Archive pour mai, 2010

Déclaration des organisations de la société civile burundaise sur la décision d’annulation de l’agrément de la Représentante de Human Rights Watch au Burundi

Déclaration des organisations de la société civile burundaise sur la décision d’annulation de l’agrément de la Représentante de Human Rights Watch au Burundi

 

Le Gouvernement du Burundi vient de prendre la décision d’expulser la représentante de l’organisation Human Rights Watch ce mardi 18 mai 2010.

 

La décision est  motivée par  la publication par Human Rights Watch d’un rapport sur les violences politiques impunies au Burundi dont le résumé a été rendu public le 14 mai 2010  par Madame Neela Goshal, Représentante de cette organisation au Burundi.

 

Dans la correspondance remise à la Neela Goshal, signée par le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération en date du 18 mai 2010,  portant annulation de son agrément comme Représentante de Human Rights Watch au Burundi, aucune contradiction, contre-vérité ou mensonge n’est relevée par le Gouvernement sur les faits rapportés par l’organisation.

 

Les allégations répertoriées dans ladite correspondance  par le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération portent généralement  sur des actions positives que le Gouvernement aurait entreprises mais qui n’auraient pas été mentionnées dans ledit rapport et sur les prises de position découlant des violations des droits de la personne documentées par l’organisation.

 

Après avoir analysé les motivations de cette décision et sa portée sur la protection des droits de la personne humaine au Burundi, les organisations signataires de cette déclaration :

 

-          considèrent que le rapport de Human Rights Watch  dont question répond aux normes classiques de rédaction des rapports sur les violations des droits de l’homme en ce sens que les faits rapportés sont vérifiables et qu’ils n’ont pas encore fait l’objet de démenti du Gouvernement ;  

 

-          regrettent l’attitude du Gouvernement de rejeter en  bloc le contenu de tout le rapport au lieu de prendre l’engagement de vérifier et de rétablir la situation conformément à ses engagements nationaux et internationaux en matière de protection des droits de la personne humaine ;

 

-          considèrent en outre que cette  décision est une forme d’intimidation à l’endroit de tous les autres défenseurs des droits de l’homme  dont les rapports ne diffèrent en rien tant dans la forme que dans le fond, de style des rapports de Human Rights Watch ;

 

-          condamnent par conséquent, avec fermeté,  l’expulsion de la Représentante de Human Rights Watch  du Burundi sans raisons valables justifiant une telle grave décision qui ternit l’image du Burundi dans le concert des Nations.

 

 

 

Pour toutes ces raisons, les organisations signataires de la présente déclaration recommandent :

 

au Gouvernement :

 

-          de respecter ses engagements nationaux et internationaux en matière de protection des droits de la personne ;

 

-          de Procéder à la levée  sans condition de la mesure portant expulsion de la représentante de Human Rights Watch au Burundi ;

 

-          de garantir l’exercice des droits et libertés publiques en mettant fin aux menaces qui pèsent sur les défenseurs des droits humains au Burundi.

 

à la Société Civile Burundaise:

 

-          de continuer à manifester sa solidarité avec la représentante de Human Rights Watch les prestations étaient hautement appréciées par la famille  des défenseurs des droits de l’homme au Burundi ;

-          de rester vigilants pour la défense des droits de l’homme  et de ne pas se décourager face aux actes d’intimidations de quelque nature que soit.

 

à la Communauté Internationale :

 

-          d’user de son influence pour amener le Gouvernement du Burundi à respecter ses engagements en rapport avec les droits de la personne humaine. 

 

Déclaration des organisations de la Société civile treize mois après l’assassinat d’Ernest Manirumva

Déclaration des organisations de la Société civile treize mois après l’assassinat d’Ernest Manirumva

Le Gouvernement du Burundi doit rendre justice pour Ernest Manirumva et assurer la protection aux acteurs  de la société civile

1.     Treize mois après l’assassinat du Vice-Président de l’OLUCOME (Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques), les organisations signataires de la présente déclaration voudraient exprimer leur indignation face à la lenteur qui caractérise les enquêtes sur ce crime odieux et demander au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour identifier et punir les vrais coupables conformément à la loi. 

2.     Ledit  dossier aurait été remis au Procureur Général de la République après  plus d’une année d’enquête menée successivement par trois commissions sans que la lumière soit faite sur les mobiles, les planificateurs et les exécutants du crime, malgré des arrestations des suspects dont la culpabilité n’a pas encore été établie par la justice.

3.     Dans leur déclaration du 9 avril 2010, les associations de la société civile avaient exprimé leur préoccupation en rapport avec la disparition des témoins potentiels et avaient demandé la mise en œuvre des mécanismes de protection des témoins.

4.     Les organisations signataires de la présente déclaration regrettent en outre  que les acteurs de la société civile engagés dans le plaidoyer « Justice pour Ernest Manirumva » et dans la lutte pour la bonne gouvernance soient l’objet d’intimidations et de menaces d’élimination physique.

5.     Dans cette foulée, le président de l’APRODH, Pierre Claver Mbonimpa, a été convoqué le lundi 3 mai 2010 par le Procureur de la République en Mairie de Bujumbura pour un interrogatoire de plus de deux heures pour s’expliquer sur ses interventions dans les médias en rapport avec l’assassinat de Ernest Manirumva.

6.     Dans la soirée du 24 avril 2010, le président de l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les malversations économiques, Gabriel Rufyiri, a été victime, avec sa famille,  d’un accident douteux  de véhicule  sur la route Bujumbura – Bugarama.

7.     Dans une requête adressée le 27 avril 2010 au Procureur Général de la République du Burundi lui demandant d’entamer des enquêtes à ce sujet, Gabriel Rufyiri  précise que le  véhicule militaire (camionnette double cabine) qui a percuté le sien est immatriculé sous le numéro 0505402.  Il ajoute que le véhicule était conduit par le Caporal Chef NDIKUMANA Joseph (matricule 66344), affecté à la deuxième Région Militaire et qu’il roulait à une grande allure dans sa direction,  visiblement dans le but de le  heurter de front.

8.     Bien plus, les circonstances de cette accident demeurent douteuses eu égard aux contradictions enregistrées entre les déclarations du Porte-parole du Ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants et celles du chauffeur dudit véhicule au lendemain de l’accident.

9.     Cet « accident »  est survenu juste un mois après une déclaration rendue publique le 23 mars 2010  par l’OLUCOME et l’APRODH  et faisant état d’un complot d’assassinat ourdi contre Gabriel Rufyiri et Pierre Claver Mbonimpa simulant un accident de roulage.

10. Au cours du même mois de mars 2010, les deux acteurs de la société civile ont subi d’autres menaces par appels téléphoniques anonymes les interdisant de traiter des dossiers en rapport avec la corruption ou l’assassinat du Vice-Président de l’OLUCOME. En plus, des inconnus ont été surpris en train de rôder autour des domiciles respectifs de Pierre Claver Mbonimpa et de Gabriel Rufyiri.

11. Il sied également de rappeler que Monsieur Pacifique Nininahazwe, président du FORSC (Forum pour le Renforcement de la Société Civile), une organisation fortement engagée dans la campagne « Justice pour Ernest Manirumva » a subi des menaces de mort et des intimidations en novembre 2009, période pendant laquelle l’ordonnance portant agrément du FORSC était annulée par le Ministre de l’Intérieur.

12. Pour toutes ces raisons,  les associations signataires de la présente déclaration demandent :

Au Gouvernement du Burundi de:

-          Assurer la protection des Défenseurs des Droits de l’Homme et en particulier celle des personnes citées dans la présente déclaration ;

-          Mettre en place un mécanisme de protection des témoins ;

-          Garantir l’exercice des libertés individuelles et collectives au Burundi notamment la liberté de pensée et d’opinion  ainsi que la liberté d’association.

A la Justice  de:

-          Tout mettre en œuvre pour mettre la lumière sur l’assassinat de Ernest Manirumva ;

-          Fixer ce dossier devant la juridiction compétente dans les plus brefs délais ;

-          Entamer des enquêtes sur les circonstances de l’accident du Président de l’OLUCOME survenu le 24 mars 2010.

Fait à Bujumbura, le 9 Mai 2010

LES  SIGNATAIRES

1.     LBDH ITEKA : Joseph Ndayizeye, Président

2.     OAG : Onesphore Nduwayo, Président

3.     OLUCOME : Gabriel Rufyiri, Président

4.     CAFOB : Anatolie Ndayishimiye, Présidente

5.     FORSC : Pacifique Nininahazwe, Président

6.     APRODH : Pierre Claver Mbonimpa, Président

7.     COSOME : Jean-Marie Vianney Kavumbagu, Président

8.     COSYBU : Eulalie Nibizi, Vice-Président

9.     CPAJ : Thierry Ntibasame, Président

Le Blogidien |
ewondo |
1 blog environnement |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | de tout et de rien
| Science Actu magazine
| 中國 天津 Chine Tianjin, Pr...