Archive pour août, 2009

Réaction de la famille de Charles KARORERO aux propos de MPOZAGARA

Source : Iwacu-Burundi, 26/8/2009

Réaction de la famille de Charles KARORERO aux propos de MPOZAGARA  csd69Mpozagara

Le chat qui se fait moine n’oublie pas ses habitudes, le cas Mpozagara !

Voici quelques éléments qui permettent d’appréhender l’atmosphère qui régnait au Burundi lors de la pure invention de complot de la part du pouvoir Micombero pour pouvoir exécuter officiers, sous-officiers, hommes de troupes, politiciens et intellectuels Hutu après une parodie judiciaire à huit clos sous la supervision de Sieur Mpozagara.

En 1964, le Burundi formait une base arrière de la guerre contre le Congo-Kinshasa, dirigée par les Mulelistes et encadrée par le commandant Tatu alias Che Guevarra à la tête d’un contingent cubain. On remarquait également la présence chinoise elle aussi appuyée par le Burundi. Le gouvernement Nyamoya leur assurait un service logistique important : charroi, renseignement, logement, etc.

Le roi Mwambutsa subissait alors les pressions des alliés du Congo qui lui enjoignirent de supprimer toute aide à la rébellion congolaise. Le roi obtempéra révoqua le gouvernement Nyamoya et rappela Pierre Ngendandumwe comme Premier Ministre. Celui-ci fut immédiatement assassiné en janvier 1965. Sa mort depuis lors provoqua dans le pays une tension considérable et une déchirure entre les Bahutu et les Batutsi qu’on n’a pas encore, à ce jour, réussie à colmater.

Pour apaiser la colère du peuple le roi dissolva l’assemblée nationale et décréta les élections législatives pour juin-juillet 1965. Remarquons en passant que pendant cette période d’incertitude et de peur, le roi vivait tranquillement en Suisse. Il rentrera après les élections mais sera incapable de tirer les conclusions des urnes. Celles-ci venaient d’envoyer au parlement une majorité des Bauhutu complétée par les Baganwa, les Batutsi essuyant un échec retentissant.

Malgré tout, le souverain nomma Premier Ministre son cousin et homme de confiance qui n’était même pas député. Ce fût la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Les militaires attaquèrent le palais royal et la résidence. Le colonel Verwayen, commandant de l’armée nationale, rétablit l’ordre tandis que le roi quittait le Burundi en abandonnant définitivement le pays pendant cette période critique de son histoire. C’est alors que les aventuriers : Micombero, Simbananiye (2), Shibura et André Muhirwa s’emparèrent du pouvoir et commencèrent une répression sanglante contre les Bahutu.

Toute une élite fut décimée en quelques jours sans au moins un simulacre de jugement. Busangana fut alors la réponse des Bahutu à ces tueries contrairement à ce qu’affirme Mpozagara à savoir que Busangana est un acte gratuit des Bahutu contre les Batutsi.

Lorsqu’en 1966, cette clique proclame la république, une majorité des Bahutu et des Batutsi, militaires et civils, s’inquiéta et redouta le retour des pogromes de 1965. C’est ainsi que les Batutsi et les Bahutu le font savoir par les tracts qui inondèrent la capitale. Certains leaders sont arrêtés (Bahutu comme Batutsi). Ils mourront des suites des tortures ordonnées par Mpozagara alors procureur. On peut nommer entre autres le Muhutu Bankanuriye dont on cassa la colonne vertébrale et qui fut ministre de Rwagasore. Il y a aussi Jean-Baptiste Kayabu député qui mourra également en prison suite aux tortures. Il y a en d’autres. Mais les royalistes ne désarment pas, ils font sauter les munitions de l’armée…. Ainsi Mpozagara se fait la main en préparant le coup de 1969 avec Micombero et consort qui devait emporter des dizaines d’innocents.

Au lendemain du coup d’Etat militaire du capitaine Michel MICOMBERO, furent supprimés : le pluralisme politique en vigueur depuis l’indépendance, le sénat, le parlement et tous les partis d’opposition. Tous les Burundais furent forcés d’intégrer le parti au pouvoir UPRONA, ainsi que ses mouvements intégrés. (J.R.R., U.F.B., U.T.B.) et adoptèrent un profil bas : « Hagupfa wozanzama » (mieux vaut survivre que trépasser) telle semblait être la nouvelle devise des Barundi. Par contre, une propagande effrénée à travers les médias nationaux et internationaux rendait les Hutu responsables des événements d’octobre 1965. On alla jusqu’à les qualifier du terme infamant « d’abamenja » (régicides). Ce terrorisme intellectuel savamment entretenu par MICOMBERO et ses acolytes dont Mpozagara et Simbananiye porta ses fruits : les Hutu avaient tellement peur qu’ils en arrivèrent à éviter de se parler en public, vu le système de terrorisme psychologique installé depuis le coup d’Etat de novembre 1966

Ce n’est qu’en 1968 que Micombero commença à dévoiler quelques coins de son plan, et lors de son discours du ler juillet 1968, il expliqua sa tactique en disant que quand on a un fagot à briser, il vaut mieux s’y prendre arbrisseau par arbrisseau (kuvuna rumwe rumwe), sinon on se complique la vie,…. (Mpozagara plaide avec brio pour la politique menée à cette époque dans son ouvrage publié en 1971 intitulé « La République du Burundi » dans l’encyclopédie politique et constitutionnelle, série Afrique, de l’Institut International d’Administration Publique.

Ainsi dit, ainsi fait, puisqu’un an plus tard, il procédait aux arrestations massives et à l’exécution d’un grand nombre de Hutu en vue à l’époque, non sans avoir hypocritement dénoncé « le tribalisme » (alors que le régime Micombero avait érigé l’exclusion ethnique en mode de gouvernement), lors de son discours inaugurant les cérémonies du 2ème anniversaire de la République, le 28 novembre 1968. Quelques mois avant le retour au pays des trois officiers Karolero, Katariho et Bazayuwundi, une rumeur circulait au Burundi, et surtout à Bujumbura, faisant croire que ces trois militaires avaient regagné le Rwanda et préparaient une attaque armée contre le Burundi.

Micombero dépêcha un émissaire en la personne de Ntungumburanye Jérôme, chef de la sûreté de l’État. Il devait vérifier paraît-il, le fondement de cette rumeur. A notre connaissance, l’émissaire ne s’est pas d’abord rendu au Rwanda, où les trois officiers étaient censés se trouver, pour faire sa vérification, mais il s’est rendu à Bruxelles, où il a rencontré ses collègues officiers dans un café près de la Place Dailly à Bruxelles C’était au printemps 1968. Il s’en retourna ensuite pour rendre compte de sa mission.

Curieusement, la rumeur qui persistait n’a pas été démentie suite aux constatations de l’émissaire.

Manifestement, ceux qui ont lancé une telle rumeur cherchaient à motiver toute action à l’encontre des trois officiers. Alors que les autres militaires batutsi qui avaient suivi la même formation, ne faisaient l’objet d’aucune accusation, les trois militaires bahutu étaient quant à eux, comploteurs avant d’avoir achevé même leurs études… « 

La mission de M.Ntungumburanye n’a pas dissipé la suspicion que le pouvoir Micombero faisait peser sur les trois officiers car ce n’était pas le but du jeu. L’accueil qui leur fut réservé à leur retour au Burundi était pour le moins curieux.

Comme les trois militaires et leurs familles n’avaient rien à se reprocher, ils ont le plus simplement du monde regagné leur pays, le 6 août 1968, à la fin de leur formation.

Dès la descente de l’avion ils sont pris « en charge » par des officiers de l’armée burundaise, Mr Rwuri en tête, bien connu pour son extrémisme ; avec des Jeeps dans lesquels ils furent embarqués jusqu’à l’hôtel Paguidas à Bujumbura où ils avaient loué un studio pour chaque famille. Comme si leurs familles n’étaient pas capables de les recevoir chez elles ! D’habitude, tous les officiers qui rentrent au pays ne sont pas accueillis de la sorte. Cela fut réservé à eux seulement. Pourquoi ? En réalité, ils étaient cernés et surveillés dès l’instant où ils ont mis les pieds à Bujumbura et durant le séjour à l’hôtel.

Ils y sont restés environs dix jours, le temps des formalités administratives suivies des nominations : Karolero à Bujumbura, Katariho à Bururi et Bazayuwundi à Ngozi. Au bout de six mois, Katariho fut transféré à Bujumbura. Dès le 18 septembre 1969, Michel MICOMBERO fit procéder à leur arrestation ainsi que des civils et religieux Hutu. Les prisonniers furent soumis à de pires tortures dans le but de leur faire avouer :
- qu’ils voulaient renverser le président Micombero ;
- que le commandant Karolero était à la tête du complot ;
- qu’ils étaient aidés par des puissances étrangères anti-communistes etc. Les moyens de torture appliqués aux détenus furent multiples et variés, relevant de l’imagination diabolique la plus prodigieuse. Les témoins affirment qu’à côté de cela les nazis n’avaient aucune imagination !

Ces tortures ont été brutales et cruelles au point que plusieurs détenus en ont succombé. La plus illustre de ces victimes est le docteur Cyprien Henehene, ancien ministre de la santé : Lorsqu’ils sont arrêtés les accusés d’atteinte à la sûreté de l’état, officiers comme civils, écopent d’un jugement en vase clos où les jeux sont faits d’avance exactement comme les procès staliniens où on voit les accusés faire des aveux, accuser leurs propres compagnons. Lorsque les accusés de 1969 sont arrêtés, Mpozagara ne mentionne pas qui les a dénoncés. Nous savons par contre que  » l’interrogatoire » est rondement mené, elle est musclée puisque Mpoazagara a l’habitude. Le soir Mpozagara se trouve chez Micombero entouré de son ami Ntungumburanye alors chef de la sûreté et le ministre de la justice pour confectionner le questionnaire du lendemain. Il en sera ainsi jusqu’à la fin de l’instruction. Le verdict est donc prononcé au cours de ces soirées bachiques. On le donnera au tribunal pour le prononcer la plupart des fois les juges en ignorent jusqu’à la dernière minute le contenu. Sur 80 personnes interpellées, 25 furent condamnées à mort dont 19 militaires et 6 civils.

Mais aussitôt le verdict rendu, la rapidité avec laquelle les condamnations furent exécutées a surpris plus d’un observateur. Les exécutions capitales eurent lieu aussitôt après l’arrêt de la cour martiale. Micombero voulait mettre les protestataires devant un fait accompli et ainsi leur couper l’herbe sous les pieds. En effet, des démarches et pressions extérieures s’exerçaient en faveur des malheureuses victimes. Mais comme le témoigne madame feu capitaine Bazayuwundi « ni la lettre du Pape Paul VI, demandant le recours en grâce à Micombero, ni les nombreuses lettres et interventions venant de Bruxelles, notamment des professeurs de l’Ecole royale militaire, n’ont eu aucun écho auprès du sanguinaire Micombero et de son équipe d’extrémiste assoiffés du pouvoir par le sang  » Simbananiye et Mpozagara.

De manière tout à fait officielle, plusieurs pays étrangers dont la Belgique et les Etats-Unis adressèrent au Burundi des lettres de protestation, mais en vain. L’ambassadeur de Belgique à Bujumbura, le général Henniquiau, fut déclaré personna non grata par le Burundi, puis expulsé.

Parmi tout ce que Mpozagara raconte lorsque son ami Ntungumburanye et les autres sont arrêtés en 1971, il a effectivement interdit la torture qui était monnaie courante auparavant. Mais là il se protégeait car les purges frappaient alors l’élite d’Ijenda dont il faisait partie.

Non Monsieur Mpozagara, il est regrettable de voir qu’au moment où le Burundi est sur la voie de la réconciliation au lieu d’apporter la lumière qui a tant fait défaut dans la gouvernance du passé, vous continuez à persévérer dans la manipulation et l’occultation de la vérité.

Peut-il en être autrement ? Non car le chat qui se fait moine n’oublie pas ses habitudes.

Famille KAROLERO.

Bruxelles , 25 août 2009

Gabriel Mpozagara : « Ma part de vérité »

par Antoine KABURAHE

Source : iwacu-burundi.org, 17/8/2009

 

« Avant de tourner une page, il faut d’abord la lire »

Mgr Desmond Tutu, prix Nobel de la paix

Gabriel Mpozagara : « Ma part de vérité »  Mpozagara_et_Kaburahe
Gabriel MPOZAGARA interviewé par Antoine KABURAHE

Conseiller principal du Président de la République, il est Coordinateur adjoint du bureau d’études stratégiques et du développement. Gabriel Mpozagara a derrière lui une longue carrière, d’abord au Burundi où il a exercé des fonctions diverses : Professeur de Droit, Magistrat, Procureur général de la République, Ministre de la Justice, Ministre de l’Economie et des Finances…

Il a également une carrière internationale très riche : à l’UNESCO comme Conseiller juridique de l’Organisation, plus précisément Directeur de la Division des affaires juridiques et ensuite Directeur chargé de la Coopération entre l’UNESCO et les pays dits moins avancés. Mais Gabriel Mpozagara est surtout connu au Burundi comme Procureur général de la République dans les années 69-71.

En 1969, il a instruit le procès des officiers hutu qui ont tenté de renverser le pouvoir. La plupart ont été condamnés à mort. La nomination de celui que certains sites internet qualifient de « procureur de la mort » comme Conseiller principal du président Nkurunziza a provoqué la colère dans certains milieux hutu. Gabriel Mpozagara s’explique aussi sur une autre terrible accusation : en janvier 1999, Fédérico Mayor, Directeur Général de l’Unesco, avait levé l’immunité diplomatique de M. Gabriel Mpozagara à la demande du Parquet de Nanterre. Le Haut fonctionnaire de l’Unesco et son épouse étaient accusés par Yvette et Chantal, des nièces de Madame Mpozagara, âgées de 14 et 20 ans, de les avoir maintenues pendant trois ans dans une situation d’esclavage à leur domicile. C’est sur tout ce passé que Gabriel Mpozagara s’explique.

Monsieur Mpozagara, parlons d’abord de ces accusations sur votre rôle dans les années troubles en 1969, 1971…Vous étiez Procureur général de la République. Il semblerait que vous avez fait condamner à mort des personnalités de l’élite hutu. Un site internet vous a même appelé « le procureur de la mort » Qu’est-ce que vous dites de ça ?

Vous faites allusion effectivement à des accusations sans fondement qui sont colportées dans différents médias, surtout sur Internet, au sujet du rôle que j’aurais joué notamment en 1969 et en 1972. Des époques tragiques dans notre pays. Premièrement, en 1969 lors de l’affaire dite « Nicodème Katariho et autres », il s’agissait d’une atteinte à la sûreté de l’Etat. A cette époque-là, en 1969, j’étais effectivement Procureur général de la République.

Pour la jeune génération pourriez-vous résumer un peu cette affaire, les faits ?

Voici les faits, très brièvement. En 1969, des officiers hutu ont tenté un coup d’Etat. Un des leaders, c’était le Capitaine Katariho Nicodème, et un autre officier du nom de Charles Karorero, et d’autres qui avaient pensé qu’ils pouvaient accéder au pouvoir par la méthode violente, par coup d’Etat. Ils avaient organisé plusieurs réunions, les unes à Bujumbura, les autres en provinces. Ils avaient acheté des armes qui ont été saisies, notamment des machettes. Ils avaient réuni des sommes d’argent qui devaient en particulier servir aussi à l’achat des armes.

Vous êtes formel sur la réalité de tous ces faits.

Des faits absolument palpables. Il y a eu des preuves, il y a eu des réunions et pas seulement des actes préparatoires, mais ce qu’on appelle dans le jargon pénal « Un commencement d’exécution ». A partir du moment où vous ne vous contentez pas de faire des réunions mais que vous achetez des armes, que vous réunissez des sommes d’argent pour pouvoir acheter des armes, bien plus que des dates sont déjà fixées pour perpétrer le complot et l’exécuter, à ce moment-là vous vous trouvez en présence d’un fait caractérisé d’infraction et non pas un acte préparatoire ou de projet. Mais un commencement d’exécution. Et j’insiste sur ce fait.

Et ces gens ont été condamnés à mort…

Avant de répondre à cette question, il convient de bien préciser le rôle du Parquet dans la Justice pénale. La Justice pénale est une construction à trois étages. Le premier étage est constitué par la Police et le Parquet. Leur rôle est de réunir des preuves. Le parquet décide des poursuites, et requiert les peines ou l’application de la loi pénale. Les cours et tribunaux forment le deuxième étage. Leur mission consiste à juger .Ils peuvent prononcer l’acquittement ou la condamnation. Le troisième étage est constitué par le Chef de l’Etat qui a le pouvoir de commuer les peines en accordant la grâce ou la réduction des peines. Il faut donc bien comprendre que le rôle du Parquet n’est ni de prononcer des jugements ni de prendre des mesures de réduction de peines. Le Parquet a donc une mission bien précise qui n’est ni celui de juger ni celui de réduire des peines. Revenons à cette affaire de 1969. Il y a eu des condamnations spécialement des militaires et des civils. Il y a eu aussi acquittement de civils ; des ministres ont été graciés. Alors, je voudrais dire tout de suite qu’à cette époque-là c’était le système du parti unique et que j’ai joué malgré tout le rôle d’un magistrat honnête et indépendant. Honnête, c’est-à-dire que j’ai été guidé par le souci de la recherche de la vérité. Indépendant, dans la mesure où je n’ai reçu aucun ordre ni exécuté aucun ordre du Pouvoir pour instruire le dossier dans un sens ou un autre.

Est-ce que le procès a été équitable ?

J’ai pu réunir des preuves. Il y eu également des aveux circonstanciés des prévenus, aussi bien devant le magistrat instructeur que devant la Cour.

Franchement, vous pensez que les lecteurs vont croire que la justice a été indépendante, surtout en cette période ?

Devant la Cour, les prévenus ont absolument reconnu les accusations et confirmé leurs aveux. Ils s’accusaient mutuellement au cours du procès et j’ajouterai que c’était en audience publique. Donc, en tant que Magistrat du Parquet, j’ai fait exactement ce qu’un Magistrat honnête cherche. C’est-à-dire : rechercher la vérité, réunir des preuves. Mais il ne faudrait pas qu’on fasse jouer au Procureur général de la République le rôle qui n’était pas le sien. Ce n’est pas lui qui condamne, il requiert des peines.

Revenons sur ces aveux. Ils pouvaient avoir été arrachés sous la torture ?

J’ai formellement interdit aux officiers de la police judiciaire, aux substituts du Procureur qui participaient à l’enquête de recourir aux méthodes brutales et à la torture. Nous étions, comme je viens de vous le dire, dans un régime de parti unique. Ce n’était pas populaire de prendre une telle mesure. Je me suis heurté à des oppositions de la part des magistrats, des substituts et certains peuvent le confirmer aujourd’hui . Ils ne comprenaient pas qu’on ne puisse pas recourir à la torture pour obtenir des aveux. Moi j’ai formellement interdit cette pratique. J’ai au surplus tenu à ce que ces prévenus aient un Avocat. Ils ont eu droit à un Avocat en la personne de Maître Vander Planken qui était un des Avocats qui avaient pris la défense de la partie civile dans l’Affaire du Prince Louis Rwagasore. C’était un homme d’une grande expérience et de grand renom. A partir du moment où j’avais réuni des preuves permettant la manifestation de la vérité, en toute indépendance et dans le respect des droits de la défense, je pouvais considérer que je m’étais acquitté de mon devoir. Ma conscience était tranquille.

Pourtant l’on sait la torture était hélas assez courante à cette époque…

J’ai pris des risques. J’ai même reçu des menaces de mort au motif que j’avais interdit le recours à la torture. Il a fallu que je bénéficie d’une protection de la police dans l’exercice de mes fonctions.

Un Procureur Général de la République tutsi, des conjurés hutu, des officiers… Dans le climat qui régnait à l’époque on peut penser à une purge, cela se dit même.

Ce sont des accusations qui ont été formulées. Mais je puis vous affirmer que dans ma carrière, je n’ai jamais eu des conflits avec des personnes sur base ethnique. J’ai eu la chance d’avoir une formation et même une éducation familiale qui m’ont permis d’être absolument au dessus de ces conflits ethniques.

Admettons que personnellement vous n’étiez pas ethniste. Mais le Burundi de 1969, le système Micombero était-il vraiment équitable envers les Hutu ?

Je pense qu’il y a eu une évolution. Il faut placer tout cela dans un contexte évolutif car les choses n’ont jamais été figées. Vous savez jusqu’en 1965, la peur n’était pas un levier politique puissant utilisé par la classe politique ! Jusqu’en 1965, les Hutu n’avaient pas peur des Tutsi et les Tutsi n’avaient pas peur des Hutu. Je crois que c’est un point très important.

Selon vous le basculement s’est produit à quel moment ?

Des stratèges, des hommes politiques ont pensé qu’il fallait faire jouer la carte ethnique pour se maintenir au pouvoir ou pour conquérir le pouvoir. Et il est évident que leur allié, leur outil, leur instrument étaient la peur et la haine. Susciter des peurs et les haines entre les deux communautés a été utilisé à un moment donné par la classe politique. Et bien je peux vous dire que jusqu’en 1965, à mon avis il n’y avait pas encore des peurs ni des haines interethniques au sein de la population. Je crois que les relations étaient saines. Ainsi, jusqu’en 1965, même l’armée était à très forte majorité hutu. Cela est vérifiable. Au niveau par exemple de l’organe politique suprême, le Conseil de la Couronne, et bien c’était totalement équilibré. Au sein des ministères, c’était également équilibré. Donc, à cette époque -là, il n’y avait pas vraiment de conscience ethnique conflictuelle comme il y en aura plus tard.

Qui sont responsables alors du basculement ?

Des hommes politiques qui ont essayé d’exploiter le ressort ethnique comme moyen de se maintenir ou de conquérir le pouvoir.

Voulez-vous être plus précis ?

En 1965 quelques Hutu manipulés par des hommes politiques sont allés massacrer des Tutsi à Busangana (Muramvya). Pourtant, des élections venaient d’avoir lieu dans des conditions tout à fait équilibrées. Le Parlement était à majorité hutu. Et les gens ne comprenaient pas ce qui se passait. Pourquoi des populations civiles tutsi innocentes avaient été massacrées. Pour moi il n’y avait pas de fatalité dans ces affaires. C’était un problème politique. Ceux qui étaient derrière voulaient provoquer et lancer une machine infernale.

Mais si l’armée était à majorité hutu comme vous le dites, pourquoi est-ce que le coup d’Etat ourdi par des officiers hutu n’a pas marché ?

C’est une très bonne question. Et bien, vous savez qu’en 1965, lorsque le Capitaine Micombero est allé mâter le coup d’Etat contre le Roi Mwambutsa, et bien il commandait une armée à majorité hutu ! Lui était Tutsi et ses soldats le savaient. Pourquoi ? Parce qu’à ce moment-là il n’y avait pas une conscience ethnique exacerbée. En 1965, lorsque le Capitaine Micombero va mâter le coup d’Etat qui voulait renverser la Monarchie, et bien il était à la tête d’une armée à forte majorité hutu. Mais les événements de Busangana vont laisser des traces, des ressentiments et instiller la peur au sein de la minorité tutsi. Ce sera le début de la mise en marche de la machine infernale : provocation, action, répression, aggravation des tensions interethniques.

Est-ce que le pouvoir n’en a pas profité justement pour purger ?

A mon avis en 1969, certainement pas. Je ne le crois pas. En 1969, les personnes qui ont été condamnées étaient les personnes vraiment impliquées.

Selon vous donc, pour 1969, les officiers hutus qui ont tenté un coup d’Etat ont été régulièrement jugés.

Ils ont été régulièrement jugés. Il y a eu des preuves, il y a eu des armes saisies, de l’argent en devises ; des aveux circonstanciés, confirmés devant la Cour en audience publique. N’oublions pas non plus que peu avant, une mèche avait été allumée pour faire sauter un abri à munitions des Forces armées au camp Muha. L’auteur fut identifié. Il y avait même les médias qui couvraient le procès, notamment des médias étrangers. Je crois que le procès a été régulier.

Comme Procureur général de la république à cette époque vous assumez.

Comme Procureur général de cette époque, j’ai absolument ma conscience tranquille. Je vous le répète : J’ai agi comme aurait agi un Procureur, un Magistrat qui veut connaître la vérité, qui n’est pas sous influence et qui respecte les droits de la défense. J’ai joué le rôle que tout magistrat honnête, professionnel et respectueux des droits de l’homme aurait joué ».

En 1971, lors de l’affaire dite Ntungumburanye vous êtes toujours Procureur Général de la République.

Oui. A ce moment-là, j’ai carrément organisé une réunion de la magistrature et j’ai de nouveau formellement interdit la torture. J’ai été révoqué pour cela ! C’était le 18 septembre 1971, ce qui a fait qu’en fin de compte on a immédiatement nommé un autre procureur, mon ami Nduwayo Léonard [NDLR : Décédé en 2007]. C’est lui qui va continuer l’instruction de l’affaire Ntungumburanye.

Propos recueillis pa rAntoine Kaburahe

Capt_Charles_KARORERO Capt_Mathias_BAZAYUWUNDI Capt_Nicodeme_KATARIHO

LA SOCIETE CIVILE, LES INSTRUITS ET LES PROGRAMMES DES CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE DE 2010 AU BURUNDI.

Par Salvator NAHIMANA

Source : Burundi News, 21/8/2009

Les échanges sur les différents sujets concernant le Burundi sont intéressants à plus d’un titre. Ne dit-on pas que du choc des idées jaillit la lumière !

A écouter parler les uns, le problème ethnique au Burundi n’en serait pas un. Pour d’autres, c’est un problème qui doit être réglé avant toute vision future sereine de ce pays.

A mon humble avis, la conscience d’appartenir à une ethnie au Burundi s’est forgée petit à petit et a atteint son point culminant en 1972. Je pense qu’aujourd’hui, la majorité des instruits Barundi ont baigné là-dedans. Or, ce sont ces derniers qui sont appelés à diriger le Burundi d’aujourd’hui et de demain. De plus, la constitution qui régit le Burundi actuel a officialisé ces ethnies.

Si les Barundi instruits n’arrivent pas à régler le contentieux de sang entre les Bahutu et les Batutsi, le Burundi peut encore attendre son véritable développement. Ce contentieux ne pourra se régler que quand les commanditaires des différentes tragédies seront désignés nommément et sanctionnés conformément à la loi. Ainsi, se tarira la globalisation à la burundaise et la naissance de la conscience de responsabilité individuelle aura une base sûre. Car il est honteux et scandaleux d’entendre dire que les Bahutu et les Batutsi ont tué ! Ce sont CERTAINS Bahutu et CERTAINS Batutsi qui ont tué.

Comment se fait-il que tout le monde avance les yeux fermés dans cet amalgame ? Est-il normal que les enfants Barundi qui sont nés et grandis en Tanzanie, au Gabon, ou ailleurs et dont certains ne connaissent même pas le pays de leurs parents continuent à porter ces accusations sur leurs épaules ?

Certes, cette vision globalisante arrange certains mais n’est en aucun cas dans l’intérêt de la majorité des Bahutu et des Batutsi. Ces dernières années nous le prouvent.

C’est seulement après le règlement de ce contentieux que les dirigeants Bahutu et/ou Batutsi seront jugés pour leurs actes et non pour leur ethnie. A ce moment-là, la constitution actuelle sera dépassée et son amendement ne causera aucun souci à qui que ce soit. D’ailleurs, certains partis commencent à mettre en cause cette constitution alors que les raisons qui ont fait qu’elle soit ainsi sont toujours latentes.

Les instruits Barundi devraient comprendre que mettre la charrue devant les bœufs est improductif. Réglons ce contentieux d’abord et les choses seront plus claires.

Le jour où l’impunité ne sera plus de mise, le jour où le citoyen se sentira protégé dans ses biens, il s’épanouira et l’investisseur étranger viendra volontiers travailler avec lui.

Tant que certaines décisions administratives seront perçues comme ethniques dans le subconscient de la majorité des Barundi, tant qu’on continuera à faire vibrer la corde ethnique aux moments clé de la vie nationale (élections,…), c’est qu’il y a encore un contentieux mal géré. Une question importante non réglée finit par ressurgir tôt ou tard.

De ce fait, la société civile et les instruits doivent parler d’une seule voix et exiger des candidats à la présidentielle de 2010 un engagement ferme pour liquider ce contentieux. Ne voit-on pas aujourd’hui en Occident les sociétés civiles et les organisations non gouvernementales exiger de leurs candidats un engagement écrit sur leurs politiques de sauvegarde de l’environnement ?

Les Barundi sont assez mûrs pour évaluer les différents programmes puis voter pour celles et ceux qui s’engagent à les conduire vers un avenir prometteur.

En attendant ces engagements, ces Barundi doivent par exemple exiger une évaluation indépendante de l’exécution de l’accord d’Arusha. Cette évaluation dégagera la responsabilité des futurs candidats ou de leur parti politique dans les blocages ou les progrès de l’exécution du contenu de l’accord. Après cette évaluation, les Barundi seraient mieux informés pour leurs choix futurs.

De même, les Barundi doivent défendre leur souveraineté. En effet, toute personne d’origine burundaise n’a pas nécessairement la nationalité burundaise. La loi n°1/013 du 18 juillet 2000 portant réforme du code de la nationalité précise en son article 22 que « Toute personne ayant possédé la nationalité burundaise à titre originaire et l’ayant perdu pour avoir acquis une nationalité étrangère, peut redevenir burundaise à condition d’en faire la demande et garder sa seconde nationalité. Le chapitre V de la même loi précise les modalités du recouvrement de la nationalité burundaise. Le chapitre indique à l’article 38 que : « Peut recouvrer la nationalité burundaise par simple déclaration toute personne ayant possédé à titre originaire et l’ayant perdue, par application de l’ancien code de la nationalité, en raison de l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ». Ce recouvrement résulte d’une déclaration souscrite devant le ministre de la justice (art.39). Le recouvrement de la nationalité burundaise donne lieu au paiement d’un droit dont le montant est fixé par ordonnance conjointe du ministre des Finances et du ministre de la justice sauf pour les indigents (art.40).

Or, il semblerait que cette ordonnance n’existerait pas, ce qui rend cette loi inapplicable pour un certain nombre de personnes. L’ordonnance en question devrait préciser les modalités pratiques à mettre en place par les représentations diplomatiques du Burundi à l’étranger pour que les Tanzaniens, Gabonais, Français, Belges, Américains, Canadiens, … d’origine burundaise régis encore par l’ancien code de la nationalité puissent se conformer à la loi n°1/013 du 18 juillet 2000 s’ils le désirent.

Comment peut-on alors expliquer aujourd’hui qu’il y ait des personnes régies par l’ancien code de la nationalité qui ont des fonctions de souveraineté nationale en l’absence de cette ordonnance ?

Le non respect de la loi est, entre autre, l’un des éléments qui ont conduit le Burundi dans la situation actuelle. Il serait urgent que les membres de l’exécutif habilités à signer l’ordonnance en question le fassent avant les élections de 2010.

La CENI pourrait l’exiger pour l’actualisation des listes des électeurs ! Si rien n’est fait, une autre division naîtra et le principe de souveraineté nationale pourra être posé quand on se rendra compte que le Burundi est conduit par des personnes qui ne possèdent pas la nationalité de ce pays.

Il vaut mieux avancer lentement mais sûrement que de brûler des étapes dont les conséquences nous feront reculer une fois de plus. Nous ne pouvons pas construire notre démocratie sur du sable mouvant.

Même si les problèmes semblent être complexes, un bon leadership permettrait de les résoudre un à un et le progrès, qui lui-même n’est jamais figé mais toujours en perpétuel mouvement sera visible pour la majorité des Barundi.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire et toutes les occasions sont bonnes à saisir.

Burundi: ENTRE ELECTIONS ET COMPLOTS, IL FAUT CHOISIR

Source: www.frodebu.be

Le mandant du Président P. NKURUNZIZA court jusque 2010. Il a été caractérisé par des complots. Tout citoyen et surtout celui que certains politiciens arrogants qualifient d’analphabètes juste à l’approche des élections ne peut que faire ce constat.

1. Près de six mois après son élection en 2005, le Président P. Nkurunziza dénonce un complot contre lui. De Mwakiro, il affirma détenir des preuves irréfutables, des noms et le nombre des auteurs. Une stupeur indescriptible s’empara de la population qui venait pourtant de l’élire afin de goûter à la paix à peine retrouvée.

Dans un premier temps, le service de renseignement de l’armée démentit les propos du Président. Le peuple retint son souffle. Mais, sans pouvoir le prouver, le peuple a retenu que cette annonce du Président ne pouvait émaner que de sa seule source d’information: la Documentation ou la police politique présidentielle.

Dans un second temps, le procès des « conjurés de Mwakiro », dans une justice pourtant réputée inféodée au régime CNDD-FDD, a contredit aussi le Président. Via les médias, le peuple a bien suivi ce procès qui lui a permis de fonder que le dénonciateur du complot était le comploteur (cfr vrai faux complot dans les médias).

Le Président ne se remettra jamais de ce camouflet lui infligé par sa propre justice. Car, entretemps, le mal était déjà fait: des personnalités innocentes dont l’ancien Président de la République NDAYIZEYE et son ancien Vice-Président ont été arrêtées, torturées, humiliées par cette police politique et jetées en prison. Des leaders des partis politiques dont le Président du CNDD l’échapperont bel mais néanmoins poussés à un nouvel exil. Des journalistes subiront le même sort. Des élus du peuple à tous échelons se sont réveillés placés sur écoute comme de simples criminels voire, avec des grenades dans leurs enclos. Des populations sans défense ont été massacrées à Muyinga, à Kinama, Karuzi etc… sans que le Président lève le petit doigt pour dénoncer cela. Comme explication, le parti CNDD-FDD avait chaque fois un bouc émissaire: le mouvement palipehutu-fnl.

En réaction le Président eut l’ingénieuse idée de semer la zizanie d’abord au sein de son propre parti, ensuite au sein des autres formations politiques et même au sein dudit mouvement rebelle. Les conséquences néfastes sont innombrables: adieu le programme de paix et de la réconciliation nationale (rejet des Accords d’Arusha et violations systématiques de la Constitution par le CNDD-FDD), atteintes graves aux libertés fondamentales (cfr ordonnance Kamana), paralysie des institutions élues comme le Parlement et l’administration communale, prolifération de petits partis politiques dont l’agréation devait répondre à la volonté du CNDD-FDD qu’ils seront ses satellites le moment venu.
2. Près de six mois avant les élections de 2010 et à peine leur préparation commencée (cfr nomination de la CENI), le même service de renseignement murmure à l’oreille du Président que lui et son parti seraient sévèrement battus si les élections libres et démocratiques ont lieu en 2010. Ce constat va confirmer la dérive autoritaire du CNDD-FDD. En réaction à cette banalité, plutôt que se tourner vers son parti pour tenter de redresser la barre, le Président du conseil des sages du parti et Président de la République retomba dans ses travers de complots. Des leaders de partis politiques et de la société civile, des journalistes sont ciblés comme étant la cause principale de cet éventuel échec du CNDD-FDD et de sa descente aux enfers. La sentence est sans appel: ils doivent être éliminés physiquement alors que le parlement vient de voter la Loi abolissant la peine de mort
Jusqu’a preuve du contraire, l’assassinat du Vice-Président de l’OLUCOME, Ernest MANIRUMVA est à épingler dans l’absurdité de cette sentence. Etrangement, son assassinat ressemble à celui du Premier Ministre Mr. P. NGANDANDUMWE en 1965.

3. Pour annoncer les suites de ce rapport d’enquêtes et sa sentence, le Président ne veut plus s’exposer comme en 2005. Il confia la manœuvre au Secrétariat Général de son parti qu’il a installé après le congrès de Kayanza et sa cellule de communication s’exprimant dans le médium du parti sous le pseudonyme’ d’Anonymous.
Cette cellule rivalisa d’ingéniosité dans l’art de masquer ce rapport d’enquête et la sentence y afférant, de désinformer, de semer la zizanie en lançant des attaques contre des cibles ethniques (cfr survit Banguka wanted) puis contre des leaders politiques et de la société civile par une technique de communication avilissante, animalisant, haineuse et censée inaccessible à la compréhension du commun des mortels. Anonymous plongea ainsi son lecteur dans le cauchemar de la période du parti unique et de ses mouvements inféodés: la J.R.R. des années 65 et les Sans -Echecs des années 95.

Dans un premier temps et sous des titres ronronnant, Anonymous commença par déshabiller le Président de la République lui-même: « Et si on décortiquait le Discours du Président ».

Dans le second, Anonymous se mit à crier haro sur ses victimes. Quel citoyen aurait-il pu s’imagier que sous le titre « Votre mise au point sur votre opinion à propos des élections de 2005″, il allait lire: « On aura sûrement le temps d’épingler cet ancien Chef d’Etat le moment venu… » Le verbe « épingler » signifie ici tendre un piège pour capturer et éliminer physiquement un animal. « Votre mise au point  » réfère rapport d’enquête et à la sentence dont Anonymous a été mise au parfum. Epinglons encore: « les membres dissidents de l’aile du parti Sahwanya-Frodebu et du FNL »;  » de faux opposants et leurs satellites », des « électeurs minorisés » (il n’y a pas encore eu d’élections mais le CNDD-FDD est déjà mécontent des ses satellites); « des groupes de saboteurs » (cfr son palais de Gitega); « des vieux ayant une vision du tout ou rien » (bonjour à la pensée unique chère au parti unique); « tomber dans le panneau des ennemis des deux partis politiques »…

Le terme « ennemi » signifie umumenja en kirundi (ennemis=abamenja). Ce terme est apparu en politique pour désigner les présumés assassins de L. Rwagasore avant leur exécution par pendaison au stade de Gitega. Comme par hasard, ce terme est réapparu dans le communiqué du CNDD-FDD sanctionnant son congrès de Bururi tout juste avant les arrestations des « conjurés de Mwakiro » en 2006.

4. Persuadé que personne ne pigeait ses circonlocutions, Anonymous ira même jusqu’à se prendre pour dirigeants du Parti Sahwanya-Frodebu en niant d’abord l’élection à l’interne de l’Honorable D. NDAYIZEYE à la candidature de son Parti aux Présidentielles de 2010. Que signifie « Essayons de voir clair dans le tourbillon à la tête du Parti Sahwanya-Frodebu » sinon un délit de dédoublements de la personnalité agissant sous la fausse identité d’Anonymous pour porter des atteintes graves à la personne de l’Hon. D. NDAYIZEYE et à la personnalité juridique du Parti Sahwanya-Frodebu.

Il a suffi à l’Hon. D. Ndayizeye et au Parti Sahwanya – Frodebu de se saisir de tous ces délits d’initiés d’Anonymous pour fonder la dénonciation du second complot dont ils sont victimes et ce, en période électorale. Maintenant, le citoyen burundais a le sentiment que cette dénonciation faite par les victimes est salutaire pour la suite de la vie nationale. Car, le second complot du régime cndd-fdd a été démasqué.

En réaction, Anonymous s’est mis à semer à tout vent qu’en réalité c’est le Président du Parti Sahwanya-Frodebu qui voulait éliminer sans candidat à la présidentielle. Soit. Mais, ces délits de mensonge et de prendre la victime pour auteur constituent des aveux qu’il y avait complot. Qui plus est, ce nouveau complot n’a-t-il fait des victimes.

5. Dans la foulée, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) est devenue « CNI ». Anonymous l’a amputée de son contenu électoral et le gouvernement, des moyens financiers. Le concept mandat (présidentiel) est devenu « règne » qui exclut, par définition l’élection présidentielle.
Ces circonlocutions d’Anonymous étant devenues convulsives pour le CNDD-FDD, le Président de la République s’est voulu rassurant envers la polpulation dans son discours du 1er juillet 2009: « celui qui perturbera le bon déroulement des élections de 2010 sera considéré comme l’ennemi de la paix, de la démocratie de l’indépendance et du pays « (umumenja). Or, au moment de ce discours, cette perturbation était déjà consommée. Son cabinet civil s’était déjà substitué au Parlement et à la CENI (délit de dédoublements de la personnalité) et déjà » à pied d’œuvre » pour légiférer et organiser le règne. La preuve est venue du conseil des ministres du 9 Juillet 2009. Qui plus est, l’un des auteurs du projet de la Loi communale et du code électoral « adopté » en ce Conseil amputé de ministres avait été recalé par le Sénat pour faire partie de la CENI.

Cet extrait du discours du 1er Juillet 2009 ressemble à s’y méprendre à celui que le Roi Mwambutsa a tenu à l’égard de la famille royale rivale suspectée de l’assassinat de son fils. Le Mwami voulait préserver son règne dynastique à tout prix.

Plutôt que se nourrir l’idée qu’il va régner sur un territoire  » le nouveau Burundi » (cfr les Afriques magazine: nouveau Burundi plein d’arbres fruitiers, deux stades olympiques, deux aéroports internationaux mais sans avion et amputé déjà de 4 Km2 probablement à cause des avocatiers), le Président P. NKURUNZIZA serait mieux inspiré en faisant un choix entre mandat et règne, élections et complots.

Pour ce faire, il ne lui serait pas inutile de mieux consulter son conseiller spirituel dont il applique le plan, Mr Arthémon Simbananiye et son conseiller politique, juridique et diplomatique Mr Gabriel Mpozagara pour savoir que, par sa perturbation des élections communales et son non-respect des résultats des législatives de mai 1965 (refus de nommer Gervais Nyangoma comme Premier Ministre) le Mwami Mwambutsa a choisi de faire un pas de côté.
kayogera Joseph

L’avocatier du Burundi : produits d’exportation ou support de communication ?

L’avocatier du Burundi : produits d’exportation ou support de communication ?

 

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, le Président Pierre NKURUNZIZA fait planter des avocatiers sans relâche. En quatre années d’effort soutenu, il aurait fait planter plus de 350 000 plants si l’on en croit les statistiques présidentielles.

 

D’après le discours officiel, cet arbre est doublement intéressant :

-          d’un côté, il constitue une source de revenus substantiels pour le paysan producteur : il est prévu une récolte de 100 avocats par saison soit 10.000 FRBU (environ 5,80 €);

-           de l’autre, il devrait être une source de rentrée de devises pour le pays, dans un court ou moyen terme, grâce à l’exportation sous forme de fruits ou d’huile d’avocat : le gouvernement table sur une recette annuelle de 10 millions de dollars(1).

 

            Sur le papier, ce projet semble séduisant et viable. Néanmoins, quand on y regarde de plus près, on se sent envahi par des doutes et des questions. Personnellement, je n’ai pas l’impression qu’il existe des mesures concrètes d’accompagnement susceptibles de favoriser la réalisation de ce projet.

 

a)      Quelle est la Priorité ? Autosuffisance alimentaire ou  exportation?

 

C’est bien beau de planter des avocatiers tous azimuts. Mais il  est essentiel de définir les objectifs et les priorités. Je vous raconte une anecdote : dans les années 80, au Rwanda, le projet PENAP  avait réussi la vulgarisation et la culture de la pomme de terre dans les région volcaniques du Nord. Mais très vite, les producteurs se  sont retrouvés avec une surproduction de pommes de terre. On a assisté à une scène surréaliste : des tonnes de pommes de terre pourrissaient dans les champs ou sur les bords de route en attendant un hypothétique acheteur. PENAP et  le gouvernement n’avait qu’une seule idée en tête : produire pomme de terre sans plus.

 

Le scénario pourrait se reproduire au Burundi. Admettons qu’on récolte 100 avocats par arbre : alors, la récolte nationale s’élèverait 35 millions d’avocats. Supposons qu’un avocat pèse 300 g. Alors, on se retrouve facilement avec 10 mille tonnes de fruits  (=35 000 000  X 0,3 kg) soit un convoi de 450 semis remorques de 22 tonnes chacun !

 

Ma question est donc simple : quelle est l’objectif du Président Nkurunziza ? Est-ce l’autosuffisance alimentaire ? Si c’est ça, le calcul est simple : c’est 35 millions d’avocats à diviser par le nombre habitants du Burundi, soit 4 avocats par personne et par saison.  La quantité est-elle suffisante ? Quelles recettes à base d’avocats propose-t-on à la population ?

 

Si l’objectif est l’exportation, quelle organisation a-t-on mise en place pour ramasser 35 millions d’avocats, les mettre sous conditionnement et les acheminer jusqu’au premier port européen ? Rappelons que les fruits destinés à l’exportation doivent respecter un certain calibrage : de quel calibre seront nos avocat ? Signalons enfin que, dans le transport des fruits et légumes, il n’y a pas de minute à perdre car les produits sont périssables. Le mode de transport le moins cher étant le transport maritime, qu’a-t-on prévu pour permettre aux fruits de supporter 45 jours de mer entre Dar es Salaam et le port de Marseille ?

 

b)      Contraintes logistiques .

 

La logistique des fruits et légumes est très contraignante : c’est une vraie course contre la montre. La banane antillaise est récoltée au lever du jour pour être chargée sur le premier bateau à destination de Nantes, du Havre ou d’Anvers avant la tombée de la nuit. Il en est de même de la salade marocaine qui doit être sur les étales du marché parisien 48 heures après la cueillette. Le chef du CNDD FDD, ayant choisi la culture extensive de l’avocatier, n’a pas pensé, me semble-t-il, aux contraintes logistiques de l’acheminement de ses fruits. J’aimerais que quelqu’un me dise combien de temps l’avocat de Ruyigi ou de Muyinga mettre pour atteindre le premier point de collecte et pour arriver au port de Bujumbura.

 

 

En raison du flux maritime trop faible entre l’Europe et l’Afrique orientale, le transit time (les durée de la traversée d’un navire de marchandises d’un port de départ au port de destination) est deux fois plus long car les navires doivent  faire escale dans plusieurs ports afin de remplir leurs cales. A titre d’exemple de comparaison, il faut compter 45 jours entre Dar Es-Salaam et Marseille contre 20 jours entre Rio de Janeiro (Brésil) et Marseille. Plus le transit time est long, plus le prix à payer sera élevé. Ainsi donc, lorsque notre avocat national parviendra à atteindre les ports européens, il sera deux fois plus cher et personne n’en voudra.

Certes, il existe des conteneurs isothermes ou des navires polythermes qui sont parfaitement adaptés au transport des denrées périssables, comme les fruits et légumes, mais ils impliquent des coûts supplémentaires par rapport au conteneur de produits non périssables.

 

Et jusque-là, on n’a pas encore parlé des circuits de distribution qui permettront à notre avocat de s’exposer sur les  rayons du supermarché du consommateur final. Je vous en fait économie, mais vous comprenez que la grande distribution s’attend à faire une marge sur notre avocat national, ce qui le rend encore plus cher et moins compétitif par rapport aux avocats d’Israël ou de Mexique qui ont voyagé à moindre frais.

 

Concernant l’huile d’avocat, j’ai cru que je rêvais quand j’ai appris qu’un litre coûtait 10 dollars à la sortie de l’usine de Gitega. Rappelons qu’il faut environ 10 kg d’avocats pour extraire 1 litre d’huile. Qu’est-ce qui coûte si cher, les avocats ou la transformation ? Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette affaire. Si un litre d’huile d’avocat coûte 10 dollars à la sortie d’usine, combien coûtera-t-il à l’arrivé sur le marché européen ? En tout cas, pas mois de 20 dollars, soit 15€ le litre !

 

Si le business de l’huile d’avocat était si intéressant, il y a fort longtemps que les grands producteurs d’avocats se seraient rués vers ce nouvel Eldorado.

 

Production mondiale d’avocats

 

d) L’avocatier comme support de communication.

 

            Je ne le dirais pas assez : M. Nkurunziza, c’est quelqu’un qui a compris le rôle de la communication dans la politique. Il fait assidûment un travail de terrain, un peu comme la publicité.  Ca risque de payer. Rappelez-vous de la campagne de Jacques CHIRAC en 1995 : le slogan un peu saugrenu qui lui a ouvert les portes du Plais de l’Elysées était « Mangeons les pommes ». Le chef du CNND-FDD le reprend le même et propose : « Burundais, Burundaise, mangeons les avocats ». Je vous assure que ça peut faire mouche ! Les bons projets, les bons bilans, les bonnes idées exprimées dans un kirundi académique ne suffisent pas pour gagner une consultation populaire : il faut des accroches c’est-à-dire des slogans mobilisateurs, des mots percutants. Nicolas SARKOZY y est arrivé avec son « travailler plus pour gagner plus ».

 

A ce propos, c’est quoi le slogan du FRODEBU pour 2010 ? Est-ce le fameux « Utora nabi ugatwarwa nabi » qui est récurrent dans le discours du candidat. On peut trouver mieux, n’est-ce pas ?

 

Comme je l’ai déjà expliqué, le tapage médiatique fait autour de l’avocatier n’a qu’un objectif : mettre en lumière le Président de la République,  le mettre au contact avec la population, le faire aimer coûte que coûte. Quant à l’exportation de l’avocat du Burundi, j’y croirai le jour où je le verrai sur les rayons de Carrefour, l’un des leader de la distribution en Europe. Ceux qui croient à la manne annuelle de 10 millions de dollars issus de l’exportation de l’avocat burundais peuvent toujours rêver.

 

Moralité 

 

La fin justifie les moyens. L’équipe Nkurunziza nous vend des rêves : l’idée de vendre des avocats burundais aux Européens n’est qu’un moyen comme tant d’autres pour mener quotidiennement une campagne électorale pour son candidat en toute illégalité.

 

A. BIGIRIMANA (Paris, France)

 

(1) Voir article de Jean-Charles NKANGANYI, « Le succès du développement endogène au Burundi : le cas des travaux communautaires et la campagne actuelle de plantation des arbres fruitiers dans tout le pa 

Déclaration de la société civile 4 mois après l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA

FORSC (146 associations)                                            Bujumbura le 08 /08/2009           OAG (28 associations) CAFOB (52 associations) CPAJ (54 associations) COSYBU (30 Syndicats) CAPDH (48 associations) COSOME (13 organisations) OLUCOME
APRODH
COMMUNIQUE DE PRESSE QUATRE MOIS APRES L’ASSASSINAT D’ERNEST MANIRUMVA
Quatre mois, jour pour jour, viennent de passer après l’ignoble assassinat d’Ernest MANIRUMVA, ancien vice-Président de l’OLUCOME tué dans la nuit du 8 au 9 avril 2009. A cet effet, la famille et les amis d’Ernest MANIRUMVA, tout comme la communauté nationale et internationale restent toujours sur leur soif de connaître les auteurs et les mobiles de cette ignoble abomination.
Face à cette situation, les organisations de la société civile signataires du présent communiqué:

1) Saluent sincèrement les âmes encore charitables de près ou de loin, dont les multiples efforts ne cessent de se conjuguer jour après jour, pour réclamer ou influencer l’éclatement de la vérité sur ce crime odieux ;

2) Regrettent considérablement qu’une commission d’enquête qui devait avoir fourni son rapport le 22 mai 2009 n’a jusqu’ici sorti ne fut ce qu’une simple déclaration pour informer l’opinion tant nationale qu’internationale sur l’état d’avancement de leurs investigations, ou le cas échéant les contraintes qui auraient hypothéqué l’aboutissement favorable de la mission lui assignée ;

3) S’inscrivent en faux contre les propos du ministre ayant les relations extérieures et la coopération internationale dans ses attributions, tenus mercredi le 29 Août 2009, au cours de la réunion spécifique de la Configuration Burundi de la Commission des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix à New York, pour l’examen du rapport semestriel de la mise en oeuvre du Cadre Stratégique pour la Consolidation de la Paix au Burundi. Selon lui, la commission chargée d’enquêter sur le dossier Ernest MANIRUMVA a bénéficié de moyens suffisants lui permettant de mener avec succès sa mission alors qu’il fera bientôt trois mois après l’expiration des délais de travail ayant été impartis à cette dernière sans que celle-ci fasse une seule réaction sur cette affaire en faveur de la communauté tant nationale qu’internationale ;

4) Rappellent au Gouvernement burundais qu’elles attendent toujours malgré tout et avec une très grande impatience la publication officielle des résultats issus des investigations de la commission mise en place pour cet effet, et que par ailleurs l’aboutissement des enquêtes contribuerait à redorer l’image du Burundi longtemps ternie par la guerre et l’impunité des crimes auprès de la communauté internationale;

5) Réaffirment encore une fois qu’elles ne renonceront jamais à suivre ce dossier contrairement à ceux qui chercheraient à miser sur la lassitude, et voudraient de ce fait inviter tous les citoyens épris de paix, de justice et de bonne gouvernance à prendre activement part à la campagne « Justice pour Ernest MANIRUMVA » ; lancée d’ici un mois et dont les principales actions sont notamment :

- une messe en mémoire d’Ernest MANIRUMVA tous les 9 de chaque mois ;

- le port de pins frappés de l’effigie d’Ernest MANIRUMVA et de l’inscription « Justice pour Ernest MANIRUMVA » ;

- l’introduction d’une minute de silence au début des activités publiques initiées par la société civile et ce en réponse à ceux qui veulent faire taire la société civile ;

- la création d’un blog pour informer le public de l’évolution et des événements en rapport avec la question de l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA.

6) Rappellent enfin que la messe du 9 de ce mois d’Août aura lieu à la Paroisse Esprit de Sagesse sise à MUTANGA SUD, ce Dimanche à 17h précise.

Venez nombreux pour supplier le Seigneur de protéger le sang des innocents contre la barbarie de ce siècle !

Réaction d’un site proche du pouvoir sur le document de l’Union Européenne

Après la récente publication d’un document de l’Union Européenne dénonçant la dérive autoritaire du CNDD-FDD, le site www.abarundi.org proche du pouvoir à Bujumbura vient de réagir.

Notre rédaction désapprouve totalement les déclarationsdu site abarundi.org mais nous les publions pour information de nos lecteurs.

Pour qui roule l`Union Européenne au Burundi?

 

Bujumbura, le 03 aout 2009 (abarundi.org)

Un rappel intéressant :

En 1959, quand les Rwandais allaient s`embarquer dans une monarchie constitutionnelle, la Belgique en a décidé autrement. Venu à Bujumbura pour une consultation de routine, le roi Mutara RUDAHIGWA fut tué par un médecin belge. La succession au trône fut sabotée car les militants du parti MDR PARMEHUTU étaient déjà encouragés à mettre le pays à feu et à sang. Vous connaissez la suite.

 

Et pourquoi les Belges et les Américains ont-ils tourné casaque en 1990 pour bénir la rébellion du FPR jusqu`à sa victoire entachée par le génocide de 1994, qu`ils avaient pourtant vu venir de plusieurs sources, y compris cléricales ? Tout récemment, à Madagascar, le président Marc RAVALOMANANA a été chassé du pouvoir, soi-disant par des émeutes populaires dirigées par un disc jockey. La France qui ne supportait pas de voir le président RAVALOMANANA privilégier les intérêts des pays émergents a décidé de dresser l`opinion nationale contre le régime démocratiquement élu. Les défaillances du président ont été exagérément dramatisées, et comme qui veut noyer son chien l`accuse de rage, les militaires ont fini par se ranger derrière la marionnette de la France. Maintenant, le peuple est aux abois : les fonctionnaires ne sont pas payés depuis des mois, les prix ont flambé, la mendicité et la prostitution tous azimuts sont devenues l`unique issue de secours. En Europe, les ONG s`organisent pour occuper le terrain avec leur palliatif pudiquement qualifié d`aide humanitaire.

Le président RAVALOMANANA a été renversé pour son rejet du paternalisme français. Que dire du président Pierre NKURUNZIZA ? Combien de fois s`est-il rendu à Paris ou à Bruxelles ? Pourquoi Jean Claude KAVUMBAGU dénigrait-il le Président de la République en l`accusant injustement d`avoir vidé les caisses de l`Etat pour se rendre en Chine ? Pourquoi cette diffamation a-t-elle été approuvée par les diplomates occidentaux, qui ont exercé une forte pression sur le Chef d`Etat burundais une libération immédiate qu`ils n`ont pas obtenue, fort heureusement?

L`heure est grave. La Belgique et la France cherchent à entraîner l`Union européenne et l`Occident en général dans la préparation d`un chaos au Burundi, à la faveur des élections de 2010. Le signe avant coureur a été donné dans le discours de l`ambassadeur de France au Burundi lors de la fête nationale française. Son pays a décidé d`attaquer publiquement le Burundi. Le diplomate s`est vanté d`avoir arraché la libération d`Alexis SINDUHIJE, de Jean Claude KAVUMBAGU, de RUDUDURA. Il a jeté le discrédit sur un gouvernement souverain pour des faits confiés à la justice. Comme pour dire qu`il n`y a pas séparation des pouvoirs au Burundi. Et la Convention de Vienne alors ?

La stratégie fait penser au montage organisé par l`Occident pour se débarrasser du président VIERA. En Guinée Bissau, il se raconte que l`Occident était derrière l`élimination du chef d`état major et du président de la République, en faisant croire aux dérives d`une lutte de factions. L`objectif visé était de casser les réseaux de trafic de drogues d`Amérique Latine qui faisaient transiter leurs marchandises maudites par ce territoire africain. Les mêmes accusations pourraient être portées au régime burundais car d`aucuns dénoncent le trafic de drogues et d`ivoire à l`aéroport de Bujumbura. A bon entendeur, salut !

Mais l`homme propose et Dieu dispose. « Quand nous serons unis comme les Etats-Unis, ça va faire mal » ! Ainsi chante le rasta man ivoirien. Dans un rapport cynique et trop tendancieux, l`Union Européenne vient de prouver qu`il exècre le régime burundais. Le rapport contrefait la vérité en présentant le Burundi comme un Etat fragile, dépendant de l`extérieur, comme si ce pays était seul dans ce cas. Que dire de la France avec son taux d`endettement astronomique ? Et de la Belgique avec ses gouvernements éphémères et les menaces schismatiques où elle se débat, et qui risquent de précipiter ce royaume de récente création dans l`anarchie et la guerre civile? Existe-t-il encore un seul pays au monde qui ne soit pas dépendant d`autres ? Quelle leçon de bonne santé et d`autonomie l`Europe tire-elle de la débâcle financière mondiale qui, partie des Etats-Unis, met à mal l`Occident dans son entièreté ? Nous sommes tous entrés dans l`ère de l`interdépendance.

L`Europe n`ose pas reconnaître qu`avec la paix devenue progressivement une réalité, le Burundi s`engage jour après jour sur la voie du développement durable, et qu`à cet égard, les aides humanitaires et les rapaces de tous acabits, agissant sous couvert d`ONG totalement inopérants, sont devenus un problème plus qu`une solution. Le cœur de l`Afrique est plus que jamais appelé à devenir, dans un très proche avenir, une plaque tournante des affaires pour l`Afrique de l`Est et le géant congolais. La France et la Belgique piquent une colère de fauve lorsqu`elles se rendent compte que le centre de gravité du Burundi n`est plus en Europe mais au bord du Tanganyika même. Avec son entrée dans l`EAC, il devient quasiment impossible de déstabiliser le Burundi à partir de la Tanzanie. Et ce serait plus compliqué à partir du Rwanda. Et cela dévoile, en passant, le but visé par quelques radios privées du Burundi qui font les gorgées chaudes et malveillantes d`un hypothétique conflit de frontière entre le Burundi et le Rwanda. C`est ne rien savoir des réalités du terrain.

Le  scénario qui reste à la Belgique et à la France est celui d`un coup d`Etat comme à Madagascar. Le public mal averti ignore encore que la sortie maladroite des ministres du FRODEBU lors d`un conseil des ministres aurait été recommandée par les mêmes diplomates Européens ! Et pourtant, tout est clair car les médias occidentaux tablaient déjà sur une profonde crise institutionnelle. L`Europe a frôlé le même scandale lorsque l`inévitable Louis Michel annonçait la mort du président Laurent Désiré KABILA avant que le tueur à gages n`ait accompli la sale besogne! L`heure est grave, et celui qui va se faire agneau africain, le loup néo-colonial belgo-français va le manger sans autre forme de procès.

La démocratie est-elle un luxe pour les Africains ?

Par définition, la démocratie signifie « pouvoir du peuple ». Autrement dit, les dirigeants de la cité sont choisis librement et publiquement par le peuple. Le pouvoir en place au Burundi est issu des élections libres et transparentes qui ont eu lieu en 2005. Déjà à l`annonce de la victoire du CNDD-FDD, les diplomates occidentaux accrédités à Bujumbura n`ont pas caché leur déception, en tablant sur l`échec des ex-rebelles dans le très court terme. L`on se souvient des sorties médiatiques de faux spécialistes de l`Afrique des Grands Lacs dénigrant les ex-rebelles, comme quoi ils n`allaient pas être à la hauteur des charges de la cité.

Au lieu de faire confiance aux patriotes qui venaient de reprendre en mains la démocratie décapitée en 1993, les Occidentaux ont doublé les financements en faveur des circuits parallèles : les médias, les syndicats et les partis politiques écartés par le peuple souverain. Fidèles à leur principe « Divide ut imperat », les Européens ont mis à profit les opportunistes ayant infiltré le parti au pouvoir. Les magouilles ont été organisées par Mathias BASABOSE, l`amant officiel d`Alice NZOMUKUNDA. Hussein RADJABU a nourri une folie de grandeurs dont les diplomates occidentaux se sont saisis pour dénigrer le nouveau régime démocratiquement élu. Les mêmes diplomates occidentaux qui ont des consignes claires de ne pas lâcher les caciques des régimes déchus ont pris une part active dans les plans de déstabilisation du pouvoir CNDD-FDD. La stratégie était rôdée et les citoyens ordinaires n`y voyaient que du feu. Les syndicats ont organisé des grèves sauvages. Les médecins ont tenté de provoquer le soulèvement populaire, en vain.

Ainsi le régime du CNDD-FDD est devenu comme ce bateau de Lutèce qui tanguait mais ne coulait pas « Fluctuat nec mergitur » ! Une devise d`ailleurs très chère à la capitale française… Il a plutôt multiplié les chantiers de la croissance: gratuité des soins de santé, gratuité de l`éducation de base, augmentation des salaires par deux fois et préparation en cours de l`harmonisation des salaires dans la fonction publique ; plantations des arbres fruitiers, constructions d`écoles et centres de santé ; gratuité des médicaments contre la malaria; distribution de motos aux inspecteurs de l`éducation et distribution imminente de camionnettes aux écoles secondaires publiques ; entrée dans l`EAC et lancement de l`Union douanière ; récupération des armes détenues illégalement par la population, préparation d`une stratégie de réduction des litiges fonciers ; rapatriement des réfugiés burundais et accueil des réfugiés congolais ; participation aux sommets africains et internationaux, etc.

Le bilan du Président NKURUNZIZA est largement à la hauteur de ses engagements pour la paix et le développement durable. A l`approche du rendez-vous de 2010, la conviction qu`ont les diplomates européens, la Belgique et la France en tête, que le CNDD-FDD jouit d`une très forte popularité sur les mille collines burundaises les poussent à franchir le Rubicon. A travers un rapport scandaleux qui fut remis en mains propres à un site Internet appartenant à une association survivant grâce aux subsides du gouvernement belge, la Commission Européenne accuse le régime CNDD-FDD de tous les maux. Il devient clair que l`Europe aimerait que les partis politiques asservis à ses intérêts néo-coloniaux et non à ceux du peuple souverain gagnent les élections de 2010, sans quoi il y aurait un chaos généralisé.

Et pourtant, depuis 1961, les Burundais ont rejeté le paternalisme belge et choisi la dignité d`un peuple indépendant. L`Europe, comme toute marâtre, se dit préoccupée par la pauvreté de la population burundaise. Il ne s`agit que d`un leurre. Récupérant les mots qu`elle a prêtés aux partis de l`opposition et à la pseudo société civile, l`Europe rêve d`une population burundaise frustrée et se livrant bientôt à des manifestations violentes. Pour y gagner quoi ? Plutôt que de saluer les efforts de récupération d`armes à feu détenues par la population, l`Europe ne voit venir que le chaos.

Fort heureusement, les Burundais et les pays voisins savent que les mesures ont été prises pour sévir contre ceux qui ne vont pas remettre les armes pendant la période fixée. Les Burundais savent que le malheur des familles sur les collines vient surtout des litiges fonciers. A cette question très sensible, le gouvernement va réagir par une réforme du code foncier. Le projet de loi a été déposé sur le bureau de l`assemblée nationale. Pour lutter contre les bandits armés, le Gouvernement compte renforcer la police de proximité et sévir contre les brebis galeuses combien nombreuses, par le truchement d`un corps efficace, formé sur base de sages compromis politiques.

Un rapport pour manipuler l`opinion internationale,

Quand on lit le rapport revendiqué par le secrétariat général de l`Union Européenne, la Commission Européenne et le Représentant Spécial de l`Europe pour les Grands Lacs, on tombe des nues en y trouvant les mêmes âneries que celles avancées par les partis politiques de l`opposition, les syndicats, la Ligue Iteka et les médias alimentaires. L`Europe vient tout simplement de confirmer qu`elle a longtemps agi par marionnettes interposées, mais l`échec cuisant infligé par le parti vainqueur des élections de 2005 l`amène à agir désormais à visage découvert. D`où le rapport que le site Arib.info prétend avoir subtilisé. Seuls les idiots avaleraient de telles couleuvres, car tout est limpide : le docu-ment a été tout simplement remis à bon escient.

Dans ce rapport aux visées démoniaques, les dirigeants de l4union Européenne dénigrent tous les efforts déployés par les Burundais pour arriver à la paix. Le rapport prétend innover  par exemple en révélant que le CNDD-FDD n`a signé l`accord de paix qu`en 2003. Et alors ? Un accord exige-t-il moins de deux parties ? Encore dans ses visées d`intoxication de l`opinion internationale, le rapport affirme que la situation concernant l`Etat de droit et les droits de l`homme ne s`est pas améliorée.

Pour un pays qui sort d`un conflit aussi long et sanglant, c`est malhonnête de ne pas reconnaître les progrès considérables atteints dans ce domaine. La liberté d`expression est garantie, les médias se multiplient et les syndicats organisent librement des frondes contre le pouvoir. La société civile confond ouvertement son rôle avec celui des partis politiques et l`Europe applaudit des deux mains. Et comment ? N`avons-nous pas dit qu`il ne s`agit que des marionnettes financées par cette même Europe? Si elles n`accomplissent pas la sale besogne, l`Europe fermerait le robinet de la manne financière. Il faut aller à l`école de ceux qui aiment vaincre sans avoir raison comme dans « l`Aventure ambiguë » qu`on a lue et relue au Lycée !

Dans aucun pays on ne laisse  faire les fauteurs de troubles. Aussi s`explique-t-il que le gouvernement burundais ait dû de temps en temps interpeller les journalistes et les syndicalistes insolents. Point n`est besoin de dire que l`Europe n`a jamais lâché ses serviteurs, même quand elle échouait à faire plier le gouvernement avec ses pressions et menaces. Elle aurait d`ailleurs acheté les verdicts d`acquittement. Avec ce rapport, on voit bien pour qui ces journalistes alimentaires, syndicalistes sans scrupules et tous les énergumènes circulant autour roulaient. Quoi d`étonnant donc que l`Europe n`ait salué que l`abolition de la peine de mort?

Elle a omis de mentionner la condamnation de l`homosexualité surtout qu`elle a déjà commencé à déverser des diplomates pédés au Burundi. Efféminé et affable, on donnerait à l`ambassadeur Joseph SMET le Bon Dieu sans confession, mais les autorités burundaises n`ignorent rien de son activisme contre tout ce qui rendrait justice au bilan largement positif du pouvoir en place.

Nous avons donné les raisons du désespoir de certains pays occidentaux face à l`adhésion du Burundi à l`EAC. L`Europe, plus précisément la Belgique et la France, voient d`un mauvais œil l`adhésion du Burundi à la Communauté Est Africaine. Les Burundais ne sont pas assez amnésiques pour oublier les tapages médiatiques orchestrés par l`Europe pour décourager le Burundi d`entrer dans cette communauté. Des arguments sophistes étaient avancés pour dénoncer ce qu`elle considérait comme une vente aux enchères du Burundi aux autres Etats membres. On serinait les Burundais des avertissements fondés de la crise que leur pays venait de traverser.

Mais le Gouvernement a tenu bon et l`Europe a fini par se ranger, surtout que la Grande-Bretagne, la Norvège et l`Allemagne trouvaient que cette intégration était un bon choix. Mais la Belgique ne cesse de rappeler que le salut du Burundi se trouve surtout dans une CEPGL moribonde. Comme si les visions à long terme devant permettre la fusion de l`EAC, COMESA et SADC étaient à abandonner ?

Avec cette vision défendue contre vents et marées par le régime burundais, 26 pays vont former un ensemble fort et faciliter la réussite de l`Union Africaine, les fameux Etats-Unis d`Afrique cher au Guide Khadafi et encouragés par les Etats-Unis d`Amérique depuis l`arrivée de Barak OBAMA.

L`Europe, trop maligne pour être honnête, n`oublie pas de demander que le mandat du BINUB soit prolongé pour accompagner la préparation des élections de 2010. Nul ne s`opposerait à cette nécessité, mais il faut éviter que le nouveau mandat ne soit accordé de sorte que BINUB arrive à accompagner les élections de 2015 et de 2020… Pour dire qu`après les élections de 2010 et l`arrivée d`un Président de la République démocratiquement élu, le Burundi doit tourner la page des transitions assistées. L`Europe, comme tous les partenaires du Burundi, doit appuyer les priorités définies par le Gouvernement et non définir les priorités à la place des Burundais.

Quid du dossier Ernest MANIRUMVA dans ce complot européen?

Ernest MANIRUMVA est mort comme un martyr de l`intérêt général. Paix à son âme! Ernest MANIRUMVA était un patriote courageux et intègre. Tout le contraire de Gabriel RUFYIRI, un opportuniste sans éducation ni scrupules. En acceptant de servir son pays comme Vice-Président de l`Autorité de Régulation des Marchés Publics, feu MANIRUMVA voulait sortir de la nébuleuse qualifiée pudiquement de société civile. Son assassinat a privé le Burundi d`un cerveau incorruptible et redoutable. Allez savoir ce que les Européens ont fait du nouveau code des marchés publics. Ils l`ont contourné pour imposer les règles de passation de marchés en vigueur dans leurs Etats.

Alors que le Burundi reçoit plus de 50% de son budget de l`extérieur, la grande part destinée au financement des chantiers échappe au contrôle du gouvernement burundais. Et si des Occidentaux étaient mouillés jusqu`au cul dans le crime crapuleux du militant Manirumva ? Avec leur cynisme caractérisé, ils ne se gêneraient d`ailleurs pas pour continuer à demander au Gouvernement d`élucider l`assassinat. Tout laisse croire, dans le fameux rapport que nous nous efforçons de décortiquer, que l`assassinat d`Ernest risque de n`être jamais élucidé malgré l`implication du F.B.I et de l`Interpol.

Un rapport qui fait fi de la Déclaration de Paris

Quand on lit le rapport scandaleux, on se demande si ses auteurs Européens sont si lunatiques qu`ils se détournent facilement des principes qu`ils viennent de proposer. Lisez vous-mêmes ce qu`ils considèrent comme priorités pour le Burundi : la consolidation et la finalisation du processus entre le Gouvernement et les FNL; la tenue des élections; le suivi du fonctionnement des institutions (autrement dit le paternalisme) ; l`intégration des réfugiés; la protection des droits de l`homme; l`amélioration de la Bonne Gouvernance et la poursuite de la réforme du secteur sécuritaire. Avec de tels objectifs, vagues et désarticulés, le Burundi va toujours patauger dans la pauvreté.

A l`exception de l`organisation des élections de 2010, le reste des objectifs a déjà absorbé des sommes colossales sous l`égide du BINUB. Et pourquoi l`Europe veut-elle imposer ces programmes au lieu d`attendre que les Burundais décident  librement de ce qu`il considère comme prioritaire ?

Il faut faire remarquer que ces programmes choisis par l`Europe favorisent le recrutement des consultants aux compétences douteuses, l`organisation des ateliers et séminaires couteux et oiseux, sans résultats palpables. Mais le peuple burundais veut des financements pour construire des barrages électriques. Le peuple burundais veut des motopompes pour irriguer les champs. Le peuple burundais veut des financements pour aménager les marais, des financements pour construire des logements, des capitaux pour relancer le secteur bancaire, développer le secteur de l`industrie et du tourisme, des hôtels modernes, des centres commerciaux ou de conférence. Le peuple burundais veut en découdre avec la pauvreté à travers des investissements pour le développement et non ces sommes faramineuses englouties dans les programmes ne créant des emplois bidon que pour les ONG ou la cinquième colonne appelée Société Civile. La paix sera mieux consolidée si le développement et la création d`emplois durables sont privilégiés. Le reste n`est que cadeau empoisonné.

Quid de la prétendue dérive dictatoriale attribuée au CNDD-FDD ?

La dérive que la Belgique et la France n`osent pas dénoncer est celle qui favorise les bandits et les opportunistes en lieu et place des militants engagés et déterminés à sauvegarder et amplifier les acquis démocratiques de 2005.

Les Européens répètent ironiquement ce que les détracteurs du régime veulent: la violation de la constitution en organisant les élections du bas en haut ; l`usage d`un bulletin unique. Mais pourquoi ce mépris des arguments avancés par le Gouvernement agissant en toute légalité au travers d`institutions gouvernementales accréditées par le peuple ? Pour les Européens, « le climat s`annonce tendu avec un risque élevé de violences de la part des factions perdantes ». Ainsi l`Europe prouve qu`elle est toujours fidèle et égale à elle-même dans la fabrication des psychoses et l`incitation aux violences. Toute honte bue, ces Européens proposent le retour aux régimes consensuels comme à Kajaga ou Kigobe du temps de NTARYAMIRA et NTIBANTUNGANYA. On voit dans quelle direction ils regardent, et pour quel pompier-pyromane (aujourd`hui relooké en démocrate-expert (pour les pauvres africains infantilisés depuis le Congo jusqu`en Mauritanie) ils préparent la voie royale…Ils vont jusqu`à souhaiter le report des élections pour ne retenir que les dates qui arrangeraient les factions déjà qui s`auto-flagellent en préparation d`une déroute cuisante. A défaut de quoi la sanction est annoncée: l`Europe ne va pas reconnaître les résultats.

Disons haut et fort que le Président Pierre NKURUNZIZA a toujours exclu le retour aux mesures exceptionnelles de l`Etat d`urgence. Ce serait une aubaine pour les putschistes. Dans son message du 1er juillet dernier, le Président de la République a promis d`organiser des élections mémorables. Il faut lui donner plutôt les moyens au lieu d`entraîner les burundais dans un piège sans fin. L`Europe est invitée à se faire violence pour laisser le peuple burundais se constituer maître de son destin. Les leçons ont été suffisamment tirées des méfaits de la colonisation et du paternalisme.

Le coup d`Etat de la Quatrième Ethnie du Burundi

En 1961, la tutelle belge a tué le prince Louis RWAGASORE. Les commanditaires belges n`ont jamais été inquiétés. En 1993, Melchior NDADAYE a été assassiné non sans l`accord des puissances occidentales. L`impunité a été garantie aux putschistes et Pierre BUYOYA est devenu le professeur émérite de la démocratie en Afrique. Il s`exporte mieux que tout autre cerveau burundais et africain!

A l`heure qu`il fait, les Hutus sont bien représentés dans l`armée et dominent la police nationale. C`est presque la même situation qu`en 1972. Mais rien n`empêcherait les Occidentaux de monter un plan permettant de tout balayer comme des poulets atteints d`une épizootie. Le signal fort viendrait des milices qui seraient en formation dans des pays africains et des départs sont signalés ici et là. Le terrain est d`ailleurs bien préparé. Dans l`armée, les grades et les postes juteux sont attribués sur fond de clientélisme ou de népotisme. Les policiers ne mangent pas à leur faim et les détournements enrichissent les protégés des dignitaires de la République ou du CNDD-FDD.

En état de nécessité, les policiers rançonnent et parfois volent. Agathon RWASA a promu ses combattants sur le critère de l`ancienneté et les diplômés sont loin de se contenter d`être des hommes de troupes tandis que les illettrés ont des galons trop lourds pour eux ! Pour dire que les FDN et la Police Nationale sont loin d`être un bon bouclier pour la démocratie burundaise. Comme si cela ne suffisait pas, au sein même du parti au pouvoir, bien des intellectuels sont mécontents. Ils dénoncent les choix des cadres et les injustices. La direction nationale du CNDD-FDD ne s`en voile pas la face  mais néglige le fait que ces intellectuels ont des familles et des amis sur les collines. A Ruyigi par exemple, un opportuniste coupable d`avoir organisé l`épuration ethnique au chef lieu de la province en 1993 a été propulsé gouverneur. Maggy BARANKITSE s`est félicitée du choix et a offert la peinture pour un coup de pinceau des bureaux de son poulain. Que dire de la récente élection d`un sénateur à Mwaro qui était rejeté par les militants car frère de Denise SINANKWA? Le Falcon 50 n`a jamais rien dit. Des mea culpa sont attendus.

La corruption n`est pas sanctionnée comme à la direction des douanes, des impôts, les magouilles risquent d`emporter la SOSUMO faute de comptabilité moderne. Il se raconte qu`un escroc a été placé la tête de la direction des impôts malgré les mises en garde formulées par des patriotes de Londres, le même entêtement du régime comme du temps d`Isaac BIZIMANA écroué à la prison centrale de Mpimba. Pendant ce temps, l`Europe ne débloque pas les fonds promus sous prétexte que le Burundi a incriminé l`homosexualité. C`est dans un tel contexte que les recettes fiscales souffriraient du racket contre les contribuables organisé par le directeur des impôts, sans parler du pillage organisé par les douaniers inquiets de leur sort avec l`arrivée de l`Office Burundais des Recettes. L`Europe n`ignore rien de tout ça.

Les Européens sont  trop gourmands et méchants pour être amis des Burundais.

Entre Etats, il n`y a que les intérêts qui comptent. Aussi le rapport ne vise-t-il qu`à brouiller les pistes. Comme un crocodile dans une mare, l`Europe attend que les Burundais se lancent dans les élections comme les animaux en transhumance du Kenya vers la Tanzanie. C`est à vrai dire ce scénario auquel l`Europe pense quand son rapport parle de chaos ou de coup d`Etat comme d`une « Mission Possible ».

Le salut vient toujours du peuple

Quand un malheur menace le peuple aimé de Dieu, les prophètes proposent un changement catégorique de mode de vie et de comportement. Il n`y a pas longtemps un immeuble devant abriter le siège national du CNDD-FDD s`est écroulé à Gitega en faisant beaucoup de morts. Le détournement des matériaux a été avancé comme cause de la tragédie. Hélas, les sanctions se font toujours attendre.

Le CNDD-FDD est soutenu malgré tout par la plus grande majorité des Burundais, car il a mis un terme aux massacres cycliques qu`organisaient les forces armées burundaises et les ogres longtemps aux commandes de la République.

Pour couper les herbes sous les pieds des Européens et de leurs mercenaires burundais, il faut écarter les opportunistes et les pilleurs des biens publics. Il faut que le mérite prime sur le clientélisme, la corruption et la prostitution tous azimuts.

Des changements sont inévitables au sein des éminences grises qui entourent le Président de la République, aux douanes, aux impôts, à la SOSUMO. Partout où les malversations financières sont attestées, il faut sévir. Pour que les élections soient un triomphe pour la démocratie, le CNDD-FDD doit écouter les électeurs et leurs présenter des candidats crédibles et bien connus.

A défaut, l`Occident va plonger le pays dans une autre tragédie dont le peuple mettra plus d`une décennie à sortir. Les réformes que l`Europe se propose de financer vont être renvoyées aux calendes grecques car les ONG vont revenir en force pour s`enrichir sur le dos « d`un peuple malade de ses politiciens ». Car nous savons que pour 4000 euros destinés au Burundi dans le cadre de l`aide humanitaire, moins de  1000 euros sont utilisés au Burundi. Cela explique d`ailleurs la résistance farouche des diplomates européens contre la réforme de la loi sur les ONG.

Si les dirigeants du CNDD-FDD écoutent la population, le Burundi va dire adieu à l`aide humanitaire et à ces éternels plans de consolidation de la paix. Ce sera la fin des haricots pour les chômeurs et retraités de l`administration ou des armées d`Europe qui attendent les violences pour débarquer dans la capitale burundaise. Il ne faut jamais oublier que l`Europe n`est pas notre amie mais qu`elle ne pense qu`à ses intérêts. Il faut que les patriotes résistent aux provocations des guignols à la solde de l`Occident que sont les FRODEBU, UPRONA, ADR, MSD, UPD, Ligue Iteka, FORSC, certains syndicats et médias.

Grosso modo, nous avons essayé de faire un diagnostic objectif du mal burundais. Nous avons quasiment ouvert la boîte de Pandore. Nous espérons avoir contribué à sauver la République d`un naufrage en cours de préparation par l`Occident. Le rapport est là et mérite toute l`attention que les Occidentaux -qui savent faire le Ponce Pilate en cas de tragédie- méritent. Sinon, ils vont recommencer de se laver les mains des morts ou pire, exiger des enquêtes pour un sacrifice de masse qu`ils ont soigneusement préparé avec leurs chiens de garde locaux. Jusques à Quand ?

 

L’UE dénonce une « dérive autoritaire » du CNDD-FDD et craint le pire lors des élections de 2010 au Burundi

Le site www.arib.info a récemment publié un document conjoint du Secrétariat Général du Conseil de l’Union
européenne et de la Commission européenne, rédigé en collaboration avec
le Représentant Spécial pour les Grands Lacs en Afrique, pour répondre à une
demande du groupe de travail Afrique du Conseil de l’UE. Il constitue
une stratégie européenne pour le Burundi, comportant une analyse de la
situation, des objectifs prioritaires ponctuels pour la période
2009-2010 et des objectifs structurels, une liste des actions à mener
par l’Union européenne et des moyens dont elle dispose, ainsi qu’un
suivi étroit et des signaux d’alerte par rapport à la réalisation des
objectifs ponctuels.

Voici la teneur du document qui fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive:

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DOCUMENT
D’ORIENTATION CONJOINT SUR LA POLITIQUE EUROPEENNE

AU
BURUNDI

 

SECRETARIAT
GENERAL DU CONSEIL DE L’UE ET COMMISSION

EUROPEENNE
EN COLLABORATION AVEC LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL

POUR
LES GRANDS LACS AFRICAINS

 

I.
INTRODUCTION

 

  1. Objectif

 

Ce
document conjoint du Secrétariat Général du Conseil et de la Commission européenne

rédigé
en collaboration avec le Représentant Spécial pour les Grands Lacs en Afrique,
répond

à une
demande du groupe de travail Afrique du Conseil de l’UE (1).

Ce
document constitue une stratégie européenne pour le Burundi, comportant une
analyse de

la
situation, des objectifs prioritaires ponctuels pour la période 2009 – 2010 et
des objectifs

structurels,
une liste des actions à mener par l’Union européenne et des moyens dont elle

dispose,
ainsi qu’un suivi étroit et des signaux d’alerte par rapport à la réalisation
des objectifs

ponctuels.

 

  1. Mise en œuvre

 

Afin
d’assurer sa mise en oeuvre, la stratégie devrait être accompagnée par:

1.
jusqu’à la fin de l’année 2010 et au-delà si utile, l’élaboration d’un rapport
mensuel

par
les chefs de mission sur l’évolution de la situation au Burundi, notamment sur
la

base
des signaux d’alerte identifiés;

2. une
discussion régulière au sein des groupes compétents du Conseil sur l’évolution
de

la
situation au Burundi, afin de définir des actions coordonnées des institutions
et des

Etats
membres pour prévenir ou faire face à une dégradation de la situation au Burundi

ou
réviser la stratégie.

 

II.
ANALYSE DE LA SITUATION
AU BURUNDI

 

A.
Contexte général

 

  1. Au plan national, un Etat fragile

 

Le
Burundi est un Etat fragile. Depuis son accession à l’indépendance, en 1962,
coups d’état

militaires
et massacres à grande échelle se sont succédés. Après dix ans de guerre civile,
une

Initiative
régionale est parvenue en août 2000 à imposer à Arusha la signature d’un Accord

pour la Paix et la Réconciliation au
Burundi. Le CNDD-FDD n’a signé l’accord qu’en 2003, en

abandonnant
la lutte armée. Ce mouvement a réussi en 2005 à obtenir une large majorité aux

élections.

 

Un
Accord de cessez-le-feu a été signé entre le Gouvernement et le dernier groupe
armé

rebelle,
le Palipehutu-FNL, le 7 septembre 2006. Mais ce n’est que le 4 décembre 2008,
au

terme
de négociations difficiles, que les deux parties sont parvenues à un accord
final sur la

mise
en oeuvre de l’Accord de cessez-le-feu. Après son désarmement complet et la

renonciation
à la partie de son nom à connotation ethnique, le FNL a finalement été agréé

comme
parti politique le 21 avril 2009.

La
nouvelle Constitution, qui met en oeuvre les Accords d’Arusha, impose le
respect d’un

équilibre
politico ethnique au sein des institutions, de l’administration et des forces
de

sécurité.
Pourtant, nonobstant la mise en place d’un gouvernement consensuel en novembre

2007,
les institutions au Burundi restent faibles.

 

La
situation concernant l’Etat de droit et les droits de l’homme ne s’est
malheureusement pas

améliorée,
avec des arrestations des personnalités politiques, journalistes et
syndicalistes,

libérés
par la suite sous la pression internationale. Néanmoins, certains
développements

positifs
sont à signaler, telle que l’abolition de la peine de mort.

 

En
raison de la stabilisation de la situation sécuritaire et avec l’aide de la
communauté

internationale,
plus de 95.000 réfugiés burundais sont revenus au Burundi en 2008. Même si

leur
réintégration est en cours, le niveau de pauvreté du pays et les questions
foncières et de

droits
de propriété sont des facteurs à prendre en compte pour atteindre une réelle

stabilisation.

 

Au
total, en dépit d’avancées prometteuses vers la paix et la démocratie, cette
période de

transition
n’a pas encore permis d’effacer les dégâts causés dans le pays par des années
de

crise.
La situation reste difficile au Burundi dans tous les domaines, concernant l’Etat
de droit,

les
droits de l’homme, la sécurité, la bonne gouvernance et l’économie.

 

  1. Au plan régional, une intégration encore insuffisante

 

Le
Burundi est très dépendant de ses voisins pour sa sécurité, ses infrastructures
et son

développement
économique.

 

Sur
le plan sécuritaire, la consolidation durable de la paix au Burundi dépendra en
grande

partie
de l’amélioration de la situation régionale. L’instabilité à l’est de la République

Démocratique
du Congo (RDC) est un facteur de risques pour le Burundi (persistance de

groupes
armés). Parallèlement, une plus grande implication du Burundi dans la lutte
contre

l’exploitation
illégale des ressources naturelles dans la sous région et contre le soutien

extérieur
aux FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) sera importante pour

consolider
la paix à l’est de la RDC.

 

Sur
le plan économique, malgré sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, le Burundi
ne s’est que

depuis
peu ancré dans les enceintes régionales de la sous-région de l’Afrique Centrale
et de

l’Est.
La récente admission du Burundi dans la Communauté est africaine et la relance de la

CEPGL
(Communauté Economique des Pays des Grands Lacs) offrent une opportunité pour

consolider
et intégrer les efforts de stabilisation du Burundi dans une dynamique
régionale.

Les
pays de l’Initiative régionale (Ouganda, Tanzanie, Afrique du sud) ont joué un
rôle

majeur,
l’Afrique du sud assurant la facilitation du processus de paix et la Tanzanie ayant été

le
pays d’accueil d’une grande partie des réfugiés burundais et ayant exercé des
pressions pour

le
retour au Burundi du Palipehutu-FNL, qui avait sa base en Tanzanie. Il sera
important que

ces
pays continuent à accompagner le processus de stabilisation au Burundi pour
éviter un

retour
en arrière.

 

3. Au plan international, un accompagnement
politique manifeste, mais encore limité sur le plan économique

 

En ce
qui concerne le processus de paix, l’Afrique du Sud a proposé de mettre en
place un

nouveau
mécanisme de suivi, le Partenariat pour la Paix au Burundi (« Partnership for Peace in

Burundi »)
et a organisé à Bujumbura le 27 mai 2009 une réunion des partenaires

internationaux
pour préciser le mandat exact, le format, ainsi que la durée de cette
structure.

Son
mandat expirera en principe le 31 décembre 2009.

Les
Nations Unies, après la clôture de la mission ONUB (Opération des Nations Unies
au

Burundi)
ont décidé de prolonger leur présence pour accompagner la consolidation du

processus
de paix, en établissant le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB),

dont
le mandat expire au 31 décembre 2009 et sera probablement prolongé, notamment
pour

accompagner
la préparation des élections générales de 2010.

La Commission de
consolidation de la paix des Nations unies a adopté en 2007 un Cadre

Stratégique
pour la consolidation de la paix au Burundi, élaboré en concertation avec le

Gouvernement,
la société civile et les partenaires internationaux.

 

  1. Enjeux

 

La
consolidation du processus de paix et la tenue d’élections libres, régulières
et transparentes

et
sans violences en 2010, y compris la prévention d’une dérive autoritaire,
constituent les

deux
principaux enjeux à court terme.

Parallèlement,
des enjeux structurels et de long terme doivent être traités dès à présent: le

retour
et réintégration des réfugiés; les problèmes socio-économiques; la faiblesse des

institutions
étatiques, y compris la mauvaise gouvernance et la corruption; la protection
des

droits
de l’homme; et la réforme du secteur sécuritaire.

 

  1. La consolidation du processus de paix

 

Le
processus de paix semble bien être entré au printemps 2009 dans une phase
décisive et

irréversible,
qui devrait s’achever dans les prochains mois. Les actions en cours, dont

certaines
déjà achevées, comprennent l’intégration des ex-combattants dans les
institutions,

ainsi
que dans les forces de sécurité de l’Etat et dans des programmes de
démobilisation, la

libération
des prisonniers de guerre et politiques et la transformation véritable du FNL
en parti

politique(2).

 

Malgré
des progrès considérables, des risques persistent:

- la
reconstitution de milices pour imposer la loi du fort lors des élections: le
devenir des

quelques
10.000 « militants combattants » du FNL et des 1.000 femmes associées aux

combattants,
est incertain. Cela vaut aussi pour les anciens combattants des partis
au

pouvoir;

-
d’éventuels retards dans la mise en oeuvre du nouveau programme DDR
(désarmement,

démobilisation
et réintégration) pour intégrer les ex-combattants du FNL, qui n’est pas

encore
achevé, ce qui pourrait handicaper l’organisation des élections;

-
l’absence de lien du programme de DDR avec la réforme du secteur sécuritaire
(RSS).

Une
réflexion sur la réforme du secteur de sécurité, sur ses implications pour le
budget

de
l’Etat et sur la préservation des équilibres ethniques, ainsi que sur le lien
et la

cohérence
avec le processus de DDR en cours, est nécessaire;

- la
pauvreté persistante de la population burundaise. La frustration populaire
pourrait se

traduire
par des manifestations violentes, notamment si elle faisait l’objet d’une

instrumentalisation
politique à l’approche des élections;

- la
présence d’environ 100.000 à 300.000 armes légères et de petit calibre parmi la

population
civile, pourrait perturber le processus électoral.

 

2. La tenue d’élections libres, régulières
et transparentes et sans violences en 2010, y

compris la prévention d’une dérive
autoritaire avant, pendant et après les élections

 

Les
deux principaux défis pour la communauté internationale, qui sont intimement
liés,

seront
de faciliter la tenue de scrutins libres, réguliers et transparents et d’encourager
la

prévention
des actions violentes avant, pendant et surtout, après les élections, comme
cela est

arrivé
par le passé.

 

Même
si les élections de 2005 s’étaient bien déroulées malgré un contexte
sécuritaire très

dégradé,
la situation aujourd’hui est très différente: le principal parti au pouvoir, le
CNDDFDD, soutient la tenue d’élections générales à l’été 2010 sur le principe,
mais s’efforce dans le même temps de réduire l’espace politique. Par ailleurs,
la police nationale, chargée de

sécuriser
les élections, est une institution très faible et fortement politisée.

 

Face
aux actes répétés d’intimidation, y compris la restriction des droits civils et
politiques,

l’hésitation
initiale dans l’autorisation de certains partis politiques et les arrestations

arbitraires,
et face au risque potentiel de violence massive après les élections, certains

craignent
qu’un climat de peur s’installe au Burundi. Même si récemment, cette tendance

semble
s’être atténuée, une dérive autoritaire du Burundi constitue toujours un risque
réel.

En
revanche, le Gouvernement semble avoir bien engagé les préparations
techniques(3). Le

point
fondamental, mais qui devra faire l’objet de la plus grande vigilance, est que
presque

personne
ne semble remettre en cause les grands équilibres politico ethniques hérités
des

accords
d’Arusha de 2000. Pour le reste, la quasi-totalité des partis politiques
interrogés se

sont
prononcés en faveur d’un bulletin unique pour éviter le risque de fraude, d’une
liste

bloquée
pour ne pas remettre en cause les grands équilibres politico ethniques et, à l’exception

du
CNDD-FDD, pour une séquence électorale qui ne commence pas par les élections

présidentielles,
afin de ne pas donner un avantage au parti au pouvoir.

 

La Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) dispose de garanties

d’indépendance,
d’un capital de confiance élevé et d’une expertise apparemment solide. Elle a

exprimé
le souhait de consulter très largement, afin d’élaborer des propositions aussi

consensuelles
que possible, et elle doit prochainement faire des propositions sur un paquet

financier,
un calendrier électoral et des dispositions techniques, y compris la mise à
jour du

fichier
électoral et la définition des modalités du scrutin. Toutefois, il existe un
risque élevé

que
sa capacité à agir en toute indépendance soit entravée par le CNDD-FDD.

Dans
un pays où la culture de la violence est profondément ancrée, un suivi vigilant
de la

communauté
internationale avant, pendant et après les élections, sera essentiel, au-delà
du

soutien
financier extérieur indispensable qui sera requis par le Gouvernement. Or, il
reste une

incertitude
sur la façon dont la communauté internationale sera associée à la préparation
des

élections
par le Gouvernement au-delà d’un simple rôle d’observation.

 

3. L‘impact du retour des réfugiés

 

Le
retour des réfugiés burundais au pays, amorcé après les élections de 2005 se
poursuit

actuellement,
quelques centaines de milliers de réfugiés venant de Tanzanie et d’autres pays

voisins
devant encore rentrer. Il aura certainement des conséquences sociales et
politiques

encore
difficiles à évaluer. La dévolution de leurs terres et de leurs biens est un
problème

difficile
à résoudre, qui est à l’origine de tensions et de conflits, parfois violents,
et qui peut

déstabiliser
certaines régions, en particulier les provinces du sud et du sud-est du pays.
Il

faudra
être attentif au comportement politique de ces réfugiés, qui dépendra de leur
degré

d’intégration
socio-économique.

 

4. Les problèmes socio-économiques

 

Dans
un pays classé 172e sur 179 par le PNUD en terme d’indice de développement
humain,

la
situation socio-économique fragile constitue un facteur de risque majeur, y
compris à court

terme.

 

Le
secteur porteur de l’économie au Burundi est l’agriculture. Celui-ci représente
environ la

moitié
du PIB. Les produits les plus importants sont confrontés aux variations des
conditions

climatiques,
au sous investissement et aux fluctuations des prix mondiaux. Le développement

des
secteurs secondaire et tertiaire est resté limité et handicapé par
l’enclavement, le conflit

armé
et le niveau d’investissement très bas.

 

Les
difficultés du Burundi ont été renforcées par la crise financière et
économique. D’après les

analyses
du FMI, la croissance économique devrait retomber en 2009 à 3,2% du fait

notamment
de la contraction de la demande des produits d’exportation et des fluctuations
des

cours
mondiaux du café et du thé. L’impact négatif de la crise économique mondiale
sur

l’économie
burundaise commence à se faire sentir, notamment sur les recettes, alors que
les

dépenses
de l’Etat devraient fortement augmenter cette année. Le FMI a d’ailleurs

recommandé
un appui budgétaire supplémentaire de la part de la communauté des bailleurs de

fonds.

 

Dans
ce contexte, le Burundi ne peut survivre sans le maintien et, si possible, le
renforcement

de
l’engagement financier de la communauté internationale, ainsi que par une
meilleure

intégration
économique dans la région.

 

5. La faiblesse des institutions étatiques,
y compris la mauvaise gouvernance et la

Corruption

 

Dans
un pays qui sort à peine d’une période prolongée de conflit, le renforcement
des

institutions
et de l’Etat de droit est un objectif essentiel.

 

La
politisation de l’administration s’est traduite par le remplacement des anciens
cadres par

des
gens issus du CNDD-FDD, et parfois sans instruction, avec pour conséquence une

généralisation
de l’impunité, et donc de la corruption. Ceci ne facilite pas la mise en oeuvre
de

la
coopération et du dialogue avec les institutions burundaises. Malgré les
efforts engagés par

les
partenaires internationaux en faveur du renforcement des capacités, le binôme

corruption/incompétence
provoque une perte d’efficacité de l’Etat.

 

Les
progrès en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption sont
limités. Si l’on

peut
se féliciter des rapports critiques publiés par la Cour des comptes et l’Inspection

Générale
de l’Etat (bien que placée sous le contrôle direct de la Présidence), il faut
toutefois

noter
que ces rapports n’ont pas été suivis de poursuites contre les auteurs des
détournements.

Une
impunité totale prévaut dans quelques grands dossiers, par exemple concernant l’avion

présidentiel
et Interpetrol. Par ailleurs, le Vice-président de l’ONG enquêtant sur les cas
de

corruption
a été assassiné début 2009.

 

 

 

6. La protection des droits de l’homme

 

La
protection des droits de l’homme a connu des progrès limités au cours des
dernières

années.
Les assassinats non élucidés restent nombreux, mais tout de même moins
fréquents

qu’il
y a quelques années. Le code pénal a été révisé en mars 2009 et inclut à la
fois des

dispositions
positives, telles que l’abolition de la peine de mort et la criminalisation de
la

torture,
et négatives, notamment la criminalisation de l’homosexualité. Plusieurs
représentants

de la
société civile et opposants politiques, arrêtés de façon arbitraire en 2008,
ont été

finalement
relâchés sous la pression conjuguée de la société civile et de la communauté

internationale,
mais pas tous.

 

7. La réforme du secteur sécuritaire

 

La
réforme du secteur sécuritaire constitue également un enjeu majeur, les forces
de sécurité

(armée,
police, services de renseignement) étant essentiellement composées d’anciens

miliciens
et responsables de violations des droits de l’homme, en particulier la police.
La

police
nationale est considérée comme une institution faible et très politisée, ce qui
constitue

un
problème à court terme car elle sera chargée de la sécurisation des élections.
Par ailleurs,

l’intégration
de 3.500 combattants du FNL dans les forces de sécurité va ralentir l’action

engagée
en faveur de la cohésion et la professionnalisation de l’armée et de la police,
elle peut

poser
un problème pour la préservation des équilibres ethniques et elle constitue
également un

défi
budgétaire.

 

III.
OBJECTIFS ET ACTIONS A MENER

 

Dans
le cadre des nouvelles actions à mener, le poids financier des instruments et
programmes

de la Communauté et les Etats
Membres sera très important pour influencer le processus.

D’après
l’analyse de tous les enjeux, l’UE devrait avoir une réponse intégrée, prenant
en

compte
plusieurs facteurs de risque, dont le terme soit fixé deux à trois ans après
l’échéance

électorale
de 2010 avec des objectifs en deux temps: immédiats et structurels.

 

Les
trois objectifs immédiats et ponctuels de l’Union européenne pour la période
allant de

juin
2009 à décembre 2010 devraient être:

1. la
consolidation et la finalisation du processus de paix entre le Gouvernement et
le FNL;

2. la
tenue en 2010 d’élections générales libres, régulières, transparentes et sans
violences,

conformément
aux standards internationaux et régionaux;

3. le
suivi du fonctionnement des institutions démocratiques conformément à la

Constitution,
afin d’éviter des dérives autoritaires et de contribuer à éliminer des

blocages
pendant cette période.

 

Ces
objectifs feront l’objet d’un suivi renforcé sur la base des rapports mensuels
des Chefs de

mission,
élaborés notamment sur la base des signaux d’alerte.

 

Toutefois,
il ne peut y avoir de stabilisation durable du Burundi sans une action de l’Union

européenne
à long terme traitant l’ensemble des facteurs de risque. Les quatre objectifs

structurels
de l’Union européenne devraient être:

1. l’appui
au développement socio-économique, y compris l’intégration des réfugiés et des

ex-combattants;

2. la
protection des droits de l’homme;

3. le
développement de l’Etat de droit, y compris l’amélioration de la bonne
gouvernance,

la
lutte contre la corruption et l’impunité, ainsi que la réconciliation
nationale;

4. la
poursuite de la réforme du secteur sécuritaire.

 

La
dimension genre devrait être prise en considération en tant qu’élément
transversal

(« mainstream »)
de toutes ces actions. Toutefois, il est clair que certains de ces objectifs

structurels
auront un impact très important à court terme: la lutte contre le
sousdéveloppement

socio-économique,
qui constitue une menace sérieuse pour la consolidation de

la paix,
ainsi que la protection des droits de l’homme, conditionneront largement la
tenue

d’élections
libres et transparentes.

 

A.
Objectifs immédiats pour 2009 et 2010

 

1. La
consolidation et la finalisation du processus de paix entre le Gouvernement et
le FNL

L’Union
européenne devra:

 

- soutenir le
Partenariat pour la Paix
au Burundi en tant que mécanisme de suivi centré

exclusivement
sur le processus de paix;

- encourager
les partenaires internationaux et régionaux à rester pleinement impliqués

dans
le suivi de la situation au Burundi;

- apporter un
soutien à la mise en oeuvre de l’Accord du 4 décembre 2008 et de l’Accord

de
Pretoria du 8 avril 2009 négocié avec l’appui international entre le
Gouvernement et

le
FNL;

- suivre
attentivement les processus de DDR et de RSS, compte tenu de l’impact négatif

que
pourrait avoir un dérapage de ces programmes sur la situation régionale. Ainsi,
il

faudra
jouer un rôle actif au sein du comité de pilotage du programme de DDR de la

Banque
Mondiale pour promouvoir la poursuite de sa mise en oeuvre rapide(4). Les

Chefs
de mission de l’UE sont invités à alerter les capitales sur les obstacles

éventuellement
rencontrés et à formuler toute recommandation utile pour les surmonter.

Il
faudra lier le processus de DDR à la
RSS et à la question des équilibres ethniques

dans
l’armée;

- faciliter le
retour aussi rapide que possible à la vie civile des individus associés au FNL,

mais
non éligibles au programme de DDR de la Banque mondiale; pour les pays qui le

souhaitent,
participer au financement de leur hébergement provisoire et de leur

réintégration;
s’assurer que les démobilisés du FNL non combattants puissent trouver

des
emplois dans les programmes de développement en cours ou à venir par le moyen

de
politiques d’emploi actives et de formation;

- appuyer le
programme existant pour le désarmement de la population, en complément

du
programme de DDR;

-
continuer à apporter un soutien politique, technique et financier à la RSS, afin

notamment
d’assurer l’intégration sans heurts des anciens combattants du FNL.

 

2. La
tenue d’élections générales libres, régulières, transparentes et sans violences
en 2010

L’Union
européenne devra:

 

- sur
la base de la requête adressée par le Président burundais au Secrétaire Général
des

Nations
unies pour un soutien à l’organisation des élections, appuyer le BINUB pour

qu’il
coordonne le dialogue politique des partenaires internationaux avec les
autorités

burundaises,
la CENI, les
partis politiques et la société civile, et appuyer le PNUD pour

qu’il
coordonne l’appui financier et technique des partenaires internationaux aux

élections;

-
encourager également la
Commission de consolidation de la paix à mobiliser un soutien

politique
et financier en faveur des élections au sein des Nations unies incluant les

aspects
institutionnels et la stabilité post-électorale, jouer un rôle actif au sein de
la

configuration
locale de la Commission
de consolidation de la paix qu’il a été convenu

de
mettre en place, maintenir un dialogue régulier à Bujumbura et à New York avec
la

Suisse,
qui assure après la Suède
la présidence de la
Commission de consolidation de la

paix;

-
encourager la concertation avec les partenaires internationaux pour promouvoir
une

approche
commune de la préparation des élections, y compris sur l’ analyse des risques

et
des moyens de les minimiser, ainsi que sur les conditions selon lesquelles la

communauté
internationale apportera un soutien financier pour la tenue des élections;

discuter
avec les autres partenaires intéressés de la constitution éventuelle d’un
« groupe

d’amis »
autour de la Commission
de consolidation de la paix et du BINUB pour

accompagner
les Burundais (institutions, société civile, media, etc.), y compris la CENI,

dans
la préparation des élections. Cet accompagnement devrait couvrir tous les
aspects:

conseil
en termes de législation, organisation et logistique, éléments sécuritaires,

financement,
etc.;

-
encourager les partenaires africains (Union africaine, pays de l’Initiative
régionale) à

jouer
un rôle actif dans l’accompagnement du processus électoral, y compris en les

interrogeant
sur la possible nomination d’un Médiateur africain pour les élections au

Burundi,
qui pourrait réagir rapidement et à un niveau élevé face à une éventuelle

détérioration
de la situation. Une telle figure nécessiterait d’être acceptée par toutes les

parties
et devrait être invitée par les autorités burundaises;

-
poursuivre un dialogue régulier avec les autorités burundaises sur la
préparation des

élections,
et notamment sur le respect de l’intégrité physique des individus, notamment

des
opposants et des représentants de la société civile, sur le respect des
libertés

politiques
(association, réunion, création de partis politiques) et de la liberté de la

presse,
sur l’égalité d’accès aux média publics ainsi que sur l’indépendance de la CENI.

Le
démantèlement des milices, qui seraient en train de se recréer, devrait faire
l’objet

d’une
attention toute particulière. Il faudra également inclure dans le dialogue
politique

article
8 un point permanent sur la préparation des élections et sur le scénario
postélectoral;

-
apporter un soutien politique, financier et technique à la CENI, en lien avec le BINUB

et le
PNUD, si les conditions pour un bon déroulement du processus électoral sont

remplies;

-
promouvoir l’inclusion d’un financement bien défini des dépenses électorales
dans le

budget
des élections fourni par le Gouvernement et la communauté internationale.

Compte
tenu de l’absence actuelle d’un financement public des partis politiques, cette

mesure
permettrait de faciliter la tenue d’élections libres et ouvertes;

-
contribuer au renforcement des capacités des partis politiques;

-
soutenir les efforts en faveur d’un dialogue structuré et permanent entre les
partis

politiques;

-
poursuivre le soutien en faveur des media et des organes de régulation, ainsi
que de la

société
civile, pour assurer le suivi des élections; prévoir également la formation des

électeurs,
des partis politiques et des différents secteurs de la population et des

institutions
sur les élections et leur supervision;

-
apporter un soutien à la sécurisation des élections, notamment à la formation
des unités

de
police chargées d’assurer le bon déroulement des élections;

-
surveiller le rôle de la police dans la sécurisation des opérations électorales
et le

comportement
de l’armée en général dans le processus électoral;

-
soutenir le déploiement et la formation d’observateurs électoraux nationaux;

-
encourager le Gouvernement à créer un cadre favorable à l’observation
électorale de

longue
durée et à s’engager à prendre en considération les recommandations de missions

de
longue durée. En cas d’invitation du gouvernement à l’UE pour observer les élections,

en
examiner la pertinence.

 

3.
Suivre le fonctionnement des institutions démocratiques conformément à la

Constitution,
afin d’éviter des dérives autoritaires et contribuer à éliminer des blocages

pendant
cette période

 

L’Union
européenne devra:

- défendre
le maintien des dispositions constitutionnelles de 2005 et des autres

dispositions
légales assurant l’équilibre politico ethnique, adoptées en application des

accords
d’Arusha, qui constituent une adaptation du modèle démocratique au Burundi et

qui
ont permis de réduire les tensions interethniques et de ramener la paix au
Burundi;

-
promouvoir l’indépendance, face au pouvoir exécutif, du Sénat et de l’Assemblée

nationale.
Par exemple, le Parlement a joué effectivement son rôle de contrôle du

pouvoir
exécutif en refusant la nomination de la première équipe de la CENI;

-
soutenir la mise en oeuvre d’un pouvoir judiciaire indépendant;

-
plaider en faveur de la mise en place dès que possible des autorités
administratives

indépendantes
prévues pour 2009, à savoir l’Ombudsman et la Commission nationale

indépendante
pour les droits de l’homme en veillant à ce que les projets de lois en

préparation
confèrent à ces deux institutions un statut, des compétences et des pouvoirs

en
conformité avec les standards internationaux;

-
promouvoir l’adoption de dispositions législatives pour garantir le statut de
l’opposition

et le
financement public des partis politiques;

-
appuyer la place des voix de la société civile face à un pouvoir exécutif
relativement

puissant
et qui tend à se renforcer de plus en plus.

 

B.
Objectifs structurels

 

1. L’appui
au développement socio-économique, y compris l’intégration des réfugiés, des

ex-combattants
et des démobilisés

 

L’Union
européenne devra:

-
dans le cadre de la revue à mi-parcours du document de stratégie national/PIN
du 10e

FED
de la Commission,
ainsi que des instruments de coopération des Etats membres,

étudier
comment rendre l’aide de la
Commission et des Etats membres plus cohérente

avec
les déclarations de Paris et Accra sur l’efficacité de l’aide et la division du

travail(5);

-
réviser le plan d’action de l’exercice pilote fragilité, qui avait déjà
identifié la plupart des

objectifs
de coordination de l’aide, afin de le rendre immédiatement opérationnel. Au

niveau
opérationnel, il faudra relancer les bailleurs sur l’identification
(« mapping ») de

tous
les programmes des bailleurs et la programmation conjointe (« joint

programming »);

- le
Burundi étant un pays orphelin de l’aide, jouer un rôle actif au sein de la Commission

de
consolidation de la paix afin de rappeler la valeur ajoutée de celle-ci par
rapport à

son
objectif de mobiliser des nouveaux partenaires pour obtenir le soutien
financier

nécessaire;

-
soutenir l’accueil des réfugiés par les mécanismes de coopération nécessaires
afin de les

accompagner
politiquement et financièrement;

-
suivre l’intégration socio-économique des réfugiés, des ex-combattants et des

démobilisés
afin de prévenir de possibles effets négatifs immédiats pour le processus

électoral
et le processus de paix (radicalisation, participation à des milices, etc.).

 

2. Le
soutien à la protection des droits de l’homme

 

L’Union
européenne devra:

-
intensifier le dialogue avec les autorités burundaises sur le respect des
droits de

l’homme,
y compris la libération des personnes détenues arbitrairement, et sur la lutte

contre
l’impunité;

-
envisager des actions plus vigoureuses lorsque cela apparaît nécessaire, en
particulier en

cas d’application
effective des dispositions du code pénal criminalisant l’homosexualité

en
vue de promouvoir sa dépénalisation;

-
soutenir la tenue de consultations sur la mise en oeuvre de la justice
transitionnelle dans

un
climat constructif;

-
continuer le dialogue politique sur les violations des droits de l’homme liées
à l’exercice

de
droits politiques, y compris sur la libération de prisonniers politiques et
d’opinion;

-
poursuivre l’appui à la révision ou à la mise en oeuvre de la loi sur les ONG;

-
suivre la démobilisation et la réintégration des enfants victimes du conflit
armé selon les

Lignes
directrices de l’UE;

-
promouvoir la révision des dispositions sur la pénalisation des délits de
presse;

-
apporter un appui aux capacités de médiation du Conseil National de la Communication

(CNC);

-
promouvoir l’élimination des discriminations contre les femmes dans la loi et
dans la

pratique
et suivre la question de la pénalisation de la violence contre les femmes.

 

3. L’appui
au développement des institutions et aux acteurs non étatiques, y compris

l’amélioration
de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, la lutte contre

l’impunité
et la réconciliation nationale

 

L’Union
européenne devra:

-
continuer à apporter un soutien de long terme aux autorités burundaises pour le

renforcement
des institutions, à trois niveaux, institutionnel, organisationnel et

individuel,
à travers la mise à disposition d’expertise, de moyens financiers et de

formations.
Ce soutien devrait notamment concerner la fonction publique, le

financement
du fonctionnement de l’Etat, la formation et le soutien aux parlementaires,

à la
justice, etc.;

-
continuer à apporter un appui au renforcement des capacités et aux initiatives
des

acteurs
non étatiques telles que les organisations de la société civile, les réseaux de

presse,
les syndicats, les associations professionnelles, etc.;

-
promouvoir la négociation d’une feuille de route entre le Gouvernement et tous
les

bailleurs,
identifiant les actions déjà entreprises et celles qu’il reste à mener, et
étudier la

possibilité
de mettre en place un fonds commun (« pool fund ») pour financer ces

actions.
Ceci pourrait être un axe stratégique fondamental pour le plan pilote fragilité
de

l’UE,
où cette action avait été identifiée comme priorité et où la valeur ajoutée de

l’exercice
pourrait être plus visible;

-
inclure la question du renforcement des institutions et le suivi de la feuille
de route qui

pourrait
être adoptée sur ce sujet dans le dialogue politique article 8;

-
encourager en particulier le Président à mener une action vigoureuse dans le
domaine de

la
corruption et à communiquer régulièrement sur le fait que celle-ci ne sera pas
tolérée;

-
encourager le Président et le Gouvernement à faciliter ou engager des actions,
par

l’entremise
des Parquets, contre les personnes présumées coupables de corruption quelle

que
soit leur appartenance politique;

-
apporter un soutien technique aux juridictions financières;

-
appuyer la réforme du secteur de la justice, notamment par un soutien au
ministère de la

Justice,
par un appui au fonctionnement d’un système judiciaire efficace et indépendant

et du
système pénitentiaire;

-
apporter un soutien financier aux ONG spécialisées dans la lutte contre la
corruption.

 

4. La
poursuite de la réforme du secteur sécuritaire

 

L’Union
européenne devra:

-
maintenir son engagement en faveur de la réforme du secteur sécuritaire;

-
renforcer le lien entre le processus de DDR et la réforme du secteur
sécuritaire: il est

clair
que l’augmentation des effectifs des forces de sécurité ne peut pas être
pérenne, car

elle
est insoutenable pour le budget à terme. Une réflexion sur la reforme du
secteur de

sécurité,
ses implications sur le budget de l’Etat et la préservation des équilibres

ethniques
est nécessaire.

 

IV.
MOYENS

 

L’UE
dispose potentiellement de leviers d’influence forts au Burundi, y compris à
travers son

action
diplomatique et l’engagement financier de la Commission et de
certains Etats

membres,
qui fournissent ensemble plus de 50% de l’aide internationale du Burundi.
Agissant

de
façon plus coordonnée, l’UE serait en mesure d’aider les autorités burundaises
à

poursuivre
la dynamique de consolidation de la paix et de la démocratie, mais aussi à
prévenir

d’éventuels
retours en arrière.

 

Pour
agir de façon coordonnée, au moment approprié, tout en maintenant une certaine

flexibilité,
les institutions et les Etats membres de l’UE utiliseront les instruments
suivants:

- un
rapport conjoint des chefs de mission, comprenant un diagnostic sur la
situation au

Burundi
et éventuellement des recommandations;

- la
présentation d’une position commune concernant le processus de paix et les

élections
dans les mécanismes de suivi et de concertation, y compris au sein du

Partenariat
pour la paix au Burundi et de la
Commission de consolidation de la Paix et

des
Nations unies. Par exemple, une concertation informelle des pays membres de

l’Union
européenne et de la
Commission en amont de la discussion au Conseil de

Sécurité
des Nations unies sur le renouvellement du mandat du BINUB serait utile;

- l’intensification
du dialogue avec les autorités burundaises, en particulier dans le cadre

de l’article
8 de l’accord de Cotonou; lequel devrait être renforcé et structuré, avec un

plus
grand nombre de réunions, au moins une fois par trimestre et plus si
nécessaire. Le

dialogue
devra tenir compte de la dimension genre;

- en
fonction des développements dans le processus de paix et la préparation des

élections,
les démarches en format troïka auprès des autorités;

- des
entretiens et des visites de représentants de haut niveau des institutions et
des pays

membres
de l’UE, permettant de diffuser des messages communs de l’UE, ainsi que

l’invitation
du Président et de membres du Gouvernement du Burundi en Europe;

- des
missions parlementaires, y compris la visite de représentants du Parlement

burundais
en Europe, afin d’amplifier la diffusion des messages communs de l’UE

auprès
de l’ensemble des acteurs de la vie politique;

- la
modulation éventuelle des instruments financiers de la Communauté et des Etats

membres,
dans le cadre de l’accord de Cotonou.

 

V.
ADAPTATION DE LA REPONSE DE
L’UNION EUROPEENNE A

L’EVOLUTION
DE LA SITUATION AU
BURUNDI EN 2009 ET 2010

 

  1. Scénarios possibles du
    processus électoral

 

Le
Burundi entre dans une nouvelle phase avec la préparation des élections générales
prévues

mi
2010 dans un climat qui s’annonce tendu et avec un risque élevé de violence de
la part des

factions
politiques perdantes.

La
tentation est forte du côté du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, d’organiser un
scrutin « à sa

main »;
le risque de violences postélectorales est jugé important, compte tenu du
système

politique du type « the winner
takes all ».

Sur
la base de l’analyse des facteurs de risques, des causes structurelles de la
violence

politique,
des motivations des acteurs et des dynamiques récentes, on peut retenir les

scénarios
suivants:

- un
scénario « consensuel » prévoit la consolidation du paysage des partis
politiques et la

possible
formation de deux principales coalitions dans la course pour les élections de

2010.
Probablement après un accord sur le changement de la date (délai) des
élections,

celles-ci
se tiendraient dans un contexte plus ou moins consensuel, de façon

relativement
ouverte et équitable, et les résultats des élections seraient acceptés par
tous.

-
dans un scénario « autoritaire », le CNDD-FDD renforcerait son contrôle
sur les secteurs

qu’il
ne contrôle pas encore totalement. La police et des groupes recrutés pour cela

intimideraient
la population pendant les élections. Grâce à la fraude et à l’intimidation

violente,
le CNDD-FDD gagnerait les élections à tous les niveaux.

- un
scénario « chaotique » résulterait de la désintégration du paysage des
partis politiques

avec
la fragmentation des principaux partis. Le dialogue ne serait plus possible et
le

Gouvernement
ne fonctionnerait plus. Le Président Nkurunziza pourrait déclarer l’Etat

d’urgence.

- un
scénario « coup d’Etat, » même si ce scénario est peu probable sauf en
cas de chaos,

ou
celui où le FNL ne jouerait pas le jeu et créerait la peur, ce qui amènerait à des

abstentions,
ou bien le même FNL, déçu des résultats, reprendrait les armes.

A
présent, au mois de juillet 2009, une dérive autoritaire du pouvoir en place
pour gagner les

élections
ne peut être exclue.

 

B.
Signaux d’alerte concernant la consolidation du processus de paix et le
processus

Electoral

 

L’évaluation
du scénario dans lequel se trouve le Burundi se fondera notamment sur les

signaux
d’alerte suivants.

1)
S’agissant du processus de paix et comme défini dans l’accord de Pretoria du 8
avril

2009:

- retards dans
la poursuite de la mise en oeuvre du processus de DDR, ainsi que du

programme
spécifique pour les 10.000 « militants combattants » et 1.000 femmes

associées
aux combattants;

- entraves
mises à la capacité du FNL d’opérer comme parti politique, en particulier à la

liberté
de réunion de ses membres;

- non
finalisation de l’intégration du FNL dans les institutions publiques et
parapubliques;

- la non
compatibilité de l’intégration, désormais achevée, des 3.500 anciens
combattants

du
FNL dans les forces de sécurité, avec les efforts de long terme engagés pour
réformer

le
secteur sécuritaire;

- création de
milices;

- hausse de
l’insécurité, notamment embuscades armées et attaques à la grenade, y

compris
du fait de l’activité des groupes armés et des opérations militaires en RDC;

- contacts
suivis des autorités burundaises avec les groupes armés dans l’Est de la RDC,

complaisance
vis-à-vis du financement de ces groupes armés et du recrutement au

Burundi
en leur faveur.

 

2)
S’agissant du processus électoral et de la prévention d’une dérive autoritaire
du parti au

pouvoir:

- non respect
de l’indépendance de la CENI;

- adoption
d’amendements à la
Constitution visant à remettre en cause les grands

équilibres
politico ethniques hérités des Accords d’Arusha; contournement des

procédures
pour modifier la
Constitution;

- non respect
des dispositions légales relatives aux élections, y compris non respect des

résultats
du scrutin et non transmission des résultats;

- adoption
d’amendements au code électoral remettant en question le déroulement

d’élections
libres, équitables et transparentes;

- actes avérés
de violence, y compris des assassinats, et actes d’intimidation à l’égard des

représentants
des partis politiques, des media et de la société civile; arrestations

arbitraires;

- non respect
des libertés politiques et civiques, selon les dispositions légales existantes

relatives
à la liberté de réunion, la liberté d’association, la liberté de création de
partis

politiques
et la liberté d’expression;

- tentative de
contrôle des media et de la société civile, constituant une entrave à un égal

accès
des partis politiques aux médias. Constitueraient notamment des signaux
d’alerte

la
remise en cause de l’indépendante de la
CNC, l’adoption d’une législation créant des

contraintes
non nécessaires pour les ONG, ainsi que la fermeture de chaînes de media et

l’arrestation
de journalistes sans base légale bien établie;

- entraves à
l’action des observateurs électoraux, en particulier restriction de l’accès des

observateurs
électoraux à certaines zones et pendant certaines périodes, et insuffisance

de
déploiement d’observateurs électoraux crédibles de la société civile;

- mesures
insuffisantes pour limiter le risque de fraude électorale et les tentatives

d’intimidation,
telles que le choix de bulletins multiples sans mesures pour garantir

l’identification
rigoureuse et le libre choix des électeurs, ou encore le déplacement des

bulletins
de vote avant leur comptage;

- discordances
entre le fichier des cartes d’identité nationale et le fichier électoral;

- utilisation
des fonds publics pour financer les campagnes de certains partis politiques;

- utilisation
des forces de sécurité (police nationale, armée, services de renseignements)

par
les partis politiques;

- toute forme
de résurgence de discours à connotation ethnique dans la campagne

électorale;

- refus de la
part des autorités burundaises de poursuivre un dialogue ouvert et constructif

avec
l’Union européenne.

 

 

 

 

 

C.
Adaptation de la réponse de l’Union européenne en cas de dégradation de la

situation
en 2009 et 2010

 

L’évaluation
de la situation en fonction des signaux d’alerte permettra de déterminer si les

scénarios
négatifs sont en train de se concrétiser. Une liste d’actions à engager selon
les cas

est
proposée, sans préjudice d’autres mesures qui pourraient être prises.

 

a) en cas de scénario
« consensuel »:

-
continuer à observer la situation postélectorale;

-
suivre les recommandations d’une éventuelle Mission d’Observation Electorale de
l’UE

en
2010;

-
continuer à utiliser le dialogue politique article 8 comme élément de suivi de
la

formation
du nouveau Gouvernement, parlement etc.;

-
continuation avec nos programmes d’appui au state building;

-
continuation avec nos programmes de coopération.

 

b) en cas de scénario de « dérive
autoritaire
« :

-
concertation internationale afin de faire passer un message unanime de tous les

partenaires
du Burundi dans les enceintes appropriées (Conseil de sécurité des nations

unies,
Commission de Consolidation de la
Paix, Partenariat pour la Paix au Burundi,

Conférence
Internationale de la Région
des Grands Lacs, etc.);

-
démarches de haut niveau (troïkas);

-
dialogue spécifique article 8 et, si les conditions le justifient, ouverture de
consultations

article
96;

-
promotion d’une plus grande implication des acteurs régionaux (Initiative
régionale,

Union
africaine, CIRGL, etc.).

 

c) en cas de scénario de « chaos »
ou de « coup d’Etat
« :

-
ouverture immédiate des consultations article 96 suite au constat de violations
des

éléments
essentiels de l’accord de Cotonou;

-
clôture des consultations et adoption de mesures appropriées modulant la
relance de la

coopération
à des indicateurs appropriés, liés à la sortie de crise;

-
coordination avec des acteurs internationaux afin de déterminer si une
intervention de

maintien
de la paix serait nécessaire;

-        
promotion des initiatives de médiation régionale.

 

NOTES
DE BAS DE PAGES :

(1) « Concernant le processus de paix, un accord a
été constaté pour que l’UE prenne toute sa part dans le

maintien d’un fort engagement de la communauté
internationale dans le suivi du processus de paix burundais.

Dans cette perspective, il a été demandé aux chefs de
mission de fournir, d’ici mi-janvier 2009, un rapport sur la

situation au Burundi, incluant la question du DDR et
la préparation des élections de 2010. Le rapport des chefs

de mission constituera un support pour engager une
réflexion, menée par le Secrétariat du Conseil et la

Commission en liaison avec le Représentant spécial de
l’Union européenne (RSUE), pour élaborer en

concertation avec les autres partenaires
internationaux une stratégie pour garantir la continuité de l’engagement

international au Burundi » (19.12.2008). Comme
demandé par le Groupe Afrique, ce document d’orientation s’est

notamment appuyé sur le rapport conjoint des chefs de
mission sur la situation au Burundi

(CFSP/PRES/PRA/0138/09 du 28/01/2009) et sur les avis
recueillis par le RSUE auprès des chefs de mission,

des partenaires internationaux, des autorités et de la
société civile burundaises.

(2) Comme prévu dans l’accord de Pretoria du 8 avril
2009, 3.500 FNL sont maintenant intégrés dans l’armée et

la police; la nomination de cadres FNL à des postes
dans la haute administration civile est presque achevée;

5.000 sont en train d’être démobilisés dans le cadre
d’un nouveau programme de DDR mis en oeuvre par la

Banque mondiale à partir de l’été 2009; et 10.000
« militants combattants », recrutés par les dirigeants du FNL

après mai 2008, ainsi que 1.000 femmes associées au
FNL, doivent bénéficier d’un pécule de 80 dollars.

(3) Il devrait soumettre prochainement au Parlement un
projet de révision à la marge du code électoral et du code

communal, et il a exprimé le souhait de recevoir un
soutien pour la formation de policiers chargés d’assurer la

sécurisation des élections.

(4)Dans ce contexte il faudra prendre en compte les
engagements pris par l’UE dans le cadre de l’accord pour la

mise en oeuvre des Résolutions des Nations Unies 1325
et 1820 signé en décembre 2008.

(5) L’exercice fragilité avait identifié plusieurs
actions : cartographie de tous les bailleurs ; division du travail et

complémentarité ; programmation conjointe.

 

 

 

 

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