aborder, l’amélioration de la santé publique.

Ces dernières années, des progrès énormes ont été accomplis dans certaines parties de l’Afrique. Les gens sont beaucoup plus nombreux à vivre avec le VIH/sida de manière productive et à obtenir les médicaments qu’il leur faut. Je viens de visiter une merveilleuse clinique, un hôpital spécialisé dans la santé maternelle. Mais trop d’Africains périssent toujours de maladies qui ne devraient pas les tuer. Lorsque des enfants 6

meurent d’une piqûre de moustique et que des mères succombent lors d’un accouchement, nous savons qu’il reste des progrès à faire.

Or du fait des incitations, souvent fournies par les pays donateurs, beaucoup de médecins et d’infirmiers africains s’en vont à l’étranger, ou travaillent à des programmes qui luttent contre une maladie unique. Cette situation crée des lacunes en matière de soins primaires et de prévention de base. Par ailleurs, il appartient à tout un chacun de faire sa part. Il faut faire des choix responsables de nature à prévenir la propagation de la maladie et à promouvoir la santé publique dans la collectivité et dans le pays.

Ainsi, d’un bout à l’autre de l’Afrique, nous voyons des exemples de gens qui s’attaquent à ces problèmes. Au Nigéria, des chrétiens et des musulmans ont mis en place un programme interconfessionnel de lutte contre le paludisme qui est un modèle de coopération. Ici au Ghana et dans toute l’Afrique, nous observons des idées novatrices visant à combler les lacunes du système de santé, par exemple des initiatives d’échanges d’informations médicales par Internet qui permettent à des médecins exerçant dans de grandes villes d’aider ceux des petites agglomérations.

Les États-Unis appuieront ces efforts dans le cadre d’une stratégie de santé exhaustive et mondiale. Car au XXIe siècle, nous sommes appelés à agir selon notre conscience mais aussi dans notre intérêt commun. Lorsqu’un enfant meurt à Accra d’une maladie évitable, cela nous diminue partout. Lorsque dans un coin quelconque du monde on néglige de s’attaquer à une maladie, nous savons qu’elle peut se propager à travers les océans et d’un continent à l’autre.

C’est pourquoi mon gouvernement s’est engagé à consacrer 63 milliards de dollars à relever ces défis – 63 milliards de dollars. En nous fondant sur les solides efforts du président Bush, nous poursuivrons la lutte contre le VIH/sida. Nous ne cesserons de chercher à enrayer la mortalité due au paludisme et à la tuberculose et nous travaillerons à éradiquer la polio. Il ne s’agit d’ailleurs pas de s’attaquer aux maladies isolément : nous investirons dans des systèmes de santé publique à même de prévenir la maladie et de promouvoir le bien-être, en mettant l’accent sur la santé maternelle et infantile.

En même temps que nous unissons nos efforts en faveur d’une meilleure santé, nous devons également stopper la destruction causée non pas par la maladie, mais par les êtres humains. C’est pourquoi le dernier domaine que je vais aborder se rapporte aux conflits.

Soyons bien clairs : l’Afrique ne correspond pas à la caricature grossière d’un continent perpétuellement en guerre. Mais si l’on est honnête, pour beaucoup trop d’Africains, le conflit fait partie de la vie ; il est aussi constant que le soleil. On se bat pour des territoires et on se bat pour des ressources. Et il est toujours trop facile à des individus sans conscience d’entraîner des communautés entières dans des guerres entre religions et entre tribus.

Tous ces conflits pèsent sur l’Afrique comme un véritable boulet. Nous sommes tous répartis selon nos identités diverses, de tribu et d’ethnie, de religion et de nationalité. Mais se définir par son opposition à une personne d’une autre tribu, ou qui vénère un prophète différent, cela n’a aucune place au XXIe siècle. La diversité de l’Afrique devrait être source de force et non facteur de division. Nous sommes tous enfants de Dieu. Nous partageons tous des aspirations communes : vivre dans la paix et dans la sécurité ; avoir accès à l’éducation et à la possibilité de réussir ; aimer notre famille, notre communauté et notre foi. Voilà notre humanité commune.

C’est la raison pour laquelle nous devons nous élever contre l’inhumanité parmi nous. Il n’est jamais justifiable – jamais justifiable – de cibler des innocents au nom d’une 7

idéologie. C’est un arrêt de mort, pour toute société, que de forcer des enfants à tuer dans une guerre. C’est une marque suprême de criminalité et de lâcheté que de condamner des femmes à l’ignominie continuelle et systémique du viol. Nous devons rendre témoignage de la valeur de chaque enfant au Darfour et de la dignité de chaque femme au Congo. Aucune religion, aucune culture ne doit excuser les atrocités qui leur sont infligées. Nous devons tous rechercher la paix et la sécurité nécessaires au progrès.

On voit d’ailleurs des Africains se mobiliser pour cet avenir. Ici aussi, au Ghana, nous vous voyons contribuer à montrer la voie. Soyez fiers, Ghanéens, de vos contributions au maintien de la paix au Congo, au Libéria ou encore au Liban, ainsi que de votre résistance au fléau du trafic de stupéfiants. Nous nous félicitons des mesures que prennent des organisations telles que l’Union africaine et la CEDEAO en vue de mieux régler les conflits, de maintenir la paix et de soutenir ceux qui sont dans le besoin. Et nous encourageons la vision d’un cadre sécuritaire régional puissant, capable de mobiliser une force efficace et transnationale lorsque cela s’avère nécessaire.

Il incombe aux États-Unis de travailler avec vous en tant que partenaire à promouvoir cette vision, non seulement par des paroles mais aussi par des appuis qui renforcent les capacités de l’Afrique. Lorsqu’il y a génocide au Darfour ou des terroristes en Somalie, ce ne sont pas simplement des problèmes africains : ce sont des défis mondiaux à la sécurité, exigeant une riposte mondiale.

C’est pourquoi nous sommes prêts à agir en partenariat, tant par la diplomatie que par l’assistance technique et l’appui logistique, et que nous soutiendrons les efforts visant à contraindre les criminels de guerre à rendre des comptes. En outre, je tiens à le dire clairement : notre Commandement pour l’Afrique ne vise pas à prendre pied sur le continent, mais à relever ces défis communs afin de renforcer la sécurité des États-Unis, de l’Afrique et du reste du monde.

À Moscou, j’ai parlé de la nécessité d’un système international où les droits universels des êtres humains soient respectés et où les violations de ces droits soient combattues. Ceci doit inclure un engagement à soutenir ceux qui règlent les conflits pacifiquement, à sanctionner et à arrêter ceux qui ne le font pas, et à aider ceux qui ont souffert. Mais en fin de compte, ce seront des démocraties dynamiques telles que le Botswana et le Ghana qui diminueront les causes de conflit et élargiront les frontières de la paix et de la prospérité.

Comme je l’ai déjà dit, l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains. Les peuples d’Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir. Dans mon pays, les Afro-Américains – dont un grand nombre d’immigrés récents – réussissent dans tous les secteurs de la société. Cela, nous l’avons accompli en dépit d’un passé difficile et nous avons puisé notre force dans notre héritage africain. Avec de puissantes institutions et une ferme volonté, je sais que les Africains peuvent réaliser leurs rêves à Nairobi et à Lagos, à Kigali et à Kinshasa, à Harare et ici-même à Accra.

Vous savez, il y a cinquante-deux ans, les yeux du monde étaient rivés sur le Ghana. Et un jeune prédicateur du nom de Martin Luther King est venu ici, à Accra, pour voir amener les couleurs de l’Union Jack et hisser le drapeau du Ghana. Cet événement précédait la Marche sur Washington et l’aboutissement du mouvement des droits civiques dans mon pays. On a demandé à Martin Luther King quel sentiment lui avait inspiré la vue de la naissance d’une nation, et il a répondu : « Cela renforce ma conviction que la justice finit toujours par triompher. »

Aujourd’hui, ce triomphe doit être, une fois de plus, renouvelé, et c’est vous qui le devrez le faire. Ici, je m’adresse particulièrement aux jeunes, à travers toute l’Afrique et ici-8

même au Ghana. Dans des endroits comme le Ghana, vous représentez plus de la moitié de la population.

Et voici ce que vous devez savoir : le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez conquérir la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout cela. Oui, vous le pouvez. Car en ce moment précis, l’histoire est en marche.

Mais ces choses ne pourront se faire que si vous saisissez la responsabilité de votre avenir. Ce ne sera pas facile. Cela exigera du temps et des efforts. Il y aura des souffrances et des revers. Mais je puis vous promettre ceci : l’Amérique vous accompagnera tout le long du chemin, en tant que partenaire ; en tant qu’amie. Cependant, le progrès ne viendra de nulle part ailleurs, il doit découler des décisions que vous prendrez, des actions que vous engagerez et de l’espoir que vous porterez dans votre coeur.

Ghana, la liberté est votre héritage. À présent, c’est à vous que revient la responsabilité de bâtir sur cette fondation de liberté. Si vous le faites, nous pourrons, bien des années plus tard, nous remémorer des lieux comme Accra et nous dire que c’est à ce moment-là que la promesse s’est réalisée, que la prospérité s’est forgée, que la douleur a été surmontée et qu’une nouvelle ère de progrès a débuté. Ce moment peut être celui où nous verrons, une fois de plus, triompher la justice. Oui, nous le pouvons. Merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse.

Je vous remercie.

Source La Maison-Blanche

Bureau du secrétaire de presse

Le 11 juillet 2009

DECLARATION DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT DU BURUNDI ISSUS DU PARTI SAHWANYA – FRODEBU

Source: frodebu.be

Ce jeudi 09 juillet 2009, un projet de code électoral a été présenté dans le Conseil des Ministres pour analyse. A l’issu de la lecture du dit projet de code, nous, soussignés, Membres du Gouvernement du Burundi issus du Parti Sahwanya-FRODEBU, avons constaté de graves distorsions dans son contenu, notamment :

1. Alors que l’exposé des motifs prétend que les orientations qui ont été données par les Partis politiques et la société civile dans les différents cadres de concertation et de dialogue ont permis de confectionner ce projet, nous constatons que plusieurs parties importantes de ce projet s’en écartent totalement.
2. Le projet de code électoral déclare que l’ordre des élections a été inversé par rapport à l’année 2005, alors que ce point sensible n’a jamais fait objet d’orientation commune entre les différents partenaires. Par ailleurs plusieurs participants à ces cadres avaient formellement rappelé que la succession des élections a été arrêtée par les mandats en cours conformément au prescrit de la Constitution et du code électoral.
3. De plus, le projet de code électoral tente sournoisement de céder au Président de la République les pouvoirs impartis à la CENI de fixer le calendrier électoral. Ceci est bien visible dans l’article 11 du Projet de code où il est prévu un décret présidentiel qui préciserait la chronologie des séquences des scrutins.
4. Le projet de code électoral semble indiquer que le premier scrutin sera celui du Président de la République, alors que cela est contradictoire aux articles 96 et 103 de la Constitution qui précisent le mandat et les délais impartis pour l’élection du Président de la République.
5. Le projet de code introduit aussi une majoration extrême de la caution des candidats Président de la République qui n’a jamais fait objet de débat au sein des différents cadres de concertation qui se sont souvent réunis sur ce thème de processus électoral.
6. Le projet de code électoral veut consacrer l’usage des bulletins de vote multiples, alors que plusieurs partenaires au cours des concertations organisées à ce sujet avaient opté pour le bulletin unique.
7. Enfin, le projet de code électoral contient plusieurs modifications importantes qui n’ont jamais été évoquées ni dans ces différents cadres de concertation et de dialogue, ni dans l’exposé des motifs, et ce d’une façon sournoise, comme pour cacher le contenu, rendant ainsi le projet de code illisible.

Au cours de la réunion du Conseil des Ministres, nous avons attiré l’attention de l’autorité compétente en l’occurrence Son Excellence Monsieur le Président de la République sur ces faits graves pour lui demander de renvoyer le dossier dans les cadres de concertation politiques pour une meilleure entente, afin d’éviter une autre grave crise politique qui se profile à l’horizon.

Remarquant avec grand regret que notre appel n’a pas été entendu, nous avons décidé unanimement de ne pas participer aux délibérations de ce dit projet de code électoral aussi longtemps qu’il ne sera pas le fruit d’une entente harmonieuse entre les partenaires politiques concernés.

Nous réitérons notre demande à Son Excellence Monsieur le Président de la République de privilégier le dialogue et la concertation pour résoudre ce grave conflit tel que cela avait été fait pour la mise en place de la CENI.

Fait à Bujumbura le

Les membres du Gouvernement du Burundi issus du Parti Sahwanya- FRODEBU

1. BIGIRIMANA Euphrasie

2. KANYENKIKO Anatole

3. NDUWAYO Rose

4. BAKEVYUMUSAYA Vénérand

5. NDERAGAKURA Ferdinand

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