Archive pour décembre, 2009

La vérité sur la mort de Salvator Nsabiriho

Source: Iwacu, 18/12/2009

 

Le 13 octobre, la garde du gouverneur de Kayanza a battu Salvator Nsabiriho, un citoyen de la province. Sérieusement atteint, il mourra 23 jours plus tard. Mais qu’est-ce qui s’est vraiment passé ce jour-là à Kayanza ? Iwacu retrace la chronologie des faits.

Une enquête signée Dieudonné Hakizimana

& Olivier Bizimana

La vérité sur la mort de Salvator Nsabiriho nsabiriho
Salvator Nsabiriho, citoyen de
la province de Kayanza

Kayanza, mardi le 13 octobre à 7h00
Feu Nsabiriho se réveille et se prépare pour aller à la messe.

7h 34 minutes Feu Nsabiriho assiste à la messe à la paroisse de Ruganza.

9h 15 minutes
Salvator Nsabiriho rentre chez lui.

9 heures 30 minutes
Feu Nsabiriho reçoit un coup de fil du gouverneur de Kayanza. Monsieur Senel Nduwimana lui demande de se présenter immédiatement à son cabinet. Nsabiriho s’exécute et se met en route.

9 h 50 minutes
Feu Nsabiriho est dans le cabinet du gouverneur. A ce jour, personne ne sait ce qui s’est passé à l’intérieur. Ils étaient à deux. Iwacu a essayé à maintes reprises d’avoir la version du gouverneur en vain. Néanmoins, dans la lettre écrite au procureur général de la République avant de mourir, Salvator Nsabiriho raconte que « le gouverneur lui a exigé d’exhiber le titre de propriété de la parcelle où il est en train de construire une maison. » Nsabiriho, comme il l’écrit dans sa lettre, lui a montré tous les papiers. Le gouverneur lui a demandé de payer une somme d’argent sans aucune justification. Nsabiriho a répondu qu’il n’en avait pas. Toujours d’après le seul document que nous avons sur cet entretien, la lettre de Nsabiriho, le gouverneur a tiré un pistolet de son tiroir. Nsabiriho s’est enfui à toute vitesse.

10h 23 minutes
M.D, un habitant de Kayanza témoigne : « Nsabiriho est sorti du bureau du gouverneur en courant. Senel Nduwimana était derrière lui. » Arrivé devant les escaliers du bâtiment provincial, le gouverneur a intimé l’ordre à ses trois policiers d’arrêter Nsabiriho et de le battre. Ces policiers sont Delvenis Miburo, Nestor Nigaba et Pierre Nzokirantevye.

10h 50 minutes
K.H de Kayanza témoigne : « La garde du gouverneur s’est mise à tabasser la victime sous les yeux de Senel Nduwimana. Quatre témoins de la scène confirment : « Nous étions là. Salvator Nsabiriho recevait des coups partout : Coups de bottes, coups de cross et de ceinturons. » R.C était près du lieu dit « monument de l’Unité », près des bureaux provinciaux : « J’ai pris mon véhicule pour voir ce qui se passait. J’ai constaté que c’était Nsabiriho, tout de blanc vêtu, suant, ses habits sales. Quelqu’un lui a apporté un verre de lait qu’il n’est pas parvenu à boire. Il n’arrivait même pas à parler », explique-t-il.

Vers 11 heures
Le gouverneur laisse la victime et se rend au monument de l’unité pour prononcer le discours du 48ème anniversaire de l’assassinat du prince Louis Rwagasore. Sa garde reste à la province avec Nsabiriho.

12h 45 minutes
Fin des cérémonies au monument de l’unité. Le gouverneur retourne au bureau provincial. Il y trouve Nsabiriho toujours assis sur les escaliers qui mènent à son bureau. Les trois policiers le gardent. Un attroupement s’est formé entretemps.

12h 48 minutes
Senel Nduwimana demande à Salvator Nsabiriho d’entrer de nouveau dans son cabinet. Celui-ci obéit. Encore une fois, ils sont à deux.

Vers 12h 53 minutes
Nsabiriho sort de nouveau en courant. Des témoins racontent : « Comme il était déjà affaibli, il n’a pas dépassé les escaliers et s’est assis devant la maison provinciale.

Vers 13 heures
Le gouverneur oblige Nsabiriho d’entrer encore une fois dans son bureau mais cette fois il refuse. Il estime que sa sécurité est en danger.

De 13 h à 14h30 minutes
Se tient, dans le cabinet, une réunion des chefs de services avec le gouverneur. Nsabiriho est toujours assis devant la maison provinciale. La foule venue du monument de l’unité à Kayanza l’entoure.

Vers 15h00
Le commissaire provincial de police et le chef du service national des renseignements à Kayanza entrent dans le cabinet du gouverneur. A ce moment, Nsabiriho estime que le gouverneur ne lui fera pas de mal en présence des deux personnalités. Il veut entrer mais Senel Nduwimana lui demande d’attendre dehors.

15h 45 minutes
Salvator Nsabiriho téléphone à une parenté à Bujumbura et lui dit : « Le gouverneur vient de m’infliger des coups de bâtons. » La personne au bout du fil croyait impossible qu’un gouverneur puisse battre un simple citoyen. Il lui demande pourquoi. Salvator Nsabiriho lui répond : « Dupfa itongo. » (Nous avons un conflit foncier) L’autre lui conseille d’aller à l’hôpital pour qu’on lui donne des calmants. Le gouverneur envoie Constantin Cimpaye, son conseiller socioculturel, dire à Salvator Nsabiriho qu’il peut rentrer chez lui pour revenir mercredi le 14 octobre à 8 heures. Comment est-il rentré ? Gloriose Ndereyimana, veuve de Nsabiriho raconte : « C’est un ami à nous qui l’a déplacé dans sa voiture car il ne pouvait plus marcher. », D’après cette enseignante en 6ème année à l’école primaire Ruganza I, la santé de son époux s’est détériorée car il ne mangeait plus.

Gloriose Ndereyimana, veuve de Nsabiriho : « Nous l’avons conduit dans la morgue avant de l’évacuer à Kayanza »

Le 14 octobre, le matin
Salvator Nsabiriho devait comparaître chez le gouverneur. Il téléphone encore à Bujumbura à l’un des proches de sa famille : « Je devais comparaître chez le gouverneur mais je ne m’y suis pas rendu. J’ai peur d’être encore battu. Je vais plutôt porter plainte. Comment est-ce qu’on fait ? » Ce dernier lui explique que pour le cas d’un gouverneur, il comparaît devant le Procureur Général de la République. Nsabiriho se rend à Bujumbura.

A 16 h00
Salvator Nsabiriho arrive à Bujumbura pour porter plainte devant le Procureur Général. Il dépose sa plainte le lendemain, puis remonte sur Kayanza. Mais il ne cesse de sentir des douleurs insupportables.

Dimanche, 18 octobre à 10 h 00
La famille décide de transporter Nsabiriho à l’hôpital de Kayanza : « C’est l’abbé Anselme Nicintijije, curé de la paroisse Ruganza, qui l’a transporté dans son véhicule jusqu’à l’hôpital », se souvient N.D, un voisin de la famille Nsabiriho.

Vers 10h12 minutes
Nsabiriho arrive à l’hôpital de Kayanza. Il est admis dans le service chirurgie, salle A, chambre numéro 1. D’après sa fiche d’hospitalisation portant le numéro 1000/09, dont IWACU a pu se procurer une copie, Nsabiriho avait « la diarrhée, des vomissements, des céphalées (maux de tête), une anorexie et des douleurs généralisées suite aux traumatismes par coups de bâtons reçus mercredi, 13octobre 2009. » Les examens prouvent que la température s’élevait à 35,5°c et la tension artérielle était de 7/5 (faible). Selon cette même fiche, on recommandait de surveiller cette tension artérielle. Curieusement, sur le « diagnostic entrée », le médecin écrit qu’il s’agit d’une suspicion d’une « toxi-infection alimentaire. »

nsabiriho_hopital
Nsabiriho est arrivé à l’hôpital Prince Régent Charles les reins déjà bouchés

Le 21 octobre, 16 h
Salvator Nsabiriho est transféré à Bujumbura. Il est dans une ambulance de l’hôpital de Kayanza. L’ambulance arrive à l’hôpital Militaire de Kamenge. On leur dit qu’il n’y a pas de lit ni de chambre. Pourtant, Nsabiriho est un militaire démobilisé. L’ambulance continue à l’hôpital Prince Régent Charles. Pas de place. Arrivé à la Polyclinique centrale, c’est plein également.

18 h00
Nsabiriho arrive à l’hôpital privé la « Miséricorde », il est reçu. Mais c’est un hôpital pour gynécologie. Salvator Nsabiriho est accompagné de sa femme, de deux autres dames et d’un garde malade. Il circule sur une chaise roulante. Il est aussitôt admis dans les urgences. On lui transfuse deux sérums « pour le réhydrater. » Après quelques heures, le diagnostic des examens tombe. Salvator Nsabiriho souffre d’une faiblesse généralisée et d’une goutte chronique. Le patient s’efforce de manger, mais vomit tout aussitôt.

Le 22 octobre
N’étant pas capable de supporter les factures de cette institution privée, la femme de Salvator Nsabiriho va demander des bons de soins au ministère de la Défense.

Le 23 octobre
Le ministère de la Défense ne peut pas accorder des bons de soins pour un hôpital privé. En plus, La « Miséricorde » est une maternité. Du coup, la famille de Nsabiriho, présente sur les lieux, se réunit. Elle trouve que les frais seront chers et décide l’évacuation. Mais vers où ? Le docteur Gervais Ninteretse leur donne un billet pour un transfert chez le Docteur Sophonie. Mais encore la famille juge la note élevée d’autant plus que même le ministère de la Défense ne veut pas payer. Les membres de la famille circulent dans tous les hôpitaux de la capitale mais sans trop de résultat.

Le 23 octobre, 9 h 00
Enfin ils trouvent une place à l’hôpital Prince Régent Charles. Il est accueilli dans la chambre 3 Pavillon 3, dans l’ancienne pédiatrie. Un médecin stagiaire lui fait des examens, mais les résultats sont tenus secrets. Salvator Nsabiriho vomit de plus en plus. Tout ce qu’il avale est directement rejeté. Même le « primpéran » (médicament fort pour arrêter les vomissements) n’a aucun effet. Il commence à vomir du sang. Le médecin Joseph Nzojiyobiri (médecine interne) passe dans la chambre de Nsabiriho pour une visite. Après avoir analysé les symptômes du malade, il diagnostique un problème de reins. D’après N.P, un proche de la famille, les médecins leur ont expliqué que les « reins étaient bloqués suite aux coups reçus, d’où ces vomissements. »

Le 03 novembre
Un nouveau diagnostic tombe : Salvator Nsabiriho a la malaria. « Comme le malheur ne vient jamais seul, il a attrapé de la malaria à Bujumbura », affirme la famille. Le médecin injecte de la quinine dans le sérum suspendu au dessus du malade. Mais les reins de Nsabiriho sont complètement abîmés. Il ne peut rien avaler, ni évacuer : « On lui a donné une limonade, peut être le dernier, mais il n’a rien digéré. Le ventre était déjà gonflé », confie une parenté, à son chevet.

Dans la nuit du 04 au 05 novembre, 2 h du matin
Salvator Nsabiriho rend l’âme. Il est conduit, la même nuit, dans la morgue de l’hôpital Prince Régent Charles avant d’être évacué à Kayanza. Rappelons que les bons de soins ont finalement été supportés par l’Etat Major de la FDN, l’Association de lutte contre la torture « ACAT », ainsi que la famille du défunt.

Samedi 07 novembre à 10h30 minutes
Les membres de la famille récupèrent le cadavre. Ils arrivent à Kayanza deux heures plus tard et se dirigent immédiatement au camp Kayanza où se déroule la messe de requiem. C’est l’aumônier militaire, abbé Albin Mananzigamira qui célèbre la messe. Elle dure 1h30.

TombeNsabiriho 14h00
Tous ceux qui assistaient à la messe se dirigent vers le cimetière de Kamurango sur la colline Cukiro pour procéder à l’enterrement. Salvator Nsabiriho était natif de la commune Gashoho en province Muyinga. Il habitait Kayanza depuis 1986. C’était un retraité de la force de défense nationale. Il a formé le gouverneur de Kayanza dans le Service Militaire Obligatoire (SMO). Nsabiriho était le chef du quartier Gisoro, de la ville de Kayanza. Il laisse une femme et sept enfants. L’aîné est en 8ème tandis que le cadet a une année seulement.
 

LES COMMANDITAIRES ET ASSASSINS D’ERNEST MANIRUMVA

Source : Burundi News

EXCLUSIF : LES COMMANDITAIRES ET ASSASSINS D’ERNEST MANIRUMVA

Par Gratien Rukindikiza

Burundi news, le 12/12/2009

LES COMMANDITAIRES ET ASSASSINS D’ERNEST MANIRUMVA Manirumva-2Depuis plusieurs mois, l’assassinant d’Ernest Manirumva hante le pouvoir burundais. La société civile a été frappée durement avec cet assassinat et n’entend pas se laisser intimider. Elle a mené ses enquêtes et votre serviteur, le site Burundi News, n’a pas abandonné le combat de la vérité. Les lecteurs savent que Burundi News avait déjà révélé l’existence des réseaux de soutiens du FDLR au niveau du pouvoir burundais en citant même des noms. Deux mois après, les experts des Nations Unies sortaient le rapport sur la même question. Burundi News est convaincu que le Président Nkurunziza a raison quand il dit à ses collaborateurs que Burundi News ne raconte pas n’importe quoi et que, au contraire, il faut suivre les révélations du site.

Qui sont les commanditaires directs de l’assassinat d’Ernest Manirumva ?

En tête se trouve le directeur de la Documentation intérieure, nommé Léonard. C’est lui qui cordonnait les actions des policiers. Léonard a demandé un service au commerçant Hilaire Ndayizamba, qui travaille beaucoup avec le pouvoir et connu surtout dans les malversations concernant les haricots de la Police. Ce service était de se renseigner pour savoir où se trouvait Ernest Manirumva le soir de la nuit fatidique.

Le directeur général adjoint de la Police Gervais Ndirakobuca, alias Ndakugarika, a aussi participé dans l’organisation et le suivi de l’assassinat d’Ernest Manirumva. C’est lui qui donnait des ordres à son subalterne, le commandant de la 1 ère région de la Police, Nikiza David, qui a été limogé de son poste.

Le commandant de la 1 ère région de la Police en ce moment, Nikiza David, a participé activement dans cet assassinat. C’est lui qui a demandé à la douane un véhicule supplémentaire pour la circonstance. Il est resté en communication avec les Motorola de la Police pour donner des instructions et recevoir des informations sur le déroulement. Il donnait directement des ordres aux policiers Jean Claude Ciza et Obède Ndikuriyo.

Ces communications étaient entendues par d’autres policiers et même d’autres gens ayant affiché la même fréquence. Les voici :

1ère communication :

Le policier Ciza à Nikiza David :  » Wawundi aratashe »(L’autre vient de rentrer).

Nikiza qui avait déjà oublié la mission, réplique : « Ni nde uyo wawundi » (C’est qui celui-là).

Ciza répond : « Ni Ernest Manirumva ».

2 è message après un bon moment,

Ciza sur le Motorola toujours : « Wawundi yapfuye » (L’autre est mort). La réponse est que c’est bon.

Le directeur de la douane a prêté son véhicule de cortège et un agent de sa sécurité pour cette mission. Etait-il au courant ? Sans aucun doute car il n’a pas prêté le véhicule et son agent sans connaître la mission. A noter qu’il est le chef des jeunes du CNDD-FDD qui s’illustrent dans la violence verbale et demain physique. Un officier supérieur de la sécurité présidentielle a aussi participé à l’organisation cet assassinat.

Le rôle du commerçant Hilaire Ndayizamba

Hilaire Ndayizamba est en prison pour cette affaire d’assassinat. Il clame son innocence et dit tout simplement qu’il a téléphoné à Ernest Manirumva au cours de cette nuit. Notons que Ndayizamba a téléphoné à Manirumva sur demande du directeur de la Documentation intérieure pour aider la filature de Manirumva.

Burundi News donne les détails de la conversation :

Ndayizamba : « Allo, Ernest, uri hehe nkaza tugasangira kimwe » (Allo, Ernest, Tu es où pour que je vienne partager un verre avec toi ?)

Ernest : « Ndi ngaha kwa juge rouge » (Je suis ici dans le bar de Juge rouge)

Après plusieurs dizaines de minutes, Ndayizamba encore : « Sinkije, vyangoye, nagomba kuza mugabo sinza » (Finalement, il m’est difficile de venir).

Ndayizamba lui a demandé aussi où se trouve son domicile et Manirumva a donné son adresse sans problème. La question qui se pose, est-ce que Ndayizamba était au courant de cet assassinat ? Est-ce qu’un ancien sous officier de l’armée pouvait ignorer le sens de sa mission reçue de la Documentation ? Il lui sera difficile de prouver le contraire.

Les exécutants

Nous ne citerons que les policiers déjà arrêtés pour éviter l’assassinat de ceux qui ne sont pas arrêtés. Il s’agit de Jean Claude Ciza, Obède Ndikuriyo, Rugerinyange, Bigirimana et Albert Sibomana, agent de sécurité du directeur de la douane. D’autres ne sont pas encore arrêtés et Sesé qui est au Canada est sous interrogatoire de la police canadienne.

Les commanditaires indirects

L’action a été coordonnée par la Documentation et la Police. De ce fait, les généraux Bunyoni et Adolphe Nshimirimana étaient les planificateurs principaux. Ils auraient suivi de loin l’action. La participation d’un officier de la sécurité présidentielle permet de penser que le Président Nkurunziza était au courant aussi. Le lecteur doit savoir que le Président ne donne jamais des ordres écrits ou au téléphone pour ce genre d’actions. L’ordre est verbal et ne doit pas laisser des traces.

Derrière chaque crime, il y a un mobile

La décision d’assassiner Ernest Manirumva a été prise quand les services de renseignement ont donné un rapport au Président Nkurunziza concernant les dossiers que Manirumva s’apprêtait à publier. Les enquêtes continuaient mais les dossiers étaient presque complets. Ces dossiers impliquaient directement certains généraux et le Président Nkurunziza.

* Armes détournées : Il avait reçu des informations fiables de la part d’un haut du CNDD-FDD sur les dizaines d’armes débarquées à Bujumbura et qui ne sont ni à la Police, ni à l’Armée. Ces armes peuvent avoir pris le chemin du Kivu chez les FDLR ou distribuées aux jeunes du CNDD-FDD pour perturber les élections. ;

* Les avocats du Président Nkurunziza : Derrière ces avocatiers que le Président plante, il y a de gros sous. Un avocatier planté rapporte au Président 2 700 francs bu. En effet, les services du Président achètent un avocatier à 300 francs bu et rentrent en comptabilité publique un montant de 3 000 frs Bu. Le surplus rentre dans les poches du chef. Manirumva était sur ce dossier explosif.

* Liste fictive de la Police : La police paie des policiers fictifs, qui n’ont jamais mis les pieds à la Police. En réalité, cet argent détourné rentrait dans les poches des chefs de la Police, surtout le ministre de la sécurité publique.

Ce sont ces trois dossiers que le pouvoir voulait éviter à tout prix la publication.

La gestion de cet assassinat

Il faut noter que cet assassinat de Manirumva a entraîné un autre assassinat. Il s’agit du capitaine Ndikuriyo, de la sécurité présidentielle, qui a été assassiné parce qu’il a refusé de participer à cet assassinat de Manirumva. Il a été éliminé par le pouvoir car il était déjà au courant de cet assassinat. Il est mort en héros avec des mains propres. Son frère député du CNDD-FDD a bien compris que c’est le pouvoir qui l’a assassiné. Il a refusé de faire des enquêtes, ni vu, ni connu !

Le pouvoir avait mis en place une commission judiciaire qui n’a rien fait car elle était téléguidée par le même pouvoir du CNDD-FDD. Une 3 è commission a pris les choses en main grâce à la pression internationale et de la société civile qui a mené des enquêtes de son côté et qui ont poussé cette commission à faire correctement son travail.

Aujourd’hui, le pouvoir, surtout la Présidence, les services de renseignement et la Police ont décidé de sacrifier Nikiza David pour protéger les chefs. Il a tenté de fuir le pays mais un général lui a demandé de rester et qu’il sera protégé. Les jours passent et le temps rattrape les auteurs de ce crime. Il ne faudra pas sacrifier seulement David Nikiza mais aussi le directeur général adjoint de la police, le directeur de la Documentation intérieure, pourquoi pas Bunyoni et Adolphe.

Le CNDD-FDD est démuni face aux scandales actuels. Il va falloir gérer le rapport sur le Congo, l’assassinat de Manirumva etc….Les forces manquent et plusieurs militants se découragent et ne veulent plus suivre des assassins pour les maintenir au pouvoir.

Les assassins de Manirumva devront retrouver leurs places dans la prison de Mpimba. Tôt ou tard, ils finiront par être jugés.

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