Archive pour novembre, 2009

« Ma mort ne résoudra rien »

Source : Iwacu, 24/11/2009

Écrit par Antoine Kaburahe

Pacifique Ninihazwe est menacé de mort après son discours à Kayanza. Pourtant, il avait seulement demandé justice après la mort d’un citoyen de cette province.

« Ma mort ne résoudra rien » Pacifique_NININAHAZWE-3« Je n’ai pas peur ». Il parle avec un calme et une détermination qui tranchent avec sa jeunesse. On sent très vite qu’il est de la trempe des courageux. Pourtant, il détient des informations précises sur les préparatifs de son élimination par les services de la Documentation nationale. En effet, une fuite dans le service a permis à Pacifique Ninihazwe de connaître le macabre projet. Il ne veut pas en dire plus pour protéger sa source et on le comprend.

Tout part de son discours aux funérailles de Salvator Nsabiriho, mort des suites des coups reçus de la garde policière du gouverneur de Kayanza. De ce qu’il a dit, il ne regrette et ne retire rien : « j’ai demandé que justice soit faite pour ce citoyen, j’ai demandé que le président prenne ses responsabilités, car un gouverneur c’est son représentant dans la province. » Par ailleurs, rappelle avec beaucoup de modestie le jeune militant, à Kayanza il n’était que « le porte-parole de la société civile. »

En effet, Pacifique Ninihazwe est le délégué du FORSC (Le Forum pour le Renforcement de la Société Civile). D’après Ninihazwe, ce que le ministre de l’Intérieur a appelé « les insultes de Kayanza » n’est qu’un plaidoyer pour la justice et le respect des droits de l’homme.

A Kayanza, Pacifique Ninihazwe avait rappelé que le cas de Nsabiriho faisait suite aux assassinats de Muyinga,Kayogoro, le meurtre de Manirumva, etc. Pacifique Ninihazwe reste serein malgré tout. « Me tuer ne résoudra rien » lance-t-il avec détachement. Des paroles qui rappellent celles du Kabyle Djaout assassiné par des islamistes algériens : « si tu te tais, tu meurs et si tu parles, tu meurs. Alors, dis et meurs ! »Mais Pacifique Ninihazwe ne mérite pas la mort. Pacifique, parle et vis !

Pacifique NININAHAZWE : « MA MORT NE RESOUDRA RIEN »

Le Journal Iwacu vient de publier un entretien qu’il a eu avec Pacifique NININAHAZWE à propos des menaces de mort qui pèsent aujourd’hui sur ce jeune militant des droits de l’homme au Burundi.

La redaction de ce site vous dédie, en ces moments difficiles pour le FOCODE et son Président, ces paroles de Martin Luther KING en 1967, soit une année avant son assassinat.

« Je vous le dis ce matin, si vous n’avez jamais rencontré rien qui vous soit si cher, si précieux que vous soyez prêt à mourir pour ça, alors vous n’êtes pas apte à vivre. Vous pouvez avoir trente-huit ans, comme il se trouve que je les ai et, un certain jour, une grande occasion se présente à vous et vous appelle à vous dresser pour une grande cause, ou une grande affaire ou un grand principe. Et vous refusez parce que vous avez peur. Vous refusez parce que vous avez envie de vivre plus longtemps. Vous avez peur de perdre votre popularité, ou d’être poignardé ou abattu ou qu’une bombe soit lancée sur votre foyer. Aussi refusez-vous de vous dresser pour venir à la barre. Eh bien, vous pouvez continuer à vivre jusqu’à quatre-vingt-dix ans mais vous êtes aussi mort à trente-huit ans que vous le serez à quatre-vingt-dix. Et quand vous aurez cessé de respirer pour de bon, ce ne sera que l’annonce tardive d’une mort de votre esprit, survenue depuis bien longtemps. Vous êtes mort quand vous avez refusé de vous dresser pour la bonne cause. Vous êtes mort quand vous avez refusé de vous dresser pour la vérité. Vous êtes mort quand vous avez refusé de vous dresser pour la justice.

« Ne croyez jamais que vous n’avez personne sur qui compter. Allez en prison si c’est nécessaire, mais vous n’y allez jamais seul. Prenez position pour ce qui est juste, même si le monde peut se méprendre sur vous et vous critiquer. Mais vous n’êtes jamais seul car j’ai lu quelque part qu’un homme, s’il est avec Dieu, forme une majorité. »

Pour lire l’intégralité de l’article d’IWACU, cliquez ici

Les assassins de Manirumva menacent les dirigeants de la socièté civile

Source : Burundi tribune, 20/11/2009

Plus de 200 organisations de la société civile viennent d’adresser une correspondance à la présidence de la République. Les signataires demandent au président Nkurunziza de tout faire pour que cessent les intimidations proférés sur certains responsables de la société civile, certains menacés de mort.

Ces associations de la société civile dénoncent l’intimidation à l’endroit de certains de leurs leaders. Des hommes armés circuleraient dans les environs du domicile de Pacifique Nininahazwe proférant des messages à caractère terroristes.

Le président APRODH fait savoir qu’une réunion a été tenue à Kanyosha par des personnes impliquées dans ce crime. Ils considèrent qu’ils n’ont rien à sauver, c’est pourquoi ils veulent éliminer certains leaders de la Société civile, notamment Pacifique Nininahazwe, délégué général du Forum pour le Renforcement de la Société Civile FORSC et Pierre-Claver Mbonimpa, président de l’APRODH.

« Nous avons adressé la correspondance au président pour lui demander d’user de son pouvoir constitutionnel pour protéger les responsables menacés de mort », déclare Mr. Mbonimpa, un des signataires.

Il ajoute que tout a commencé le jour où le Ministre de l’intérieur a rencontré les responsables de la société civile. Il était fâché par les propos tenus et on a vu que quelque chose ne marche pas », indique un acteur de la société civile.

Des sources dignes de foi disent qu’un certain Gabriel Nduwayo « SESE » un ancien agent de la SOGESTAL et cité parmi les assassins de l’ancien vice président de l’OLUCOME, pourrait être bientôt interrogé au Canada où il se trouve depuis un certain temps. La commission qui enquête sur l’assassinat de Manirumva s’apprêterait à se rendre au Canada pour cette fin.

Ernest Manirumva a été assassiné la nuit du 9 avril 2009 et ses assassins ne sont toujours pas connus, arrêtés pour répondre devant la justice.

Quand un Ministre de l’Intérieur s’en prend à la société civile au lieu d’un Gouverneur présumé « assassin »

Par Thierry UWAMAHORO

16/11/2009

Quand un Ministre de l’Intérieur s’en prend à la société civile au lieu d’un Gouverneur présumé  » Un citoyen battu à mort sur ordre du gouverneur de Kayanza Cennel Nduwimana « , (Burundi Tribune),  » Le gouverneur de Kayanza Nduwimana accusé de meurtre : la société civile burundaise demande la déchéance de ses fonctions  » (LDGL),  » Un homme qui avait été battu pour avoir refusé de donner un pot-de-vin au Gouverneur de la province de Kayanza est décédé de suite de ses blessures  » (Binub), «  » Le gouverneur de Kayanza fait tuer un citoyen par ses gardes  » (Burundi News)… voilà en quelques sortes, les titres qui sont parus ces derniers jours dans divers media électroniques Burundais. Les éditoriaux des média locaux à Bujumbura ont fait le même écho. Dire que ces titres sont révoltants ne découle que de l’euphémisme.

Un mois après l’acte ignoble, Mr. Nduwimana est toujours Gouverneur de province, touche un salaire payé par les contribuables de Kayanza et bénéficie de divers indemnités et privilèges reconnus pour une autorité de son rang par l’Etat Burundais : un  » Etat de droit « . Un Etat de droit où le Ministre de l’Intérieur est le supérieur hiérarchique de Mr. Nduwimana. Un Etat de droit où une des responsabilités du Gouverneur Nduwimana, et par conséquent son supérieur hiérarchique Ministre de l’Intérieur, était de protéger, d’assurer et de garantir le droit à la vie de Mr. Salvator Sabiriho. Dans n’importe quelle autre hiérarchie au monde, on s’attendrait à ce que le Ministre châtie son subalterne qui a faillit à sa mission, pour au moins se désolidariser de l’incompétence, spécialement quand l’incompétence dont il s’agit est le crime le plus horrible, un assassinat par torture ! La dernière nouvelle est que la sécurité rapprochée du Gouverneur Nduwimana a été renforcée à plus de 300 p.c. Allez-y comprendre quelque chose !

« Nous ne pouvons faire autrement que de saisir les plus hautes autorités du pays pour qu’elles prennent les mesures qui s’imposent, en l’occurrence exiger la démission de ce gouverneur qui abuse de l’autorité de l’Etat qui lui a été déléguée dans l’intérêt des citoyens, afin qu’il réponde de ses actes devant la Justice et si le président de la république continue à faire sourde oreille face à de tels crimes, nous le prendrons pour un complice et le moment venu, il devra aussi en répondre « , a martelé Pacifique Nininahazwe, Délégué General du FORSC (Forum pour le Renforcement de la Societe Civile) selon Bujumbura News. Le discours prononcé par Mr. Nininahazwe à Kayanza le jour des funérailles de feu Sabiriho ayant été prononcée en Kirundi, cet extrait en Francais résume les raisons de l’acharnement du Ministre de l’Intérieur contre la société civile. Au lieu d’user de ses prérogatives envers le présumé coupable Gouverneur, le Ministre de l’Intérieur change de cible et s’en prend à la société civile pour avoir commis un crime de lèse majesté en dénonçant la barbarie du gouverneur Nduwimana et en osant demander au Chef de l’Exécutif Burundais de se prononcer sur le cas. Le Ministre trouverait le Délégué General du FORSC coupable d’avoir insinué que qui ne dit mot consent et/ou que silence pourrait être complice ! Oui, la famille Sabiriho attend toujours ses condoléances Mr. le Ministre, sans parler de justice. Faudrait-il mentionner en passant qu’entre le gouverneur de province et le Président de la République, il n’y a qu’un seul degré de séparation : le Ministre de l’Intérieur !

Ce qui s’est passé à Kayanza devrait outrager chaque Burundais. L’arrogance du Gouverneur de Kayanza qui a osé demander sur la Télévision Renaissance que sa victime aille le rencontrer dans son bureau (était-ce pour être torturé une nième fois ?) s’il avait quelque chose à réclamer est enrageant. Un Etat de droit était la raison pour laquelle tant de Burundais ont laissé leurs vies sur le champ d’honneur. Respecter les droits fondamentaux (dont le plus fondamental est le droit a la vie) est le minimum que l’on attend des pouvoirs publics pour s’acquitter de la dette que nous devons à ces braves disparus. Un Etat de droit suppose un minimum de justice pour tous ses habitants. Triste, si on n’en prend pas garde, ce qui est arrivé au paisible citoyen feu Sabiriho, pourrait arriver à… (votre nom ici).

Combien vrai est ce commentaire d’un lecteur du site Abarundi.org qui nous rappelle que,  » la vraie justice protège les petits en les rentrant dans leurs droits qui sont généralement bafoués par les puissants.  » La société civile n’est la que pour se soucier de ces « petits » , pour rappeler que ces « petits » doivent jouir des mêmes droits que les « puissants », pour dénoncer les abus du pouvoir et pour rappeler aux  » puissants  » que de leur puissance conférée par les  » petits « , ils leurs doivent en retour la protection et la « sécurité humaine » dans toutes ses attributions. Quand la société civile accomplit sa tache avec bravoure, ce sont les félicitations et les encouragements qui sont dus et non les intimidations.

LES TERRES DU PRESIDENT NKURUNZIZA

Par Gratien Rukindikiza

 

Burundi news, le 21/10/2009


Le paradoxe burundais n’a pas d’égal ailleurs. Le Burundi manque de terre officiellement. Des réfugiés rentrent et n’ont pas de terre pour vivre. Les familles s’entredéchirent pour se partager de petits lopins de terre. Les plus solides vont labourer la terre pour quelques centaines de francs chez ceux qui en ont mais qui sont incapables de l’exploiter. La terre est devenue la question épineuse, explosive les années à venir.

Au même moment, en plein conseil des ministres, le ton est lancé. Les gouverneurs sont sommés de mettre à la disposition du Président, des ministres des terres pour qu’ils montrent l’exemple de l’agriculture. On dirait que la théorie de la répartition du travail et celle des avantages comparatifs n’ ont pas été énoncées. Chacun doit produire là où il estime apporter un plus. Un ministre ne manie pas la houe plus que le paysan.

A tout seigneur tout honneur, le Président Nkurunziza a été servi le premier et il continue à être servi. Il cumule à lui seul le gros du lot.

Burundi News a fait des enquêtes et voici les terres du Président Nkurunziza :

Bujumbura rural : Commune Mutimbuzi dans la zone de Rukaramu;

Cankuzo : Il a des propriétés dans toutes les communes sauf la commune de Kigamba;

Cibitoke : Commune Rugombo

Gitega : Commune Nyarusange, colline Nkondo, 15 hectares, la grande propriété réservée  à la plantation des ananas, une petite est réservée aux bananeraies. Commune Makebuko en plus de Nyarusange.

Muyinga : Colline Murama, des plantations de bananeraies et fruits;

Ngozi : Commune Gashikanwa à Nyarusange, commune Mwumba en zone Buye où il construit le stade dans sa commune natale;

Rutana : Commune Musongati;

Ruyigi : Commune Nyabitsinda.

Le passage à la télévision des images du Président récoltant des bananes, patates douces etcest une insulte au peuple qui manque d’engrais, de semences au moment où le Président utilise les deniers publics pour faire labourer ses terres. 

La terre aux paysans, la terre à ceux qui vivent de la terre. Comme les paysans n’ont pas investi le palais présidentiel, le Président peut leur laisser la terre. Les gouverneurs, si généreux envers le Président, n’hésitent pas de refuser la terre aux paysans qui n’en ont pas. Il est grand temps que les choses changent. Au rythme actuel, le Président Nkurunziza possèdera quelques communes entières si il parvenait à se faire réélire.

 

 

Le gouverneur de Kayanza Nduwimana accusé de meurtre : la société civile burundaise demande la déchéance de ses fonctions.

Source : LDGL, 05/11/2009

Nsabiriho Salvator un habitant de Kayanza , pensionné de l’ancien corps de défense Nationale FDN est décédé ce jeudi 5 novembre 2009 dans la matinée des suites des coups et blessures lui infligés par la garde du gouverneur de Kayanza Senene Nduwimana (Nord du pays ).

Cela date du 13 octobre 2009 lorque la victime a été convoquée au cabinet dudit gouverneur pour des questions relatives à la parcelle lui appartenant sis à Kayanza . Les documents dont disposait la victime notifiaient bel et bien qu’il était le vrai propriétaire de cette parcelle mais, indique-t-on, des sources concordantes, le gouverneur invalidait toujours ces documents et voulait la complicité de Salvator moyennant un pot de vin mais Salvator le lui refusait toujours. Ce refus a été à l’origine d’une barbarie innommable qui vient d’occasionner la mort de ce dernier. En effet, sur ordre du même gouverneur, sa garde l’a farouchement roué de coups de bâtons pour le jeter dehors du cabinet dans un état critique.

Au vu de son état, l’ACAT (une association chrétienne de lutte contre la torture ) a vite intervenu et Salvator a été évacué à l’hôpital de prince Régent Charles où il vient de succomber après plus de deux semaines de soins intensifs . Avant de rendre âme, la victime a révélé d’autres actes de barbaries encourus de la part de ce gouverneur en plus des coups et blessures. Il s’est vu, le jour du drame, braqué le canon d’un pistolet sur sa tête par le gouverneur en sa personne. Ce présumé bourreau, contacté par une des radios locale la Radio publique africaine RPA émettant au Burundi, reste indifférent et muet mais il aurait promis de s’exprimer là-dessus ultérieurement sans aucun motif valable .

La société civile burundaise, notamment le Forum pour le Renforcement de la Societé Civile FORSC, via son délégué général, Pacifique Nininahazwe, se dit fortement consternée par cet assassinat où un gouverneur tue ceux dont il est sensé assurer la protection. Ce défenseur des droits humains interpelle le président Nkurunziza Pierre à déchoir ce gouverneur accusé de commanditer l’ assassinat d’un innocent. Quant au représentant de l’Acat, l’association qui a apporté assistance à la victime depuis le début de son calvaire jusqu’à sa mort, il indique qu’une plainte est déjà déposée auprès du Tribunal de Grande Instance de Kayanza et que l’association se chargera du suivi de ce dossier.

Le Blogidien |
ewondo |
1 blog environnement |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | de tout et de rien
| Science Actu magazine
| 中國 天津 Chine Tianjin, Pr...